lundi 8 février 2010
Guinée : Est-ce l'annonce de la rédemption de la république ?
Ansoumane Doré

Les Guinéens voudraient le croire et j'espère que le plus grand nombre le souhaite pour aller vers un ordre constitutionnel que nous n'avons jamais connu. A la sortie de l'ère coloniale en 1958, les dirigeants guinéens ont choisi pour la Guinée, le statut de régime républicain, c'est-à-dire, le régime politique dans lequel le pouvoir est partagé et où la fonction de Chef de l'Etat n'est pas héréditaire. Tout pouvoir procède de la volonté populaire. Or en Guinée, le régime républicain proclamé et inscrit au fronton des édifices publics et en frontispice des textes fondamentaux, a été dans les faits, 51 années durant, soit un régime quasi monarchique, soit un régime de dictature militaire. Le cynisme et la tromperie ont consisté de la part des Présidents à toujours user, selon les époques des termes de république populaire ou de république tout court. Dans la réalité, la République de Guinée (la Res publica guineensa, la chose publique guinéenne) n'a été depuis 1958 que la chose privée de Sékou Touré puis de Lansana Conté et, ensuite, de Moussa Dadis Camara. Tous les trois ont usé et abusé de la chose publique selon leur bon plaisir ,en puisant dans les ressources économiques et financières du pays, en mettant sous écrous n'importe quel citoyen ou en libérant de prison selon leurs caprices. Même des Chefs de monarchies constitutionnelles n'ont pas toujours cette étendue de pouvoirs. C'est ce type de conception du pouvoir, reposant sur l'arbitraire, la force et la violence, soutenu par des Guinéens même dits « éclairés » qui est la cause première de l'enlisement de la Guinée dans le sous-développement total. Ce sous-développement est total car il enserre toutes les structures guinéennes: étatiques, humaines (psychologiques et mentales), économiques et sociales etc. Loin d'être au service du peuple guinéen, le régime républicain de Guinée n'a jamais attiré l'adhésion massive et sincère de nos concitoyens.

Un grand nombre d'entre eux ont toujours senti sans pouvoir le dire ouvertement un régime fondé sur la violence d'Etat, l’imposture, la magouille et le vol de toute nature. Cet état de fait n'a jamais contribué à rassembler positivement un peuple pour construire un pays. Un pays ne se construit pas quand ses serviteurs vivent dans la peur. Un exemple vient de nous être donné par le Président de la Commission d'enquête nationale sur les massacres du 28 septembre 2009. Le Président de cette Commission, le Procureur Siriman Kouyaté, n'a reconnu comme responsables de l'ignominie du

28 septembre dernier que le Lieutenant Toumba Diakité et une équipe de bérets rouges. Dadis, Président du CNDD et ordonnateur incontournable de tout ce qui pouvait se décider au Camp Alpha Yaya jusqu'au 3 décembre 2009, n'est pas reconnu par le Procureur Kouyaté comme responsable du monstrueux crime contre l'humanité qui a été condamné par l'ensemble des Nations. C'est Toumba, l'absent qui n'a fait qu'obéir aux ordres de son Chef qu'on exhibe comme le responsable suprême de ce qui a été décidé au sommet du CNDD. On devine alors que s'il avait été pris le 3 septembre, on l'aurait immédiatement tué pour l'empêcher de parler, comme il l'a, d'ailleurs dit dans son interview. Dans un tel contexte d'Etat de non droit, on peut, même si l'on ne partage pas, comprendre les curieuses conclusions du Rapport de Siriman Kouyaté qui connaît parfaitement bien la chanson que le pouvoir qui l'a désigné, attendait de lui. C’est pour l'élimination de ce type d'Etat sauvage que naît chez les Guinéens l'espoir d'un aggiornamento dans leur pays à chaque tournant de son histoire.

Encore une fois, ce type de survol me semble nécessaire avant d’en venir à l'objet direct de cette note. C’est de dire que l'accord sur la crise guinéenne, signé le 15 janvier, à Ouagadougou, même s'il a comporté des critiques justes, peut et doit constituer une base de départ nouveau. En somme une recherche de réhabilitation de l'Etat guinéen pour, petit à petit, balayer l'absence d'Etat républicain qui n'a fait que beaucoup de mal au pays.

Le fait marquant de cette aspiration au renouveau, chacun le sait, est la désignation d'un Premier Ministre de Transition, Jean-Marie Doré, d'un 2e Vice-Premier-Ministre, Rabiatou Sérah Diallo, tous deux sortis des rangs des Forces vives et d'un 1er Vice-Premier-Ministre venu du CNDD. Pour un gouvernement de travail intensif de six mois, cette surcharge de la Primature n'a pas été un bon signe d'efficacité et elle peut annoncer d'autres surcharges. Le partage de postes ministériels que cette structure annonce pour une aussi courte période de Transition, n'annonce pas, de toute évidence, une efficience de l'action gouvernementale. Quand on a parlé de Transition, j'avais imaginé que les membres de gouvernement mis en place, sans préoccupations futuristes d'aucune nature, seraient des techniciens, certes coiffés par un représentant des Forces vives mais en mesure d'annoncer, dans leurs possibilités d’action, des signes de ruptures avec les méthodes ambiantes de gestion publique. Méthodes caractérisées par la pléthore d'acteurs pour la moindre opération, les cérémonials lourds, emphatiques et surannés, tant avec des civils, des militaires que des religieux et qui finissent par compter en heures dans une journée de travail. Or même si la durée de la Transition est limitée dans le temps et dans les objectifs, avec une structure légère, elle aurait pu annoncer des orientations de travail susceptibles de produire par la suite des effets positifs. Mais la structure en 32 départements ministériels du gouvernement de Jean-Marie Doré qui vient d'être présentée par décret du Président par intérim le Général Sékouba Konaté est trop lourde et risque de s'enliser dans des habitudes et de conduire à un scénario à l'ivoirienne de report en report d'élections. Et pourtant l'occasion du renouveau aurait dû être saisie pour rompre avec un passé, paralysant, source de tous nos maux.

Si, en effet le nouveau tournant qui semblait s'amorcer venait à échouer encore, ce que personne de raisonnable sur l'avenir guinéen ne souhaite, la Guinée pourrait sans nul doute se situer dans le sillage du modèle connu par des pays comme la République d'Haïti.

Citer le modèle d'évolution d'Haïti , par les temps qui courent, n'est nullement fait, ici, en référence au malheur qui vient de frapper cette République de la Caraïbe, sous la forme d'un terrible séisme le 12 janvier dernier qu'on dit avoir (provisoirement) fait 200 000 morts et 300 000 blessés. Ce type de catastrophe naturelle peut arriver à n'importe quel pays. Ainsi du 22 au 24 décembre 1984, un tremblement de terre, de magnitude

6,3 (selon les spécialistes) sur l'échelle de Richter (graduée de 1 à 9) a secoué à plusieurs reprises des zones de la Moyenne-Guinée, faisant de nombreuses victimes mais personne n'a jamais fait allusion à cette catastrophe dans le calamiteux bilan de la Première République de Guinée (1).Personne ne peut donc en faire, sur ce point, aux Haïtiens à propos des malheurs séculaires qui les frappent. La référence à Haïti concerne le type de gouvernance pratiquée depuis plus de deux siècles. Pour la Guinée, après 50 années d'errements il faut que les gouvernements prennent conscience des réels enjeux de la construction du pays. Cela ne consiste pas seulement à la course au pouvoir et des avantages qui en découlent pour quelques uns. C’est ce que n'ont pas semblé comprendre les dirigeants haïtiens depuis leur héroïque conquête d'indépendance par des esclaves qui sortaient de la nuit des temps au début du XIXe siècle. Cette conquête était infiniment plus difficile que celle qu'ont connue les Africains au milieu du XXe siècle. Mais avec le temps, Haïti aurait pu connaître, à présent, une situation moins catastrophique que ce qu'elle connaît avant le séisme: Elle présente le niveau de développement le plus faible du continent américain (2).Si les Guinéens ne se ressaisissent pas c'est cette trajectoire qu'ils prendront en Afrique et un certain nombrilisme hérité du Non du 28 septembre

1958 qui pèse encore sur certains Guinéens peut les y conduire. C'est pourquoi j'attire l'attention sur l'évolution d'Haïti. De quoi s'agit-il exactement? Sans entrer dans l'histoire tumultueuse de l'île, disons qu'après la révolte des esclaves africains menés par Toussaint Louverture en 1791, celui-ci est fait prisonnier et déporté en France sur ordre de Bonaparte. Mais en 1803, le corps expéditionnaire napoléonien, de 12 000 hommes, dépêché dans l'île pour rétablir l’esclavage, est vaincu près du Cap -Haïtien (auparavant

Cap-Français) et l'indépendance est proclamée le 1er janvier 1804 à Gonaïves par le Président Jean-Jacques Dessalines avec d'abord un statut politique

Incertain: « empire » avec Dessalines, « royaume » avec Henri Christophe, « république » avec Alexandre Pétion, et Jean-Pierre Boyer. Les débuts de cette République sont difficiles: évasions des capitaux, les Haïtiens doivent payer une lourde somme pour indemniser les anciens colons français ce qui va handicaper longtemps la jeune République. La France ne reconnaîtra réellement l'indépendance qu'e 1838 sous Louis-Philippe.

D'autres reconnaissances suivront: le Saint-Siège, les Etats-Unis après l'abolition de l'esclavage par Lincoln (1863).Mais le mépris dans lequel est maintenue cette république noire est assez général. Ainsi, Alexandre Pétion (Président d' Haïti, 1807-1818), donne asile à Simon Bolivar pourchassé au Venezuela et lui donne des aides (à deux reprises) pour reprendre son combat de libération contre les Espagnols, en lui demandant seulement l'émancipation des esclaves des terres libérées mais quand Bolivar convoque le Congrès de Panama en 1826, sur l'Amérique latine, Haïti n'est pas invitée . Pendant toute la première moitié du XIXe siècle, la crainte du retour des maîtres français entraîne un surarmement et des dépenses importantes pour la construction de nombreux forts de défense comme la gigantesque citadelle du roi Christophe près du Cap-Haïtien. Cette obsession de défense conduit à occuper la partie Est de l'île qui deviendra après trois guerres meurtrières la République dominicaine en 1844. Sur le plan politique s'installent des dictatures militaires appuyées sur des bases régionales (le Sud contre le Nord). Les Chefs militaires préoccupés de pouvoir politique plus que de construction du pays, lèvent dans les campagnes des armées de mécontents qui ravagent l'île. Pour financer leur soif de pouvoir, ils ont recours à des emprunts extérieurs avec des conditions léonines. Le non-remboursement des dettes entraîne des interventions des puissances extérieures dans la politique haïtienne. Le principe de la remise de dettes n'existait pas encore. Au XXe siècle, les Etats-Unis, qui pratiquent déjà une politique impérialiste dans la région Caraïbe, veulent assainir et policer ce qu’ils considèrent comme une zone instable. Ils envahissent militairement Haïti, prennent le contrôle des douanes pour assurer le paiement des dettes contractées et établissent un protectorat qui va se maintenir de 1915 à 1934 avec la collaboration d'hommes de paille. Mais la résistance populaire évite à l'île de devenir une quasi-colonie de grandes plantations comme Cuba ou la République dominicaine (3). Certains nationalistes qui apparaîtront plus tard sur la scène politique, comme le Docteur François Duvalier (1957-1971) et son fils Jean-Claude Duvalier n'ont pas tardé à se muer en sinistres dictateurs qui ont enfoncé Haïti dans un sous-développement chronique et contribué à renforcer l'émigration des Haïtiens (notamment vers l'Amérique du Nord, la République dominicaine, les Antilles Françaises et la France) de plus de 3 millions d'Haïtiens dont de nombreux cadres et techniciens sur une population totale d'environ 9 millions d'habitants. D'autres dirigeants comme le prêtre Jean-Bertrand Aristide, devenu homme politique au début des années 1990 , avait suscité beaucoup d'espoir avec son slogan de campagne de réconciliation pacifique en créole « Pa pè Fè lapè » (« Ne craignez pas de faire la paix ») a été deux fois renversé et contraint à l'exil, d'abord aux Etats-Unis en 1991,puis revenu au pouvoir en 1994 , exilé de nouveau en Afrique du Sud. On voit donc qu’Haïti a subi des coups durs au cours de son existence bicentenaire mais tout n'a pas dépendu des Haïtiens eux-mêmes, comme il vient d'être rappelé. L'inconscience d'une minorité dirigeante égoïste, repliée sur elle-même et assoiffée de pouvoir source de son enrichissement a largement contribué aux malheurs du peuple haïtien: violence politique et misère permanente de la majorité de la population.

A biens des égards, c'est ce type de comportement qui transparaît en Guinée, malgré des comportements d'artifice et des gesticulations de façade. Comme en Haïti, ce ne sont pas toujours les éléments susceptibles de progrès pour l'ensemble de la nation qui ont tenu le haut du pavé mais les éléments médiocres. Un grand nombre de cadres et techniciens haïtiens de haut niveau technique et professionnel vivent aux quatre coins du monde. Il en est de même pour la Guinée et dans les deux cas cette situation arrange bien du monde. Le raisonnement s'y fait en termes de places et non de recherche de l'efficacité dans la construction du pays. C'est cette voie d'efficacité qu'on souhaiterait que le gouvernement de Jean-Marie Doré emprunte Ce n'est pas facile et je devine toutes les inerties auxquelles il devra faire face.

Mais le renouveau n’interviendra qu'au prix de ruptures avec des habitudes.

Cette indication ne concerne plus les gens de ma génération mais toutes les jeunes générations de cadres et techniciens guinéens bien formés et qui attendent de s'investir au service de leur pays.

Je souhaite que Jean-Marie Doré donne ce signal et il y aura des chances que les gouvernements qui suivront prennent la même voie de renouveau. Nos compatriotes suivront car ils ont soif de renouveau.

Pour terminer, il faut se souvenir que la violence appelle la violence et le devoir de dirigeants politiques doit être, entre autres, d'éviter la violence. C'est un thème à développer dans la conscience collective.

Les dirigeants guinéens doivent méditer et éviter à la Guinée le type d'évolution qu'a enregistrée jusqu'ici la République d’Haïti, moins par les aléas historiques que le temps aurait pu atténuer que par l'incurie des dirigeants du pays. Ce n'est pas parce que nous, Guinéens, avons eu un semblant de stabilité politique de 50 années, assises d'ailleurs, sur des monceaux de cadavres de Guinéens que les prodromes du modèle haïtien d'évolution ne sont pas perceptibles.

Voici ce qu'a été la succession de la Présidence de la République d' Haïti depuis 1804 et qui prouve que le pouvoir politique y a été la préoccupation dominante de la classe politique avec toutes les conséquences négatives qu'on constate de nos jours.

Présidents, Mandat et Destin :

  1. Jean-Jacques Dessalines : 1804-1806, Militaire, assassiné;
  2. Henri Christophe : 1807-1820, Militaire, Nord du pays, suicidé;
  3. Alexandre Pétion : 1807-1818, Militaire, Sud du pays, décès de maladie;
  4. Jean-Pierre Boyer : 1818-1843, Militaire, exilé en Jamaïque, puis en France où il mourut en 1850;
  5. Charles Hérard : 1843-1844, Militaire, exilé;
  6. Philippe Guerrier : 1844-1845, Militaire, décès;
  7. Jean-Louis Pierrot : 1845-1846, Militaire;
  8. Jean-Baptiste Riché : 1846-1847, Militaire, décès;
  9. Faustin Soulouque : 1847-1859, Civil, exilé en Jamaïque;
  10. Fabre Geffrard : 1859-1867, Militaire, exilé en Jamaïque;
  11. Sylvain Saenave : 1867-1869, Militaire, exécuté;
  12. Nissage Saget : 1870-1874, Civil, retraité;
  13. Michel Domingue:1874-1876, Militaire, exilé en Jamaïque;
  14. P.T. Boisrond Canal: 1876-1879, Militaire, exilé en Jamaïque;
  15. E. Félicité Salomon: 1879-1888, Civil, exilé en France;
  16. F. Florvil Hyppolite: 1889-1896, Militaire, décès;
  17. Tiresias Simon Sam:1896-1902, Militaire, exilé;
  18. Nord Alexis: 1902-1908, Militaire, exilé en Jamaïque;
  19. Antoine Simon: 1908-1911, Militaire, exilé en Jamaïque;
  20. M. Cincinnatus Leconte: 1911-1912, Civil, mort dans l'explosion du palais national;
  21. Tancrède Auguste: 1912-1913, Civil, décès??...;
  22. Michel Oreste: 1913-1914, Civil, exilé en Jamaïque;
  23. Oreste Zamor: 1914, Militaire, assassiné en prison;
  24. J. Dalvimar Théodore: 1914-1915, Civil, exilé;
  25. J. Vilbrun Guillaume Sam:1915, Civil, mis à mort par lynchage d'une foule alors qu'il s'était réfugié à l'Ambassade France à Port-au-Prince; Occupation américaine 1915-1934
  26. Sténio Vincent: 1930-1941, Civil, démissionnaire;
  27. Elie Lescot: 1941-1946, Civil, exilé en Jamaïque puis aux Etats-Unis;
  28. Frank Lavaur:1946, Militaire;
  29. Estimé Dumarsais: 1946-1950, Civil, renversé;
  30. Frank Lavaud:1950, Militaire;
  31. Paul Magloire: 1950-1956, Militaire, renversé, exilé aux Etats-Unis, puis retour au pays à la chute du régime des Duvalier en 1986.
  32. Joseph Nemours Pierre-Louis: 1956-1957: Civil, démissionnaire;
  33. Frank Sylvain:1957, Civil, renversé;
  34. Léon Cantave: 1957, Militaire;
  35. Pierre Eustache Daniel Fignolé: 1957, Civil, renversé;
  36. Antonio Thrasybule Kébreau: 1957, Militaire;
  37. François Duvalier (père):1957-1971, Civil (Papa Doc), décès en 1971 et dont la tombe a été saccagée en 1986, à la chute du régime de son fils Jean-Claude;
  38. Jean-Claude Duvalier (fils) : Civil (Baby Doc), renversé, exilé en France où il vit depuis;
  39. Henri Namphy: 1986-1988, Militaire, renversé;
  40. Leslie-François Manigat: 1988, Civil, reversé;
  41. Henri Namphy: 1988, Militaire, renversé;
  42. Prosper Avril: 1988-1990, Militaire, exilé aux Etats-Unis, retour au pays en 1993, arrêté en 2001 pour conspiration contre l'Etat ( sous Jean-Bertrand Aristide), il a été libéré en 2004 et est devenu écrivain;
  43. Hérard Abraham: 1990, Militaire;
  44. Ertha Pascal-Trouillet:1990-1991, Présidente de la Cour suprême d'Haïti, a été prise en otage;
  45. Jean-Bertrand Aristide: 1991, Civil, renversé, exilé aux Etats-Unis;
  46. Raoul Cédras: 1991-1994, Militaire, exilé au Panama, suite à l'intervention américaine;
  47. Jean-Bertrand Aristide : 1994-1996 et 2001-2004, Civil, renversé, exilé en République Centrafricaine puis en Afrique du Sud où il vit depuis;
  48. Boniface Alexandre: 2004-2006, Civil;
  49. René Garcia Préval: 1996-2001 et depuis 2006...

Remarque : Ne figurent pas sur cette liste ceux qui ont assuré de très courtes périodes (provisoires) de la Présidence de la République pour la période très récente de la décennie 1990, comme: Marc-Louis Bazin, Joseph C. Nérette, Emile Jonassaint. (4).

J'ai retracé cette liste pour donner à réfléchir aux Guinéens sur les tendances qu'ils ont à idolâtrer même des militaires du gabarit politique de Moussa Dadis Camara. Des dirigeants politiques de cette catégorie ne peuvent mener un pays qu'à la ruine. Je l'ai écrit souvent, non pas contre la personne d'un homme mais pour l'avenir d'un pays.

Le peuple haïtien est un peuple courageux qui aurait pu mieux réussir que ce qu'on constate aujourd'hui. Ce peuple a montré son courage dès l'accession à l'indépendance. Un peuple d'esclaves noirs africains qui se libéra, entre autres, en battant une armée française de 12 000 hommes que Napoléon Bonaparte avait dépêchée dans l'île pour rétablir l'esclavage. Un peuple auquel la puissance coloniale sous le roi Charles X a imposé une indemnisation à payer, pour être reconnu indépendant, de la somme colossale de 150 millions de franc-or de l'époque, ramenée par la suite à 90 millions et dont les Haïtiens ne finiront le remboursement qu'en 1888. Tout ce passé a pesé sur l'évolution de cette île qu'on présentait à la date de l'indépendance comme prospère dans la région (5). Mais si depuis 1888, la gouvernance de l'île n'avait pas été l'image paralysante de gestion publique qu'on devine facilement en lisant la liste, ci-dessus, Haïti n'aurait sûrement pas été, aujourd’hui, le pays le plus misérable du continent américain. La lutte politique qu'y a livrée une armée qui s'est constamment emparée du pouvoir politique sans toujours savoir quoi en faire sinon qu'à enrichir une petite oligarchie compradore (6) qui se dépêche à chaque passage au pouvoir de se préparer des exils dorés à l'étranger; voilà les sources du mal haïtien. Certains hommes politiques de paille qu'ils utilisent le plus souvent n'ont pas d'autres ambitions que les leurs.

Le peuple guinéen dispose lui aussi de grandes qualités. Il ne doit pas se focaliser sur son passé colonial de 60 années ni sur les pièges tendues du début d'indépendance pour expliquer tous ses malheurs, comme certains Guinéens se plaisent à le faire. Des pays comme le Vietnam ont subi des épreuves plus dures et se sont mieux sortis d'affaires. Les malheurs du peuple guinéen ont été ses hommes politiques et principalement ses Présidents qui n'ont été que des imposteurs. Il faut que les Guinéens et parmi eux, les plus éclairés, se débarrassent des méthodes de gouvernement par imposture.

C'est pourquoi quand des Guinéens s'élèvent avec véhémence contre le pouvoir militaire, comme dans le Collectif guinéen contre le Pouvoir militaire (CGCPM), ils doivent être entendus et suivis. Devant ce type de collectif, d'autres soulignent cependant, l'incontournabilité de l'Armée dans le règlement de toute crise présente .Au regard de ce constat, faut-il laisser le cours des choses se poursuivre comme pendant les 25 dernières années? Sur ce point, je ne crois pas qu'il faille comprendre que la communauté internationale ou le CGCPM minimisent le poids de l'armée en Guinée. Si tel était le cas pour la communauté internationale, Sékouba Konaté n'aurait pas reçu tant de messages de félicitations et de soutien dans les orientations qu'il a annoncées. Quand au CGCPM, la position qu'il adopte est la plus féconde pour notre pays, face à la communauté internationale: (« aide-toi, le Ciel t'aidera », c'est connu...). Dans les deux positions, le but recherché est d'amener la Guinée vers le type de gouvernance à base de droit non par la force des armes. Les rejets de références à la communauté internationale que certains Guinéens préconisent, prouvent leur peu de connaissance des réalités du monde présent. Ne serait-ce qu'au niveau des besoins de financement extérieur, seuls ceux qui sont aux manettes du pouvoir à Conakry, savent ces réalités. Aujourd'hui, sans parler de grandes infrastructures, pour financer le moindre projet dans notre pays : élections, réforme de l'armée, par exemple, nous avons besoin de financement extérieur. C'est en cela que la communauté internationale est une réalité et c'est en cela que le CGCPM doit se faire entendre. Ce collectif qui travaille pour l'avènement de la démocratie dans notre pays devrait pour une fois faire l'unanimité des jeunes générations des Guinéens.

Et il est temps que chacune et chacun se penchent sur cet appel au lieu de se réfugier dans un scepticisme de personnes vieillies avant l'âge. Dans un article d'Afrique Asie (N° février 2010) « L'équation militaire » Ahmadou Kélégué fait une bonne analyse de cette question Il montre comment, dans les mentalités et dans les faits, l'Armée est devenue incontournable. Ce type de diagnostic est utile et doit servir. Sans intimider.

Quand je parle d'espoir et de rédemption de la République , cela veut signifier que nous devons faire confiance aux acteurs des Forces vives, à commencer par le Premier Ministre de la Transition pour tirer le meilleur des dispositions favorables du Général Sékouba Konaté à un retrait de l'Armée de la direction politique du pays. Faire confiance aux Forces vives ne signifie nullement se transformer en chœur d'applaudissement à tout. La critique est donc nécessaire mais le contexte d'ensemble du pays est difficile, chacun le sait ou le devine. C'est pourquoi il faut aider les Forces vives, le gouvernement de Transition et le Général Sékouba Konaté dans la voie de rédemption de la République de Guinée. Et je le répète, il ne s'agit pas d'un appel à un suivisme aveugle mais un appel à la vigilance active mais pas au renoncement. Des positions d'affrontement ne pourront que reculer les solutions à nos problèmes. Ce pragmatisme ne signifie nullement donc une renonciation à la formation des citoyens guinéens aux objectifs du Collectif guinéen contre le Pouvoir Militaire. Et les leaders politiques doivent s'employer de façon pédagogique à faire comprendre aux responsables militaires que dans une nation , la spécialisation des tâches est une nécessité, celle de l'Armée est la défense du territoire national. Quand chaque catégorie socioprofessionnelle aura compris l'absolue nécessité de la division du travail social selon les spécialisations, les choses marcheront mieux en Guinée.


Ansoumane Doré (Dijon, France)


NOTE :

(1) Il faut rappeler ici qu'un violent tremblement de terre a secoué à plusieurs reprises le Nord-Ouest de la Guinée, les 22-24 décembre 1983.Les localités de Gaoual et de Koumbia ont été particulièrement détruites. Des dégâts ont été aussi enregistrés à Mamou, Kindia et Labé. Les victimes ont été chiffrées à 275 morts et 1300 blessés. Selon l'Institut Physique du Globe de Strasbourg (France) qui avait aussitôt confirmé les informations de Radio-Conakry, les secousses avaient atteint la magnitude sur l'échelle de Richter (graduée de 1 à 9), ce qui est destructeur. La dictature en place, alors, parlera peu des victimes mais le marabout et les féticheurs de Guinée se saisirent de l’évènement, qui, il est vrai, est apparu comme surprenant pour tout le monde. En effet aucun séisme important n'avait été enregistré, de mémoire d'homme, jusqu'à cette date en Afrique de l'Ouest, si ce n'est dans les lointaines îles volcaniques du Cap-Vert. Mais puisqu'il s'agissait d'un fait exceptionnel, marabouts, féticheurs et devins ont laissé entendre qu'il devait avoir un sens caché. Toujours est-il qu'à peine trois mois après ce séisme, Sékou Touré disparaissait le 26 mars 1984. Ce qui a conduit à des commentaires variés.

(2) Voir INSEE « Panorama économique de la Caraïbe », Préfecture de la Région Guadeloupe, 1999; Dossier par pays des 21 entités de la Caraïbe.

(3) Voir Christian Girault, « La République haïtienne », Editions Karthala/Adec, Paris; voir Jacques Barros, « Haïti de 1804 à nos jours », L'Harmattan, 1984 Paris.

(4) Wikipédia: Liste des Présidents d'Haïti; Université Sherbrooke, Québec, Canada: Perspective Monde.

(5) La République dominicaine qui occupe la partie orientale de l'île d'Haïti est aujourd'hui beaucoup plus développée économiquement et socialement.

(6) La bourgeoisie compradore dans des pays en développement est formée d'une minorité d'autochtones enrichis par des trafics divers avec l'étranger et par conséquent plus liée à l'extérieur qu'au pays. L'exil qui peut advenir à des politiques leur permet de trouver à l'étranger une assise matérielle confortable.


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Vos commentaires
Mohamed Camara, vendredi 12 février 2010
Toute l`impartialite de Mr Dore est contenu dans cette partie de son propre texte "1958 qui pèse encore sur certains Guinéens peut les y conduire. C`est pourquoi j`attire l`attention sur l`évolution d`Haïti. De quoi s`agit-il exactement? Sans entrer dans l`histoire tumultueuse de l`île, disons qu`après la révolte des esclaves africains menés par Toussaint Louverture en 1791, celui-ci est fait prisonnier et déporté en France sur ordre de Bonaparte. Mais en 1803, le corps expéditionnaire napoléonien, de 12 000 hommes, dépêché dans l`île pour rétablir l’esclavage, est vaincu près du Cap -Haïtien (auparavant Cap-Français) et l`indépendance est proclamée le 1er janvier 1804 à Gonaïves par le Président Jean-Jacques Dessalines avec d`abord un statut politique Incertain: « empire » avec Dessalines, « royaume » avec Henri Christophe, « république » avec Alexandre Pétion, et Jean-Pierre Boyer. Les débuts de cette République sont difficiles: évasions des capitaux, les Haïtiens doivent payer une lourde somme pour indemniser les anciens colons français ce qui va handicaper longtemps la jeune République. La France ne reconnaîtra réellement l`indépendance qu`e 1838 sous Louis-Philippe. D`autres reconnaissances suivront: le Saint-Siège, les Etats-Unis après l`abolition de l`esclavage par Lincoln (1863).Mais le mépris dans lequel est maintenue cette république noire est assez général." Quelle similitude! Sekou n`a certe pas ete deporte comme Tousaint mais l`attitude de la france et de ses amis vis a vis des deux republique est comme l`original et la copie.Ma question est que Toussaint est il le responsable de la situation que sa republique connait elle aujourd`hui.A quand une lecture enfin honnete de notre histoire? Mohamed
Lamarana Diallo, Londres, vendredi 12 février 2010
Abdoul, voici mon email: jallohlamarana@hotmail.com
abdoul, jeudi 11 février 2010
Enfin Lamarana! Vous etes monte d un cran, puisque vous parlez maintenant de debat, meme si vous vous souciez du desequilibre intellecuel entre vous le docteur es science, et moi le coco lala. Ne vous inquietez pas que je ne sois pas un partenaire de taille. je ne peux pretendre etre a votre hauteurs. Cependant, vous, vous pouvez aisement vous rabaisssez a mon niveau pour me comprendre. Et c est cela la chose la plus importante. Dans mon fouillis, il suffit de cerner l indee centrale. Donnez donc vos coordonnees, et en avant . bonsoir
Lamarana Diallo, Londres, jeudi 11 février 2010
Mr.Abdoul, j`assume mon identité dans toutes mes interventions que je signe de Lamarana Diallo, Londres. Donc, je ne suis pas kagbadouno, mais ayant evolué dans la culture de l`amalgame et des accusations fortuites je vous en veux vraiment pas. Par ailleurs, la seule raison qui fait que je vous retourne pas vos courtoisies est que j`avais deja décidé de ne pas continuer a entretenir des polémiques steriles avec vous. L`espace reservé aux commentaires n`etant pas le mieux indiqué pour repondre a votre invitation a debattre, je ne verrai aucun inconvenient a vous laisser mes contacts pour toute fin utile. Meme si au regard de la tournure que prend vos interventions je doute fort que vous soyiez un partenaire de taille pour un débat serieux. Je vous souhaite une bonne nuit! Bien a vous.
Bourlaye, jeudi 11 février 2010
Merci Abdoul pour cette léçon de la Guinée que les uns ont recité dans le mensonge. Ne vous fatiguez jamais pour le rétablissement de la verité historique.
abdoul, jeudi 11 février 2010
Oh Lamarana alias kagbadouno! la haine contre les Pdegistes va vous ronger jus qu a la moelle des os, mais vos desirs jusqu ici ne correspondent pas aux voeux des guineens, parceque vous etes du cote du mensonge. C est pourquoi vous ne voulez pas du debat, et n arrivez pas a vous faire entendre depuis le temps que vous vociferer.. D un gouvernement a l autre, c est la realite des faits qui s impose. Ce qui est deconcertant, c est que malgres votre vengence sur les anciens dignitaires et proches parents de Sekou Toure qui ont ete tortures fusilles et enfouillis dans des fosses communes, malgres les temoignages ecrits et oraux pour eclairer certains points de vos accusations vous n evoluer pas. Votre coeur taille dans les rochers ne fait que s endurcir. et, pourtant, quand on remonte le cours de l histoire, on constate que la realite des faits a pu inflechir des hommes au coeur de pierre comme , Ramses dans l Egypte pharaonique qui, malgres son entetement a fini par dire a Moise "Ton dieu est dieu" mallheureusement, vous vous devez appartenir a une espece rare dont on n ignore l origine. Eh bien continuez a tournez en rond, en vous consolant dans les injures qui ne sont que l arme des faibles.
kagbadouno Tamba, jeudi 11 février 2010
Abdoul! Il faut assumer le fait d`être un Pdgiste ou Parti des geôles. Votre sanguinaire de Sékou Touré est le 1er responsable de la situation actuelle de notre pays. L`ethno-stratégie c`est bien votre sanguinaire de Sékou Touré qui a parlé de « guerre contre les Peulhs » en refusant des bourses d`études à des Guinéens parcequ`ils étaient Peulhs et votre « angbansan » ? La pagaille dans l`armée c`est bien ce voyous de dictateur de Sékou Touré qui a introduit la politique dans l`armée pour créer une pagaille et a mis en place sa milice  où tous les membres étaient des anciens voyous de Conakry et surtout de son groupe ethnique. Le manque criant d`Hommes capables de redresser ce pays c`est encore lui qui a eu pour seul objectif de détruire l`élite intellectuelle, économique, politique de ce pays. Quand on voit des analphabètes comme Dadis, Konaté, Tiégboro ou Pivi qui sont persuadés qu`ils peuvent diriger un pays c`est encore ce sanguinaire qui en est à la base avec sa formation au rabais « koko-lala » où toute la stratégie de ce sanguinaire de Sékou Touré était de faire des Guinéens des sous-hommes . Et en cela il a en partie réussie lorsqu`on voit que les forces Vives n`ont pas trouver mieux qu`un minable ancien milicien PDGiste comme JMDoré pour faire de lui un PM. Donc vos mensonges vous devez les arrêter sinon, les Guinéens iront vous cueillir un à un!
Sékou Oumar Camara, mercredi 10 février 2010
Décidément! Depuis quand Lamarama est-il l`ambassadeur plénipotentiaire des peuls? Qui a constitué Abdoul avocat des victimes du CMRN? Mon cher Abdoul, s`il te plaît, met balle à terre.
ABDOUL, mercredi 10 février 2010
Monsieur Lamarana Diallo. Rassurez-vous, ceux avec qui vous devez discuter, sont loin d’être des PDGistes. Ils sont pros PGGistes. Il est bon de faire cette nuance sinon la confusion va continuer. Les Vrais PDGistes ne sont plus de cette vie, puisque par vengeance, vous (pas vous physiquement, mais vos semblables) les avez tous éliminé en 85, sans aucune forme de procès. Dieu sait pourtant que vous aviez eu l’opportunité de les trainer devant le barreau. Influencé par sa fraction de personnes qui se disait victime du PDG et qui avait soif de vengeance, le CMRN a conduit à la décapitation des détenus le 4 juillet 85. Allez y savoir pourquoi. Mon cher, j’aimerais comprendre pourquoi vous osez encore parler de barreau, ô Dieu, si le ridicule pouvait tuer…Ne pouvez vous pas être pour une fois, conséquent avec vous-même, il y’a trop de tohubohus dans ce que vous dites. Ce n’est pas la faute des pros PDGistes si vous avez raté exprès, l’opportunité de juger les PDGistes. Je vous fais remarquer au cas où vous ne l’avez pas constaté, que vous n’avez aucun souci à vous faire concernant des gens qui ne sont plus de ce monde. Vous ne risquez donc pas de vous asseoir sur le même banc avec eux. La science n’a pas encore permis aux vivants et aux morts de se parler. Vous allez plutôt discuter avec des gens qui ont le droit d’entretenir une opinion contraire sur le PDG. Et à coup d’arguments solides vous arriveriez peut être à les confondre. Mais avec des clichés montés de toutes pièces vous n’avez aucune chance. Alors discutez avec ces gens, eux ils sont innocents, au nom du principe de la contradiction. Ils n’ont rien fait au temps du PDG, peut être même, ils sont comme vous, ils n’ont même pas vécu le système. Je vous salue…
abdoul, mercredi 10 février 2010
Mr. Diallo Lamarana, C est vrai qu on a pas besoin de vivre une periode pour en porter un jugement. Mais,si l approche que l on fait de cette periode est basee sur des elements erronnes, cela entacherait forcement la qualite de ce jugement. C est pourquoi, il serait plus sage de faire des recherches et d etre a l ecoute des versions contradictoires pour connaitre la realite. On dit que c est de la contradiction que jailli la verite. depassioner le debat pour traquer et extirper la verite la ou elle se trouve pour eclairer la lanterne de tous, pour que les guineens sachent ce qui s est reelement passe. En effet,depuis des decennies, c est un seul son de cloche qui se fait entendre:( Sekou Toure, le tyran, sanguinaire, despote bourreau de 50. 000 disparus etc...) Maintenant que des voix s elevent pour donnner des explications a ces accusations, je pense qu il faut plutot ecouter et faire la part des choses, pour eviter a notre histoire la double facette qui est la sienne actuellement.
Lamarana Diallo, Londres, mercredi 10 février 2010
Mr.Abdoul, je vous mets a l’aise. Je ne suis pas Lamarana “Petty”, donc vous pouvez toujours continuer a admirer les analyses de ce dernier. Ceci dit, je trouve que vous persistez dans la confusion. On a pas Besoin de vivre une période pour porter un judgement sur ses évenements. Sinon, comment expliquez-vous qu’on s’accorde a dire que l’Almamy Samory Touré est un hero de la résistance a la colonisation malgré la tentative de deformation de l’histoire par les colons. Comment vous arrivez a connaitre les evenements qui se sont déroulés avant que vous ne voyiez le jour? Connaissez vous l’histoire de Samory Touré parce que vous avez vécu son époque ou participez a la résistance a ses cotés? Avez-vous participez a la deuxieme guerre mondiale? Le fait de n’avoir pas connu le regime du PDG est plutot un atout pour moi car je revendique un certain récul par rapport aux evenements tels que perçus par les differents camps(le votre et celui des victimes). Mon esprit, contrairement a votre, ne fut pas formatté dans le mensonge et le denie de justice.Prquoi voulez-vous que je sois sur la meme table qu’un PDGiste? La place des PDGistes c’est devant un tribunal car des gens ne peuvent discuter que quand ils ont les memes reperes sur le droit et la justice. Et de toute evidence tel n’est pas votre cas. Donc, je ne compte pas entretenir la polémique avec vous.Cordialement.
Habib Diallo, mercredi 10 février 2010
Voici mon commentaire que j’avais fais le 23 janvier 2010 suite à l’article de Tibou Barry intitulé « Haïti, Guinée » et posté sur ce même site le 20 janvier 2010 : « Si les PDGistes, Koudaistes et Dadiistes pouvaient comprendre le sens de ce texte, ils aideraient a construire un État democrtique viable en Guinée pour ne pas que nous connaissions une évolution similaire a Haïti (le premier pays indépendant noir : 1er janvier 1804 mais le plus pauvre de l’hémisphère ouest) a connu. ». Le jour que j’ai fais ce commentaire, Je savais que la culture politique des Haïtiens et des Guinéens se ressemble beaucoup ayant rencontre nombre parmi eux en Amérique du Nord. J’ai remarqué durant nos conversations que comme les Guinéens - la classe dirigeante et leurs supporters - les Haïtiens ont une utilisation abusive du mot indépendance et pour expliquer tous les échecs de leur pays/nation, ils n’ont qu’une seule réponse : c’est la faute des blancs (ou colons qui ont quitté leur pays il y a 200 ans). Avec cet exposé magistrale du Pr Dore (de qui nous apprenons plus tous les jours) soutenu par une analyse scientifique, je comprends beaucoup plus (historiquement parlant) pourquoi et comment les dirigeants Haïtiens ont abusivement utilise le mot « indépendance ». Comme en Haïti, nos dirigeants et leurs supporters en Guinée ont abusé du mot « indépendance » pour seulement se maintenir au pouvoir cela au prix de l’assassinat de dizaines de milliers de personnes, l’exile, le viole, l’humiliation, la dépossession de millions de Guinéens et non Guinéens. Je souhaite que tous les Guinéens comprennent le sens de la sagesse dans ce texte. Merci une fois de plus Professeur.
abdoul, mardi 9 février 2010
J espere que ce n est pas Lamarana Petti dont l objectivite des analyses force l admiration l bref, c etait une prenthese. Mr Diallo Lamarana, vous etes surement bardes de diplomes des grandes ecoles du monde, mais j avoue que vous etes un pietre analyste, dans la mesure ou le vrai intellectuel va a la source des faits avant de les confirmer. vous decevez les lecteurs par la legerete de vos propos, du genre, "Je suis conscient aujourd hui que Sekou Toure est l architecte de l anarchie dans laquelle nous vivons". et vous affirmez aussi curieusement n avoir pas vecu sous ce regime. Alors comment voulez vous faire un jugement d une epoque que vous n avez pas connu? En tant que coco lala par excellence, je vous invite a vous rabaisser a mon niveau puisque cet execice serait plus aise pour vous. je vous prie donc de vous mettre a mon niveau pour me dpnner la reponse a cette question: pourquoi avez vous la phobie de vous assoir a la meme table que les Pdegistes pour discutez et decortiquer dans les menus details toutes les accusations que vous leur portez? Nous avons assez de vos inventions sans fondement dont l objectif n est autre que la desinformation et l intoxication.
FIDEL, mardi 9 février 2010
Je le dirai toujours: une histoire ne se fait pas par des valeurs negatives comme le mensonge, le tribalisme et la haute trahison. Abdoul bon courage surtout ne t`arrette pas. Le chemin sera tres long mais ne stop jamais. C`est un combat permanent.. Il n`est pire sourd queceluiqui ne veut rien entendre. Fidel comme son nom
Lamarana Diallo, Londres, mardi 9 février 2010
Mousse Abdoul, vous venez de rater-la une fantastique occasion de ranger votre plume et vous taire. J`ai personnellement(et fort heureusement)pas vecu le regime de votre idole mais je suis conscient aujourd`hui qu`il est l`architecte de l`anarchie dans laquelle nous vivons. Vous passerez votre temps a nier le mal que AST a inflige au peuple guineen mais la verite finira par vous rattrapez. Vous etes le prototype meme de l`homme nouveau cree par le PDG: Aux arguments solides et bien elabores, vous opposes l`agitation et les racourcis pour esperer intimider ceux qui osent encore vous denoncez. Votre texte desordonne fait ressortir clairement votre confusion sur le concept de republique et de nation, de gouvernement d`union nationale et surtout le fait de n`avoir pas compris le text que vous vous donnez la peine de commenter. Pas surprenant pour quelqu`un qui a ete victime de l`enseignement au rabais.
abdoul, mardi 9 février 2010
Mr Dore, Vous avez une belle plume, qui malheureusement est souvent injuste dans les analyses, surtout quand il s agit du premier regime qui est devenu le depotoir de tous. Comme plusieurs scribes du net qui n ont pas un autre objectif que de faire pleuvoir des avalanches de mensonges sur le regime du PDG. Pour une raison ou pour une autre, vous etes libres de ne pas porter Sekou Toure dans votre coeur. Mais, votre haine ne vous confere guere le droit de charcuter l histoire, car, c est un crime encore plus grave de derouter les jeunes qui n ont pas vecu cette epoque. Vous contribuez ainsi a dechirer le tissus social qui est deja en lambeaux. Je m explique: Vous dites sans preuve "que la dictature en place en 1983 parlera peu du tremblement de terre a Koumbia et Gaoual." Je m inscris en faux contre cette invention, car Je suis parmi ceux qui ont encore en memoire que c est le president Sekou Toure en personne qui avait fait le deplacement dans ces localites pour compatir a la douleur des sinistres. Inutile de dire tout le battage mediatique qui a suivi, et les aides qui ont ete recues de partout. vous parlez comme si cela s etait passe il y a mille ans. La RTG doit certainement avoir des images de cette tragedie. Plus haut, vous faites allusion a la creation d une republique par les dirigeants a la sortie de l ere coloniale. Heureusement c est vous qui le dites. Eh bien, cette republique, cette nation et la creation du gouvernement d union nationale avec les opposants, est un haut fait qui restera inscrit en lettre d or a l actif du PDG, Quelque soit les deformations que vous en faites. Vous avez toujours tendance a jeter les pierres sur les PDGistes en couvrant de fleurs ceux qui ont pourtant joue le role de basses oeuvres pour detruire cette nation, et qui du coup ont une part de responsabilite dans la debacle que le pays a connu. Ce qu il y a de plus abberant, dans vos ecrits c est encore l amalgame que vous faites en mettant les deux premiers regimes dans la meme assiette. Pourtant, dans l histoire des successions de pouvoir, les nouveaux maitres prennent toujours le contrepied du pouvoir precedent, en mettant les erreurs de celui ci a nu, pour assoir sa popularite. C est ce scenario qui s est produit en Guinee,en 1984 comme en Decembre 2008. Conte, meme s il s est ressaisi plus tard, est celui qui a decime la famille de Sekou Toure,pour dit il, venger les victimes de boiro, avant de proner sa politique d ouverture en instaurant le vol des deniers publics comme mode de gouvernance. Le resultat, tout le monde le connait. Apres son depart le constat amer est la il saute a l oeil. Les usines, les mines la flotte aerienne et maritime, tout a ete brade au detriment du peuple. Alors que clairement, le regime du PDG, malgres tout ce dont on l accuse, a respecte scrupuleusement la chose publique. Le president Sekou a plutot mis ses biens a la disposition du peuple. (Les cases de belle vue, ses fonds propres, sa demeure du Maroc offert a l ambassade de Guinee etc...) Mais,certains sont si bien aveugles devant ces realites verifiables, qu ils choisissent de noyer de tout noyer dans la haine. C est vraiment triste de voir de grands intellectuels utiliser les racourcis pour tordre l histoire,selon leurs humeurs, au lieu d aller a la source des evenements pour livrer la vraie version des faits. En somme, pour condamner Kouyate Siriman, vous n aviez pas besoin de faire tout ce detour, et nous distraire avec des propos qui n ont rien a voir avec le comportement abject de cet homme qui n est qu une copie conforme de ceux qui, ont au fil du temps ont perdu leurs reperes en matiere de moralite,et dont on achete le silence a cout de billets de banque. Aussi simple que ca.
moussa, lundi 8 février 2010
merci infiniment monsieur ansoumane dore nous ne pouvons que rejouir d´avoir des hommes comme vous et qui se mettent aux services de notre nation ,nous esperons que les mieux places pour utiliser cet article le comprendront et merci encore une foid que benisse la guinee.
Modibo Traore, UK, lundi 8 février 2010
Doyen, Je vous remercie pour cette communication. Tous vos articles sont brillants, tant du point de vue forme que du point de vue fond et celui-ci, l’est encore plus. Je ne le dis pas pour vous flatter, mais simplement pour exprimer ma joie de vous lire. D’ailleurs je ne répète que des choses qui sont connues et établies. La capacité d`analyse scientifique et la rigueur intellectuelle dont vous faites preuve dans vos analyses, ne passent pas inaperçues. Comme d’habitudes, vous vous êtes encore inspirés, copieusement, d`exemples concrets et d`éléments comparatifs pour étayer des propos pesés et dépassionnés dans ce texte exceptionnel. J`espère seulement que chacun des acteurs engagés dans la lutte politique en Guinée, pourra lire et surtout comprendre et appliquer les enseignements de ce brillantissime texte. A travers celui-ci, vous complétez mes modestes connaissances sur ce pays dont la débâcle économique et l’effondrement sociopolitique, rapide et continus, n’ont jamais fini d’étonner. Je vous en remercie. La proximité géographique d’Haïti avec le leader mondial des pays industrialisés, aurait dû lui être un avantage. Hélas… Mais vous avez touché du doigt les vraies causes du retard de ce pays, que les calamités naturelles n’ont guerre aidé. L’ironie de la nature... Le rapprochement que vous faites ici, entre la Guinée et Haïti, permet de capturer les similitudes de gestion politique et de conséquences économiques et sociales –(dues en grandes partie aux mêmes pratiques dans ces deux pays). Il confirme que les mêmes causes donnent toujours les mêmes effets. Tout en espérant que JMD et compagnie vous entendrons…Je vous salue cordialement
Sékou Oumar Camara, lundi 8 février 2010
Papier à haute teneur de sagesse et d`intelligence.Le seul point avec lequel je ne suis pas d`accord avec le doyen est celui de la crainte révérencielle qu`incarnerait les présidents guinéens et qui mettrait les cadres guinéens dans une situation de courtisans zélés et qui, fatalement, les conduirait à se renier eux-mêmes. Comme l`Almamy Sarmory TOURE, je dis : "un homme qui refuse dit non". Des gens comme Siriman KOUYATE ne sont pas des "moun" (pour paraphraser Jean-Bertrand Aristide - tou moun ce pa moun!). Chez les Peuls, on admet généralement que l`Homme a deux limites: la crainte de Dieu et la crainte du regard désapprobateur de l`Autre. La mère de tous les fléaux qui s`abattent sur la Guinée, c`est l`inculture, le manque de repères, l`absence d`éthique. Cela s`explique, à mon avis, par la disparition simultanée des deux ordres qui transmettaient des valeurs au sein de notre société: l`ordre traditionnel et l`ordre colonial. En effet, nous sommes sortis de systèmes qui, pour l`un, inculquait des valeurs islamiques et africaines, pour l`autre, promouvait les valeurs républicaines françaises et la pensée judéo-chrétienne, pour aboutir à un système purement et simplement abâtardissant. L`Homme nouveau que la Guinée indépendante a fabriqué est certes un homme neuf mais un homme vierge de toute culture et de valeurs, un homme dont l`Histoire est falsifiée! On a inculqué au "guinéen libre dans la pauvreté" le culte du mensonge (y compris du mensonge à soi-même!), de l`intrigue et de la médiocrité. Voilà le vrai problème de la Guinée! On pourra alors me rétorquer que Siriman KOUYATE (et les autres) sont victimes de ceux qui les ont fabriqués. Je dis non: le libre-arbitre est inviolable et indomptable. Même si on a reçu une éducation spartiate, on garde son for. Et puis, quelqu`un qui a 40, 50, 60 ans n`est quand même pas un mineur! Le fait est que tout simplement le Guinéen nouveau est un jouisseur. Il n`a pas peur. Il n`a pas honte. Il peut être le dernier de la classe et être le "premier dans la vie". Plus qu`une inversion des valeurs, c`est comme si la Guinée était dans une autre dimension. Et lorsque qu`Allah, s`adressant pour la première fois à Mahomet (PSL), Ordonne: "Lis, Lis au nom de Ton Seigneur..."; on comprend bien que le Guinéen nouveau n`a pas besoin d`un tel versificateur. Que Dieu ait pitié de la Guinée! Amen.
Mariame CAMARA, lundi 8 février 2010
Mon Grand Frère Pr.DORÉ. Nous vous savons gré d`avoir fait cette formidable analyse politique. Sur ce site, vos articles sont sont...essentiels. Pas de hanie, de mensonge, de manipulation..., vous forcez l`adminiration. Bien à vous.Que Dieu protège NOTRE Guinée. Mariame CAMARA, Allemagne.
alpha, lundi 8 février 2010
C`est toujours un plaisir de lire les posting de Mr. Doré Ansouman. Il est urgent de recycler Siriman Kouyaté et sa comission d`enquête et les mettre sous tutorat d`un vrai intelectuel de la trempe de Mr Ansouman Doré.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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