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Le Capitaine Moussa Dadis Camara, qui dirige la Guinée depuis le 23 décembre 2008, est en train de déjouer tous les pronostics. Plus le temps passe, plus il se montre réaliste. Il ne cesse d’aller à contre-courant de tous ceux qui le conseillent de s’accrocher vaille que vaille au pouvoir.
Lors de la rencontre au Palais du Peuple, le 9 février 2008, il avait déjà posé les premiers actes devant conduire la Guinée vers un système démocratique. Il semble l’avoir confirmé, le 16 mars, en déclarant en substance et, à peu près ceci : « Je suis derrière les forces vives, les partis politiques et les syndicats. Je n’ai aucune intention de m’éterniser au pouvoir. Je ne ferai pas comme certains présidents, qui se sont cramponnés au pouvoir et n’ont pas pu partir au moment où le peuple les soutenait. »
Ainsi, Moussa Dadis ne semble pas vouloir se laisser griser et sortir, un jour ou l’autre, par la petite porte. Sûrement, il partira comme il l’a promis, et n’entend pas laisser retomber la ferveur populaire dont il jouit actuellement. Il ne veut pas subir des lendemains qui déchantent.
Ce réalisme contraste avec l’anachronisme des certains et la démagogie d’autres. Ceux-là qui se trémoussaient ce lundi au Palais du Peuple, en scandant des chants et de slogans de façade, seraient repartis le roseau entre les jambes. Ces personnes et associations en mal de notoriété inventent, de jour en jour, de circonstance en opportunité, des blablas et salamalecs, pour inciter le CNDD à piétiner ses promesses de passer la main aux civils.
Ces accoutumés des planchers de palais, des stades et autres lieux de Marbayassa et de Mamaya, passent leur temps à rôder autour de Dadis et ses hommes, pour les pousser à s’inscrire en porte-à-faux de l’histoire. Pourtant, qui ignoreraient que les adulés d’hier ont eu une fin et des lendemains de règne que nulle personne ne souhaite ?
Obstinément, des associations dites de jeunes et leur sponsor cherchent à induire le CNDD et notamment Dadis, en erreur.
Imprévisible, comme il l’a toujours été, le jeune capitaine aurait coupé court à ces griots des nouveaux temps ! Il a même ouvertement parlé de leaders politiques, dont il n’avait jusque-là, mentionné le nom, si ce n’est à mots couverts, et en des termes qui ne semblaient pas, de l’avis de certains observateurs, empreints d’équité.
Ainsi aurait-il fait part de ses sentiments, quand il a vu les militants de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG), laisser exploser leur joie à la télévision guinéenne. Le soutien qu’ils ont apporté à Cellou Dalein Diallo, président du parti et dont les mêmes observateurs considéraient comme la bête noire de Dadis, aurait flatté l’ego de l’homme, qui n’a pas caché sa réaction : « Quand j'ai vu Monsieur Cellou Dalein Diallo, avec ses militants dans l'enthousiasme à la télé, j'étais vraiment content !», aurait- il déclaré.
Il ira plus loin, en affirmant qu’il n’est contre aucun leader politique ni aucun opérateur économique. Qu’il ne prendra jamais une arme contre l’un ou l’autre. Il appuiera ses propos par une sorte de serment : « Le jour où je le ferai, je demande à tout le peuple de Guinée de se lever pour me chasser du pouvoir ».
Quel revers pour les semeurs de troubles et frayeurs de chemins nocturnes, aussi tortueux, de jour comme de nuit !
Au-delà des épisodes évoqués, le Capitaine guinéen aurait montré d’autres preuves de lucidité, qui prouvent encore plus, qu’il est insensible aux manœuvres de basse-cour. Il aurait fait attendre, une façon bien civique de renvoyer, un nième candidat au pouvoir, et qui serait venu lui demander un agrément. La signature du Capitaine pouvant présenter ledit postulant comme son dauphin désigné, il s’en serait adroitement séparé. Il lui aurait conseillé d’attendre le retour du Ministre de l’intérieur qui, vraisemblablement, ne serait parti nulle part. En voilà un autre piège déjoué, qui montre que l’homme Dadis ne veut pas se prêter à la fanfaronnade, et qu’il sait bien situer les enjeux.
Tout prouve donc, que Dadis commence à prendre sa distance vis-à-vis des partis politiques, pour laisser les différents prétendants au pouvoir en découdre sur le terrain. Par- là même, il a montré qu’il entend rétablir l’équité, mais aussi rassurer certains militants et une large composante de la population guinéenne. On sait que les uns et les autres avaient commencé à être frustrés, en pensant que certains leaders étaient la cible du CNDD.
Mais, les surprises ne s’arrêtent pas là. Si la veille, on appelle Dadis à se maintenir au pouvoir, il annonce le lendemain, la libération des activités politiques et syndicales. On s’exhibe devant lui au Palais du Peuple en chantant et en dansant sur des rythmes endiablés et ensorcelants, il rappelle qu’il avait pris des engagements, et qu’il est issu d’une famille qui ne ment pas. Par conséquent, il honorera la parole donnée. Il renvoie dos à dos ses obscurs fans, et les encenseurs que j’avais prévenus (voir mon article « D’encensements en encensements ») et leur dit de revenir à la réalité, de comprendre, comme lui, que l’heure n’est plus au pouvoir armé.
Sacré Dadis, dirais- je. On lui dit de prendre le temps, il montre que sans être pressé, il n’a pas de temps à perdre pour tenir parole. Pourvu qu’il continue à résister aux tentations et qu’il échappe aux jeux d’intérêts. Cela, tout guinéen devrait y veiller, tant ce jeune capitaine risque beaucoup, en voulant aller au bout de sa promesses : rendre le pouvoir en 2009.
Ce n’est pas une épouvante de rappeler qu’il risque beaucoup, y compris sa vie. C’est une façon de dire qu’on semble souvent ignorer des faits historiquement vérifiables. Les révolutionnaires, c’est-à-dire, les hommes politiques réalistes ou pragmatiques, parviennent très rarement à leur but : Lumumba, Kennedy, Salvador Allende, Murtala Mohamed, Mariem N’Gouabi, Sankara etc. en sont des exemples. Je veux dire que, sans rien dramatiser, nous devons prendre en considération ces paradigmes socio-historiques.
Je veux dire par cette mise en garde : « autant nous devons être vigilants pour le respect des engagements donnés par le Capitaine Dadis à honorer ses promesses, autant nous devons l’assister et veiller sur lui pour qu’il se fraye le chemin devant mener notre pays à la démocratie. »
Ne dit- on pas que les pistes empreintes de justice, d’équité, de paix et de bonheur sont des plus escarpées ?
Lamarana petty Diallo
pour www.guineeactu.com
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