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Wallahi ! Si on n'exerce aucune pression sur Moïse Dadis Camara, le Pharaon du CNDD, qui a ramassé le pouvoir à Cona-crimes, un mémorable 23 décembre 2008, il va longtemps traîner dans la farine le CENI de Sékou Ben Sylla, qui a charge de concocter des élections présidentielles et législatives démocratiques, transparentes et régulières dans le bled.
Il vous souvient que pour réussir une révision des listes des électeurs et la distribution des cartes électorales au plus tard pour le 31 août 2009, le CENI devait impérativement entrer en possession de la bagatelle d'argent réclamé à la date du 07 mars 2009. Jusqu'à cet instant précis, le Pharaon du CNDD n'a toujours pas commandé le déblocage des sept milliards et demi de francs guinéens au titre de la participation du bled dans ces farces présidentielles et parlementaires. Condition sine qua none pour que la communauté internationale donne sa cote part à hauteur de 22 millions de dollars. Ce qui bloque l'élan du CENI à t enir son pari dans la révision et la distribution des cartons électoraux à l'échéance de ladite date.
Il semble que le Pharaon du CNDD joue sur le temps pour dépasser carrément le délai de décembre 2009. Comme çà, le CENI ne parlera plus de possibilité de dévolution de pouvoir démocratique à cette date.
Afakoudou ! Il faut remuer Moïse Dadis Camara comme un cocotier. Sinon, il va longtemps traîner le CENI. Le Pharaon du CNDD a goûté aux agapes du pouvoir. Il faut absolument le ramener à la raison.
Ah ! non, il n'est pas du tout un envoyé du Ciel. Il n'a aucun mérite fantasmagorique que de quelqu'un qui s'est baissé pour ramasser le pouvoir avant l'enterrement du défunt dictateur Conté, pendant que d'autres troufions attendaient la mise à terre du corps de celui-ci pour le faire.
Certes, maintenant que le vin de palme est tiré, nous allons le boire, mais sans nous enivrer et soutenir comme des gogos politiques, le CNDD au pouvoir.
Didon ! l'on n'est pas d'accord avec vous. Ce n'est pas parce qu'on ne pense pas comme vous que l'on est ipso facto contre votre personne physique. Hé ! Vos idées sont vos idées. C'est même élégant et sportif que l'on vous aide à les exprimer sur cet espace démocratique, transparent et indépendant qu'est le net. Maintenant, l'on s'en bat l'?il, si le fait de vous contredire vous plonge dans une colère déraisonnable et amusante.
Vous écrivez que le Pharaon et son CNDD "sont entrain (ou en train ?) de mettre le pays sur les rails pour faciliter sa marche de demain." La réalité en Guinée dément ce propos.
Quelques lignes après, et sans aucune modération dans le ton, vous embrayez, pied au plancher, que "les Guinéens, sur toute l'étendue du territoire, constate avec bonheur, la transformation du pays." L'on croyait que vous connaissez ce proverbe qui a longtemps grugé des princes : "Que qui bâtit sur la faveur du peuple, bâtit sur la boue." Encore qu'on ne voit pas de quelle transformation vous parlez dans votre "La Guinée s'éveille !"
Didon ! Placardez vos ranc?urs et étalons sur le net, nos idées sur le devenir de la Guinée, qui nous divise. Toute autre façon de se crêper le chignon est dérobade et fuite en avant ou enfantin. Ok !
L'on est probablement d'accord avec Pierre Rosanvallon que "la démocratie est avant tout, un concept social avant d'être un concept constitutionnel." He, bien ! vous persistez que "la Guinée actuelle n'est pas comparable à celle d'y a un peu plus de deux mois." Vous avez tort.
Sans vous chercher des crosses, l'on vous oppose mordicus, que sur le plan social et économique, rien n'a encore changé en Guinée. Rien. Nada. La cherté de la vie est toujours là. Le kilo de viande est vendu à ce jour à 14 000 francs guinéens. C'est le prix d'achat pour les membres du gouvernement, et quelques rares fonctionnaires et commerçants du pays. Le sac de riz de 50 Kg est bazardé dans certains endroits dans le bled à plus de 100.000 FG. Les frais de transports sont toujours coûteux. L'éducation et l'instruction des élèves continuent à coûter des yeux de la tête aux parents. Tandis que les salaires restent toujours minables.
Sans rigoler vous osez parler actuellement de transformation qualitative dans l'enseignement dispensé aux élèves et aux étudiants au bled ?
Un autre fait peut-être banal à vos yeux qui est pourtant toujours comparable à celui "d'y a un peu plus de deux mois" : c'est le prix du transport entre la région de la Forêt et Cona-cris, la belle capitale.
Le 5 novembre 2008, Jean-Marie Doré, le chef d'orchestre de l'UPG, dit dans les colonnes de l'hebdomadaire guinéen, "Le Démocrate", que ça coûte 250.000 FG à un habitant de la région forestière, pour aller à Cona-cris et 280.000FG pour son retour. Les tarifs ont d'ailleurs augmenté à ce jour. Sur une distance de 85 km entre Labé-Tougué, le chef d'orchestre de l'UPG dit avoir traîné 3 heures et demi, et il était rentré à Cona-cris complètement déboîté, malade de ce déplacement.
Ah! non, l'on ne cherche pas à vous convaincre, mais à vous contredire. Et peu importe maintenant si vous ne supportez pas la contradiction, au poing de vous sentir dans vos grands souliers. Et comme vous aimez vous jeter des fleurs fanées, sachez que "La charpente de tout homme, c'est sa force de caractère, sa capacité à s'imposer, non pas aux autres, mais à lui-même, une attitude empreinte de grande rigueur morale."
C'est sur cette ligne de crête que l'on tente, tant bien que mal, de se tenir dans cette vie de galère. Oh là là ! Ce n'est pas une leçon de morale. Chacun est libre de tourner et de retourner sa veste au gré de celui qui est au perchoir en Guinée.
Seulement, vouloir nous faire avaler que "nos parents s'accordent à Conakry, et de façon unanime, que Claude Pivi est aujourd'hui l'artisan principal (de) cette sécurisation de nos compatriotes." Nos gosiers sont trop petits pour que çà passe. Çà cale comme une grande arête de bonga ou de konkouwé. L'on suppose qu'il ne s'agit pas de parents consanguins vivant à Cona-cris ?
Si ce n'est pas le cas, alors Hâman Claude Goliath Pivi Togba, chargé de la sécurité du Pharaon du CNDD, est un criminel, un assassin, un dangereux bandit.
Pourquoi vous taisez les crimes qu'il a perpétrés ? Hâman Claude Goliath Pivi serait-il devenu aujourd'hui "l'artisan principal" de la "sécurisation" des 350 familles qu'il a endeuillées quelques semaines seulement avant la mort de Lansana Conté ?
Ecoutez ! Si le Pharaon refuse ou a peur de traduire Hâman Claude Goliath Pivi Togba devant un tribunal, les familles des victimes doivent saisir les instances juridiques internationales. Qu'elles approchent alors les avocats du bled pour les aider à porter plainte. C'est fondamental pour le respect des droits de la vie humaine en Guinée.
Dans le même registre, les bidasses qui ont exterminé les manifestants de janvier et février 2007, doivent répondre de leur crime devant une justice. Çà ne doit pas rester impuni, mec !
Oyez ! Oyez ! Le Pharaon du CNDD déclare bataille contre les narcotrafiquants. Mais tension...Dr Thierno Madjou Sow, président de l'OGDH (Organisation Guinéenne pour la Défense des Droits de l'Homme) soutient dans les colonnes de l'hebdomadaire guinéen, L'Indépendant, que "le président Dadis s'est mué en procureur" dans cette affaire là. Il dit qu'"Il ne faudrait pas qu'on oriente la justice." C'est à dire tous ceux qui sont épris de justice et d'équité souhaitent que le Pharaon du CNDD transfère les dossiers des incriminés à la justice et que celle-ci fasse son travail en toute indépendance et sans aucune pression. C'est possible.
D'autre part vous mentionnez qu'"Il n'y a pas lieu de débattre avec ceux pour lesquels, il n'existerait qu'un seul individu. Cette sorte de super homme, doublé d'une telle intelligence hyper surdimensionnée, et qui disposerait, lui seul, (de ?) la capacité de transformer la Guinée."
Dites ? Qui a osé porter une telle surestimation politique "nuisible" sur quel individu ?
En ce qui concerne la position partisane de votre contradicteur, il a la ferme foi que Sidya Touré, dont il est question en sous-entendu dans vos maux, s'il est porté au pouvoir à l'issue d'élections libres, transparentes, démocratiques et plurielles, serait capable d'apporter de véritables changements dans les différents secteurs de la vie au bled.
Relisez avec le bout de la lorgnette, les papotages de ce "vigile dans ou devant des immeubles en France", concernant Sidya Touré.
A rebours de vos insinuations, nulle part l'on ne compare Sidya à un magicien politique ou à un thaumaturge. La position politique partisane de l'ex journaleux à Cona-cris, se dégage en comparaison aux aspirants actuels à la magistrature suprême.
Et l'on ne verse pas dans la vantardise, en griffant que le leader de l'UFR est le plus apte dans ce lot, à émanciper l'économie guinéenne et permettre par ricochet, l'épanouissement du pays.
Sidya est le produit de la bonne école du développement. L'équité et la justice sociale comptent beaucoup à ses yeux et dans sa tête. Le bavardage ethnocentrique l'horripile. Il croit foncièrement que pour développer la Guinée, il faut absolutiser l'apport de chaque Guinéen et de tous.
L'on n'est pas pour autant son "gnarimakha" ou son laveur de chat, encore moins son serf. Paraît d'ailleurs que çà le dégoûte. Il n'en a pas besoin parce qu'il est suffisamment outillé pour se défendre.
N'empêche ! l'on claironne que son ambition politique pour la Guinée se fonde sur le développement pour tous, et l'épanouissement pour chacun, sur des bases saines et durables.
Par contre, son défaut caché ne saurait plaire à tout le monde : valoriser la compétence pour développer le pays. S'il est élu à l'issue d'élections démocratiques, peut-être, réussira-t-il mieux que Sarkozy qui fanfaronnait alors le 12 juillet 2007 : "Il est nécessaire de sortir de la République des connivences pour rentrer dans la République des compétences." Autrement décortiqué: sans l'assise d'une République des compétences, le patelin ne se taillera jamais une place méritée dans le concert des nations émancipées et développées.
Conscient de cette réalité, l'on est en droit de s'inquiéter que Moïse Dadis Camara ne prenne en otage le pays, à travers des actions sporadiques, pour berner les populations guinéennes et refuser de jouer clairement pour une transition démocratique.
Le Pharaon du CNDD avait demandé que les forces vives de la nation lui proposent un chronogramme politique de transition. Chaque parti politique a justement fignolé son chronogramme. Idem pour les syndicats et les autres membres de la société civile. Bien sûr, qu'ils n'accordent pas leurs violons dans ces chronogrammes, parce que tout simplement, ils ne perçoivent pas les choses de la même façon. En fait, ils ne défendent pas le même intérêt politique. C'est humain et politique, dira-t-on.
Il y a les malins qui se battent bec et ongles pour souper dans la marmite parlementaire avant les présidentielles. Il y a les "patriotes" qui ferraillent pour l'organisation primordiale des présidentielles avant toute autre mamaya. Il y a les gogos qui pensent qu'il faut plutôt coupler les présidentielles et les législatives. Quand on sait qu'il est question d'un référendum sur la constitution, à proposer aux populations guinéennes avant toute farce électorale, l'on ne voit pas comment le CENI pourrait, avec un tel calendrier électoral surchargé, façonner des cartons, le s distribuer et organiser des présidentielles en décembre 2009 ?
C'est les populaces guinéennes qui vont être transformées en une grande machine à élections. Voter jusqu'à ne même pas savoir on vote quoi au juste. Ambiance garantie à la clé !
Mais le grand gagnant dans ces apories politiques, sera incontestablement le Pharaon du CNDD. Il va très malignement renvoyer les présidentielles aux calendes grecques.
Les forces vives, qui se retrouveront le mercredi le 11 mars pour papoter entre elles, ne vont probablement pas tomber dans cette nasse du Pharaon du CNDD. En tout cas, il serait dangereux de fortifier le Pharaon du CNDD dans son pouvoir à tout régenter. Ce n'est pas parce qu'on est contre sa personne physique. Non ! C'est parce qu'il est incapable de développer économiquement la Guinée. Il n'a pas les ressources intellectuelles nécessaires et les compétences pour redresser la Guinée.
Le développement ne se fait pas avec des harcèlements, des m'as-tu-vu à la télé ou avec des langages guerriers. S'il veut sortir par la grande porte de l'histoire politique du pays, dites-lui de ne pas transiger dans la volonté de rendre le pouvoir à un civil, qui pourrait être démocratiquement élu en décembre 2009. Il ne faut pas le leurrer à s'agripper au pouvoir.
Didon ! l'on n'est pas du tout convaincu d'une prétendue illumination actuelle dans le ciel de Guinée, de l'apparition de "la fierté d'être Guinéen", du façonnage enfin d'un "discours de vérité et de sa mise en pratique sans passerelle, du "patriotisme de l'homme au pouvoir" et "le respect des droits du citoyen".
Arrêtez ce brouhaha d'idées et de formules politiques qui rappellent l'ère sékoutouréenne, servant uniquement à gargariser l'ignorance crasse. Avec tous ces bidasses qui brandissent des armes meurtrières et qui paradent dans le pays, l'on vit incontestablement la peur dans le ventre. Car la vérité est que la sève nourricière de la criminalité est l'armée guinéenne. On refuse de soutenir le tape-à-l'oeil politique du CNDD.
L'on milite plutôt pour un véritable développement palpable et visuel de la Guinée. Pour ce faire, que le Pharaon du CNDD commande vite l'organisation des présidentielles et se retire, sous ses dehors de bravache et de dur à cuir, au camp Alpha Yaya. Cet acte pourrait alors certainement, être perçu comme un "patriotisme" de sa part. Agnon !
Benn Pepito pour www.guineeactu.com
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