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C’est à se demander si en Guinée le syndrome de Stockholm ou du moins la pratique massive de la courte mémoire pour ne pas dire l’amnésie collective n’y ont pas pris racine déjà : Comment en faite ne pas le suspecter après que bien de nos compatriotes aient pleuré notre propre bourreau pendant 24 ans, Lansana Conté, à sa mort et , s’apprêtent très bientôt à faire élire président de la république un ex- serviteur inconditionnel de notre défunt tyran .
Certains d’entre nous Guinéens ne sont ils pas encore nostalgiques de Sékou Touré ! Du ‘’temps où l’on mangeait à sa faim’’, ‘’quand il n y avait pas d’insécurité ‘’, où ‘’un syli valait un dollar’’ etc…. Mais connaissant l’histoire comme absurde cela puisse être, je m’étonne qu’on puisse s’éprendre de ses démons d’antan.
Curieuse nature humaine ? Ou guinéenne ?
Probablement, d’aucuns rétorquerons que ces résultats électoraux ne sont rien moins que l’expression de la volonté du peuple, comme c’est toujours le cas en matière d’élections démocratiques. Et encore qu’on a la chance qu’il y en a eu de ‘’vraies’’, de libres une fois, vaudrait plutôt pas chercher la petite bête, de toute façon des élections parfaites ça n’existe pas et, qui plus est, en Afrique de simples élections, c’est déjà en soi une prouesse, etc. Cela suffit-il pour autant, au regard du comportement électoral qui a prévalue et du passé du probable présidentiable, pour ne pas oser lever le petit doigt ? Pour moi, évidemment c’est non.
Qu’on se le dise ouvertement ce secret de polichinelle : Ce vote historique en Guinée le 27juin dernier a été ethnique (encore une fois !) qu’autre chose. Avec des résultats ethniques reflétant quasiment les mêmes proportions de représentation nationale des différentes ethnies du pays.
Je persiste à croire que si l’imperfection est humaine, la quête de l’idéale devrait l’être également .Tout autant de l’objectivité en démocratie en Guinée qu’ailleurs dans nos pays pluriethniques en Afrique – c'est-à-dire faire passer les idées, les mérites avant l’ethnie dans les choix politiques . Cela y va de notre salut. Comment sinon envisager l’harmonie sociale dans nos Etats- mosaïques d’ethnies inégalitairement peuplés -si à chaque scrutin national l’ethnie majoritaire l’emporte. Quid du développement ?si les compétences intrinsèques sont délibérément ignorées à cause de la préférence ethnique.
Pour ces premières présidentielles libres en Guinée, fort malheureusement, faudra faire avec le dictat de l’’ethno-dérive ‘’. Tant ses tenants font nombre et semblent bien partis pour récidiver au second tour. Espérons toutefois ne pas avoir à le regretter ……Amen !
A. Oury Baldé, Paris Etudiant stagiaire
www.guineeactu.com
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