|
La Côte d’Ivoire a confirmé sa suprématie sur la Guinée ce dimanche à Conakry en s’imposant sur le Syli National 2 buts à 1, dans le cadre de la deuxième journée du troisième tour des éliminatoires combinées CAN/Coupe du Monde.
Au-delà de l’orgueil patriotique, peu de supporteurs se faisaient des illusions sur une éventuelle victoire du Syli National sur les Eléphants de Côte d’Ivoire. Au contraire, chacun redoutait une humiliation comme celle subie au Ghana en 2008.
Pourtant cet après-midi, toutes les conditions étaient réunies afin que le Syli pour obtienne un bon résultat : temps clément, ciel bleu et public sorti nombreux pour le soutenir. Mais ces facteurs n’ont pas suffit pour arrêter la machine ivoirienne capable d’écraser quiconque qui se mettrait sur son chemin vers le mondial.
Deux contre-attaques ivoiriennes ont suffit pour venir à bout des hommes de Nouzaret qui avaient le dessein de prendre leur revanche.
Après un jeu égal et équilibré durant les 40 minutes de la première mi-temps, survint un contre favorable est développé sur le coté droit du camp ivoirien, permet à Baki Koné de l’Olympique de Marseille de se présenter seul devant le portier guinéen, Kémo Camara. Il ne pouvait plus qu’ouvrir le score. C’était à la 45e minute ! Deux minutes, plus tard, l’arbitre conduit les 22 protagonistes dans les vestiaires pour la pause.
A la reprise, les Guinéens prennent d’assaut le camp ivoirien et obtiennent l’égalisation à la 61e minute par Sambegou Bangoura. Ce but égalisateur revigore les coéquipiers de Feindouno et tout le monde pensait désormais que le miracle allait se produire. Tous les joueurs guinéens prennent d’assaut le camp ivoirien. Ils attaquent et font le pressing à la recherche du but de la victoire. Cette tactique dégarnit complètement l’arrière-garde en oubliant les Eléphants, pétris d’expérience, qui procèdent souvent par des contres pour dominer leur sujet.
C’est ainsi que les poulains de l’entraîneur franco bosniaque, Holilhodzic, ont développé, comme ils savent le faire, leur deuxième contre-attaque sur le côté gauche et N’Dri Romaric (Séville, Espagne) trompe le «goal keeper» guinéen à la 70e minute. Au score de 2 à 1, la cause était désormais entendue. Et c’est sur ce score, en dépit d’une légère domination guinéenne, que l’arbitre égyptien a sifflé la fin de la part.On pouvait lire sur le tableau d’affichage : Côte d’Ivoire 2, Guinée 1.
Comme la Côte D’Ivoire, le Burkina a fait le plein (les 6 points possibles) dans le groupe E grâce à sa seconde victoire consécutive obtenue samedi en déplacement à Blantyre face au Malawi (0-1). Ce succès, faisant suite à celui obtenu aux dépens de la Guinée (4-2) lors de la première journée, place les Etalons du Burkina à la tête du groupe E en compagnie des Eléphants de Côte D’Ivoire.
Sauf surprise, la qualification pour l’Afrique du Sud 2010 se jouera entre la Côte d’Ivoire et le Burkina dans leur double confrontation à Ouaga, le 21 juin et à Abidjan, le 10 octobre 2009, avec un léger avantage aux Eléphants.
Guinéens et Malawites n’ont plus, désormais, qu’à se battre en vue d’une place pour l’Angola 2010.
Autant dire que malgré cette deuxième défaite en deux sorties, la qualification du Syli pour la Coupe d’Afrique n’est pas encore compromise. Il suffit de prendre les 3 points de la rencontre contre le Malawi, le 21 juin prochain, battre le Burkina, le 6 septembre lors de la quatrième journée à domicile, et aller glaner des points au Malawi, le 10 octobre avant de se présenter devant le rouleau compresseur ivoirien à Abidjan, le 15 novembre prochain.
Après une telle défaite, au lieu de chercher des boucs émissaires, en accusant le gouvernement, le ministère, la fédération ou les joueurs, le bon sens voudrait que l’on prenne un peu de recul pour réfléchir sur le pourquoi, puis trouver des solutions qui permettront à la Guinée d’avoir une équipe compétitive.
C’est pourquoi, ni l’équipe, ni les responsables guinéens ne doivent céder au découragement. Les joueurs doivent faire l’autocritique, se comporter en véritables professionnels et respecter les règles disciplinaires de l’entraîneur pendant les retraites. Et comme l’a dit le Président Dadis, d’accepter de mouiller le maillot pour la patrie avec ou sans prime de match.
Quant à Robert Nouzaret, il lui appartiendra désormais de colmater les brèches en revoyant sa copie et trouvant une combinaison qui pourra tenir la dragée haute aux adversaires des prochaines rencontres. Pour cela, il doit tirer les leçons de ces défaites consécutives, remettre les joueurs en confiance et détecter toutes les erreurs techniques et tactiques. La défaite de ce dimanche n’est que le résultat d’une erreur tactique. Sinon sur le plan du jeu, le Syli a fait étalage d’un beau football et dominait même par endroit.
A l’issue de cette défaite qui n’honore personne, les autorités guinéennes doivent investir sans compter et chercher des investisseurs privés ou publics pour assurer le développement du sport en général et le football en particulier, car personne n’ignore que le football de haut niveau exige des structures solides, des infrastructures adéquates, des supports matériels, des ressources humaines et des financements indispensables à la formation des jeunes.
Désormais, les réalisations dans le domaine du sport deviennent plus qu’une obligation, une nécessité. A savoir, la construction des centres de formation des jeunes, des écoles de football et des stades modernes dans les grandes villes du pays et le développement des voies de communication (routes, aéroports, chemin de fer…) entre les villes pour assurer l’organisation d’un véritable championnat afin d’avoir une équipe locale et compétitive. Cela nous permettra d’être à l’abri des caprices de ces professionnels. Aussi envoyer les anciennes gloires du football guinéen à l’étranger pour des stages de formation afin qu’ils puissent dans l’avenir diriger les écoles de football du pays et entraîner nos différentes équipes nationales au lieu de payer les expatriés à des centaines de milliers de dollars qui ne font rien de sorcier.
C’est pour toutes ces raisons que le nouveau ministre des Sports et de l’Emploi des Jeunes, Fodéba Isto Kéira, après sa nomination est entrain de se battre pour redynamiser le sport guinéen. Pour cela, des études sont en cours pour la réintroduction de l’éducation physique et de l’athlétisme dans les écoles, la reprise des tournois universitaires et scolaires, la mise en place des centres de formation des jeunes et des écoles de football, l’organisation d’un véritable championnat interclubs et l’organisation d’une vraie coupe nationale.
A n’en pas douter, avec le tandem Isto Kéira et Aboubacar Titi Camara, l’actuel directeur technique national, l’espoir est permis. Seulement il y a lieu de comprendre, qu’il n’est pas facile de balayer les structures, les mentalités et les habitudes qui existent depuis plusieurs dizaines d’années d’un revers de la main. Il va falloir patienter et donner du temps au nouveau ministre des Sports qui a plus d’un tour dans son sac pour sauver le sport en général et le football guinéen en particulier.
Bangaly Condé « Malbanga »
Pour www.guineeactu.com
|