samedi 4 septembre 2010
Guinée: Création de la Banque Internationale de Développement et de la Construction de la Guinée (BIDCG) 2e partie
Amadou Saikou Diallo

Sortir la Guinée du marasme actuel nécessite de la part des Guinéens l’esprit d’ingéniosité et d’innovation. Il faut transcender les démarches traditionnelles et les veilles habitudes qui ont conduit au naufrage national. Pour assurer le financement de son développement, la Guinée doit trouver des stratégies pour unir la générosité de la communauté internationale aux ressources internes. D’où la nécessité de définir un cadre rationnel de financement du développement national par l’établissement d’une Banque Internationale de Développement et de la Construction de la Guinée en vue de collecter les fonds nécessaires pour le financement de projets d’intérêt collectif (équipements collectifs, logements sociaux) mais aussi pour accorder des prêts à plus ou moins long terme aux agriculteurs, commerçants, industriels, collectivités territoriales, etc. Une telle entreprise doit trouver les juxtapositions entre l’intérêt de la société et l’efficacité économique et sociale des projets retenus. C’est pourquoi, la Banque Internationale de Développement et de la Construction de la Guinée doit mobiliser les capitaux publics et privés en vue de joindre les objectifs globaux de développement aux impératifs spécifiques des acteurs économiques. L’économie nationale doit être financée. Pour cela, il faut inventer des mécanismes innovants.

Le développement est un processus complexe et compliqué exigeant des investissements massifs de fonds. Dans cette optique, et au regard des missions de la BIDCG, l’État doit participer au capital de l’institution. À ce titre, la Banque Centrale de la Guinée peut, au nom de l’État guinéen, être actionnaire de la BIDCG. La BIDCG est un consortium mobilisant des fonds publics et privés. Les institutions multilatérales spécialisées dans le financement du développement : Banque Mondiale et Banques étrangères participeront à la constitution du capital social de la BIDCG. Des agences bilatérales et multilatérales de développement peuvent apporter des fonds dans le cadre du financement des projets de la Banque. Les fonds éthiques, le mécénat et les fondations, dans le cadre des projets spécifiques, seront appelés ou sollicités afin de trouver des fonds additionnels pour pérenniser les actions de la Banque.

La Banque Internationale de Développement et de Construction de la Guinée est une société anonyme dirigée soit par un Conseil d’Administration ou un Directoire avec Conseil de Surveillance dotée d’une totale autonomie de gestion. Les institutions financières internationales qui prennent participation au capital de la BIDCG siègeront au Conseil d’Administration. Cette Banque qui sera gérée à l’abri des turpitudes politiques guinéennes. Le Président-Directeur Général sera un Guinéen compétent et expérimenté.

La BIDCG aura une structure organisationnelle, transparente, sérieuse et efficace au même titre que les grandes banques étrangères. Elle sera certifiée ISO (International Standard Organisation), appliquant ainsi les principes de management par la qualité. Elle sera auditée chaque année. Les conditions d’accord de crédit seront transparentes et réglementées. Le risque de crédit sera géré de façon efficace. Tous les prêts accordés seront couverts par un mécanisme d’assurance contre le risque de défaut de l’emprunteur (incapacité de rembourser, ne pas payer ses annuités à temps).

La BIDCG entend dépasser la vision traditionnelle actuelle de la fonction de banque pour inscrire ses actions dans un cadre résolument tourner vers le financement des activités de développement économique et social. La Banque Internationale de Développement de la Guinée sera une banque de crédit, une banque d’investissement et de promotion de développement économique et social. Dans ce sens, elle sera impliquée en totalité ou en partie des sociétés de construction de route (système de péage), des sociétés immobilières (logements sociaux, bureaux pour entreprises), Compagnies maritimes , etc.

La Banque Internationale de Développement et de la Reconstruction de la Guinée aura un portefeuille d’actifs diversifiés diminuant ainsi son risque d’investissement tout en satisfaisant les besoins collectifs.


Instauration du Grand Emprunt National

L’importance du grand emprunt national en direction principalement de la diaspora, et pas uniquement, vise à utiliser la force de la diaspora guinéenne dont les dirigeants n’ont suffisamment pas conscience. L’idée de Bons de développement est la meilleure façon de capter une partie de l’épargne des Guinéens. Il ne s’agit pas de donner mais de prêter pour une durée bien déterminée. Israël ne pouvant pas lever des fonds sur les marchés financiers a eu recours à l’argent de sa diaspora via des bons d’État. L’Inde fit pareil. Des moyens incitatifs (Vote des Guinéens à l’étranger via leur ambassade, rétention d’un mois de salaire si c’est nécessaire pour souscrire l’emprunt pour le président de la République, PM, ministres, parlementaires, DG, etc.), la mise en avant du patriotisme guinéen, le désir de vivre ensemble feront à coup sûr le succès de ce Grand Emprunt. Une fois que le fonds placé dans l’opération du Grand Emprunt arrive à maturité, chaque souscripteur aura la possibilité soit de retirer son argent soit de devenir copropriétaire des entreprises appartenant à la Banque en acquérant des actions à prix préférentiel pour le montant équivalent aux bons souscrits.


Une Alliance avec les Banques Multilatérales de Développement

La Banque Internationale de Développement et de la Reconstruction de la Guinée sera un consortium, ce qui implique la participation d’autres institutions à son capital comme la BID, la BAD,  le secteur privé guinéen, Banque Mondiale, les fonds multilatéraux d’appui au développement et les agences bilatérales de développement, etc. Les fonds éthiques seront vivement recherchés pour le financement des projets sociaux. Les fonds étrangers destinés à la protection de l’environnement seront activement recherchés dans le cadre du financement des projets environnementaux.


Des garanties pour les souscripteurs au Grand Emprunt

Les déposants et souscripteurs seront garantis par la solidité du consortium (partenariat public/privé/institutions internationales) mais aussi par le sérieux et la transparence de la structure organisationnelle de la Banque. Le principe de management par la qualité sera scrupuleusement respecté et la Banque sera auditée annuellement. De même, sa structure de management par un Directoire avec Conseil de Surveillance est autant de gage de garantie aux souscripteurs.

Mais je dois vous préciser que la réussite de cette Bank, présuppose la mise en place en Guinée d’un cadre juridique, institutionnelle et réglementaire garantissant la propriété privé, favorisant l’activité économique et attirant des capitaux privés étrangers et nationaux.

 
Amadou Saikou Diallo, Washington


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mory Sylla, jeudi 9 septembre 2010
Si j`ai bien compris,vous etes toujours au stade de projet? Si non,ou se trouve le siege social de cette bank? quelle est le taux de capitalisation? Quels types de projets etes vous prets a financer? A quels taux d`interets? Il faut rendre toutes ces informations publiques pour que nous engagions en connaissance de cause.Merci

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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