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Il existe dans l’histoire de l’humanité des cataclysmes naturels (épidémies, sècheresses, séismes et cyclones) qui tuent directement ou indirectement des milliers d’hommes, détruisent villes et récoltes, anéantissent les trésors de l’art et de la pensée, dévastent des infrastructures techniques d’une ou plusieurs nations. Mais ces fléaux ne sont rien comparés à ceux qui sont dus à l’action humaine.
Les plus néfastes catastrophes sont en premier lieu tous les déchets toxiques que l’on déverse dans les pays d’Afrique Noire, et plus particulièrement en Guinée Conakry. Aussi, peut-on se demander si les gesticulations brouillonnes de lutte contre le trafic de drogue ne cachent pas un autre trafic autrement plus dangereux celui des déchets toxiques ?
La lutte contre les narcotrafiquants du début se révèle n’être qu’un coup d’épée dans l’eau.
La Guinée n’est plus une plaque tournante du trafic de cocaïne, elle s’apprêterait à devenir un immense laboratoire à ciel ouvert de production de cocaïne avec la bénédiction de KOTO le parrain en fuite du cartel guinéen. L’invisible KOTTO est très commode, peut être même pour le nouveau commandant Thiégboro Moussa CAMARA.
Ce n’est pourtant pas la première fois que des déchets toxiques sont déversés en Guinée avec des complicités locales vénales et très bien informés sur la nature mortifère des déchets.En février 1987 à Kassa, des manutentionnaires déchargent les cales du BARK, un vieux navire marchand arrivant de Philadelphie, affrété par Bulkhandling, une société norvégienne. Officiellement il s’agit de 14500 tonnes de « matières premières pour fabriquer des briques ». Fait troublant ces substances sont déversées dans une fosse. Très rapidement, les palmiers et le sable fin exhalent une odeur pestilentielle. La végétation dépérit. Les habitants se plaignent. Les médias s’emparent de l’affaire, la vérité éclate : les fameuses matières premières sont en réalité des déchets toxiques entreposés dans les cales du bateau depuis près d’un an et dangereux pour l’environnement. Résultat : le limogeage de quelques officiels et le retour de la marchandise à son envoyeur.
Autres déchets autre époque nous sommes en 2009 les nouveaux maitres du pays n’ont qu’une envie c’est de confisquer le pouvoir pour s’y maintenir aussi longtemps que possible si ce n’est à vie. L’occasion est donc belle, ils plongent le pays dans le monde interlope des faussaires, des fabricants de bombes et de production de cocaïne à grande échelle. On nous apprend que le cartel de Medellin a déménagé en Guinée, que les artificiers d’AL QAIDA et les faussaires Siciliens se sont donnés rendez vous dans nos murs, la vigilance doit être renforcée. Lansana Conté que j’avais pourtant combattu, serait si stupide qu’il entreposerait chez lui des déchets toxiques. Je crois que Kylé a écrit une fois que Dadis et son CNDD ne savent même pas mentir. Je suis d’accord avec lui. Qu’on exile Dadis chez WADE, mais Thiégboro à Calli ou Medellin et Pivi en Afghanistan. Il pourra y récupérer autant d’héroïne qu’il voudra. Ce ne serait que justice et la Guinée s’en portera mieux.
Dans son brûlot de l’indépendant N° 840 du jeudi 23 juillet Moise Sidibé est tout aussi perplexe et je conseille à tous les internautes d’y jeter un coup d’œil.
A mon humble avis, notre pays vit un autre scandale écologique et sanitaire de son histoire. Les déchets ayant été découverts il est irresponsable de vouloir s’abriter derrière un parrain qui serait en fuite pour noyer le poisson. Il faut débusquer ses complices qui eux, sont certainement en Guinée. Le déversement de déchets toxiques et le convoyage de drogue ne sont possibles en Guinée qu’avec l’aval explicite ou tacite des officiers supérieurs de la marine nationale. Sans leur « accord », point de déchet, ni drogue. La porte d’accès, c’est la mer, c’est-à-dire les ports tenus par les amis du CNDD et du chef de la junte.
Le Professeur Goumou dans son rapport a fait un « brillant » exposé sur les dangers des produits chimiques saisis : Méthnol, Hexane, Acetone, Ammoniaque liquide 24,5 %, Ether de pétrole, Carbonate de sodium, Chlorure de Méthylène, Peroyde de Phosphore et fluor.
Le professeur nous apprend aussi que des échantillons d’on ne sait quoi ont été fabriqués. Lui-même s’interroge « Où sont passés les échantillons ».Pour le professeur ces produits ont été introduits en Guinée par la Nébuleuse Al-Qaïda dont il faut trouver les traces. Il est si affirmatif qu’il n’y a aucun doute. Il a peut être quelques connaissances liées ou en relation avec Al-Qaïda. De l’analyse toxicologique qu’on peut discuter ou pas, le professeur glisse vers une conclusion policière. On peut s’interroger si une simple analyse demandée à un laboratoire, autorise les analystes (en principe des scientifiques) à se conduire en policiers ?
A vrai dire je suis resté sur ma faim j’aurais aimé que le Pr nous explique au moins si ces produits permettaient d’obtenir de la cocaïne par synthèse ou extraction.
Tout autre professeur de n’importe quel pays se serait abstenu de faire des interprétations policières de ses conclusions, mais aurait expliqué l’impact négatif de ses produits sur l’environnement. Curieusement, c’est le ministre Papa Kolié KOUROUMA qui nous apprend que les produits chimiques découverts commencent à polluer l’environnement.
Puisque le Professeur Célestin Pierre GOUMOU parle de cocaïne, tout en s’abstenant de nous dire si la production à laquelle il fait allusion est une production par synthèse ou par extraction. L’observation a son importance.
Dans la synthèse de la cocaïne il y a des étapes explosives. Car elle implique la mise en œuvre de Kérosène et d’acétone.
La synthèse totale de la cocaïne nécessite une expérience de la chimie de la synthèse organique importante et ne peut être que l’œuvre d’un chimiste expérimenté. De plus un équipement de chimie organique complet et moderne est nécessaire. On ne peut installer un laboratoire clandestin dans un pays comme la Guinée qu’avec la complicité active ou passive des autorités, notamment militaires.
Les saisies de cocaïne illicite résultant d’une synthèse totale sont rares et moins rentables que l’extraction du produit naturel à partir des feuilles de coca.
La production illicite de cocaïne naturelle par extraction implique trois étapes :
-1° L’extraction de pate de coca brute des feuilles de coca
-2° La purification de la pate de coca en coca base
-3° La conversion de la cocaïne base en sel hydro chloré de cocaïne.
De manière classique, chacune des étapes de production est accomplie dans des laboratoires séparés appelés respectivement « Pâte », « Base», et « de Cristallisation ».
Par « séparé » il faut comprendre jusqu’à une distance de quelques milliers de kilomètres.
Plus récemment et de manière croissante, les séquences d’opération « Pâte » et « Base » sont condensées dans des laboratoires « feuilles de coca-cocaïne-base » (l’étape d’isolation de la pâte de coca étant annulée).
La cocaïne base, précurseur de la cocaïne est obtenu après séchage de la plante et son infusion dans un bain de kérosène, produit très volatile qui transforme l’agrégat de feuille en un bloc d’aspect pierreux et de couleur brune.
Le traitement de la cocaïne base avec de l’acétone et de l’acide chlorhydrique permet d’obtenir le chlorhydrate de cocaïne qui se présente sous forme de fins cristaux blancs.
Traité à son tour avec de l’éther, le chlorhydrate de cocaïne se transforme en cocaïne free base.
Pour raffiner 100 tonnes de cocaïne, il faut des millions de litres de précurseurs chimiques, dont l’essentiel est fabriqué aux Etats Unis et dans l’union Européenne. Certains de ces produits, comme le permanganate de potassium, sont faciles à importer parce qu’ils entrent dans la composition d’aliments ordinaires comme la pâte à pizza. Mais d’autres nécessitent un permis.
Le cartel de Cali pour résoudre le problème avait simplement racheté une des premières chaines de pharmacies du pays afin d’importer ce qu’il voulait sans qu’on lui pose des questions.
Commettraient-ils l’erreur d’importer des produits toxiques dans un pays qu’ils contrôlent ?
Même la Drug Enforcement Administration (DEA) n’a pas pu dissimuler une certaine admiration pour le cartel de Cali et son sens des affaires ( au moins après l’arrestation des chefs de la bande en 1995 ) : On estime que les bénéfices annuels de la mafia de Cali oscillaient entre 4 et 8 milliards de dollars par an, et l’organisation fonctionnait comme un multinationale bien gerée,les chefs du cartel de Cali suivait de très près la moindre prise de decision,en Colombie comme aux États-Unis. Leur entreprise mondiale opérait à travers un système sophistiqué de téléphone, de télécopie, de bipeurs, et d’ordinateurs, et leur réseau de renseignement valait celui de bien des pays en voie de développement. À Cali les barons de la drogue contrôlaient l’aéroport, la compagnie de taxi et celle du téléphone. Ils savaient ainsi qui entrait et sortait de la ville, qui parlait à la police, et qui coopérait avec les forces de l’ordre américaines.
Les cartels de la drogue ne lésinent pas sur les moyens ils ont dans leur méthode développé la politique de la captation des dirigeants des pays pauvres. Et de façon prosaïque ils achètent la protection des gouvernements tout entiers en corrompant leurs Présidents.
Pour conclure et sans vouloir polémiquer avec notre ami Professeur, il serait intéressant qu’il dise au CNDD quelle est l’étape de la production de la cocaïne qui a été transférée en Guinée ? Pourquoi avoir « oublié » de décrire ce laboratoire capable de produire des échantillons dont il est question ?
Soyons sérieux ! Nous sommes dans un vulgaire et dangereux trafic de déchets toxiques, comme en 1987 aux iles de Loos (Kassa), et plus récemment à ABIDJAN avec le bateau Probo KOALA. Il serait surprenant que les officiers supérieurs de la marine nationale ignorent ce trafic.
BALDE Abdoul Docteur en pharmacie (Rouen)
NB : Que les lecteurs me pardonnent le jargon scientifique employé ici. C’était nécessaire.
www.guineeactu.com
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