vendredi 26 septembre 2008
Guinée : Ahmed Tidiane Souaré, sera-t-il le démon par lequel le pire va y arriver ?
Mamadou Diallo

On dit « qu’un enfant est excusable de craindre l’obscurité mais ce qui est inexcusable, c’est pour  un adulte de craindre la lumière ».

Bientôt 24 mois, après les tragédies meurtrières qui ont secoué la Guinée, suite aux revendications légitimes des Guinéens pour une meilleure gouvernance, le pays, au lieu de se diriger vers le changement positif aspiré par tous les citoyens, est en train de plonger à nouveau dans le chaos et l’anarchie.

Aujourd’hui, la Guinée, après 49 ans d’indépendance, fait marche arrière à grandes enjambée, et revient pleinement dans cette époque noire du PDG où l’on interdit les rassemblements des citoyens en contradiction avec la « Charte des Nations Unies sur les droit de l’Homme et des Peuples ».

Après plus de 3 mois à la tête du pays, le Premier Ministre Ahmed Tidiane Souaré, a totalement échoué. Les choses ne se sont guère améliorées mais se compliquent d’avantage.

Après les 100 jours de bilan à la tête d’un gouvernement éléphantesque, il ne règne que la confusion,  la violation des principes fondamentaux et constitutionnels de l’État de droit, la mauvaise gouvernance, et maintenant la violation impunie des droits fondamentaux de la personne, ainsi que la culture de l’impunité et la surdité aux appels au bon sens par les Guinéens encore lucides.

En Guinée aujourd’hui, une personne a plus de chance d’être jugée et mise en prison si elle vole un œuf que si elle vole un bœuf, ou si elle tue une autre personne ou vole des millions de Francs Guinéens. Les prédateurs des deniers publics ne sont pas inquiétés et sont récompensés pour leurs forfaits.

Comme le dit bien Albert Einstein : « La vie, c’est comme une bicyclette. Il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre et tomber ». Et comme sous le règne de Lansana Conté, la Guinée n’avance guère, ce qui est certain, ce que le pays perdra son équilibre et va tomber. Ce n’est qu’une question de date.

C’est le moment opportun pour les Guinéens de se départir de cette amnésie collective pour se concentrer sur les causes des maux qui ont miné et rongent le pays, et qui risquent de le plonger dans une instabilité vectorielle et exponentielle aux conséquences imprévisibles.

Les Guinéens n’ont-ils rien du tout appris des 49 ans d’indépendance?

Les ravitaillements de riz seront–ils la solution aux problèmes de corruption, de famine, de népotisme, et la misère qui torturent l’ensemble du pays ?

Pourtant, on nous fait apprendre que « L’expérience est un professeur cruel car elle vous fait passer l’examen, avant de vous expliquer la leçon ».

Pourquoi en Guinée, le peuple a passé l’examen, mais la leçon n’a jamais été expliquée, donc non comprise pour tirer les conclusions qui s’imposent ?

Tout peuple qui fait dos à son histoire est passible de répéter les mêmes erreurs. L’importation de riz qui, loin d’être une solution à la famine qui déchire le pays, est avant tout une honte nationale dans un pays qui regorge d’immenses potentialités agro-pastorales.

Que faut-il aux Guinéens pour reconnaître, voir les signaux rouges, les sons de cloches que le pays est en train de glisser irréversiblement vers l’abîme ?

Les prodromes d’une nation mal dirigée en faillite et qui plonge dans l’anarchie sont l’inflation monétaire, le second est la guerre.

Les deux apportent une prospérité temporaire à la classe au pouvoir mais engendrent une destruction indélébile, et les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques.

La Guinée est malade, très malade et se traîne par terre. Le pays est en mal, il va très mal, et la situation économique et sociale ne cesse de se détériorer avec la morosité du climat politique et les tensions ethniques palpables.

L’administration est devenu un club de gangsters, d’hommes sans foi ni loi qui plongent le pays dans une paupérisation exponentielle.

Il faut que les Guinéens se mobilisent pour arrêter le glissement en profondeur dans la dictature car « Le drame de toutes les dictatures, c’est qu’elles donnent la licence aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux gens malhonnêtes d’aller jusqu’au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté ». Attirés par les miettes de la mangeoire Conté – Souaré – Keira, les cadres Guinéens ont perdu tout sens de l'analyse tant soit peu objective de ce qui se passe en Guinée et de ses fondements. C’est ce que le pays a connu et vécu en 49 ans.

Certains prétendent faussement aimer la Guinée mais ne comprennent pas que le fait de détenir le pouvoir rien que pour le pouvoir n’avance guère le pays. Exercer une parcelle de pouvoir à quelque niveau que ce soit implique l’obligation de résultat. Seuls les aveugles, laudateurs et autres fanatiques applaudisseurs sont incapables de faire le constat de l’échec des 24 ans de pouvoir prédato-sanguinaire de Lansana Conté.

Va-t-il continuer sur le même chemin ?

Gouverner sans principe, c’est comme consulter sa montre après l’avoir réglée à n’importe quelle heure. Sans un constat fait sans complaisance des 49 années d’agonie et une analyse profonde de la situation sociopolitique et économique du pays au travers du prisme d’une idéologie et d’une doctrine guidées par le patriotisme, la Guinée, inévitablement est en train de sombrer dans le chaos. Tout le reste n’est que du cinéma.

Il y a aujourd’hui, une urgence de couper le cordon ombilical avec les mêmes pratiques du passé, pratiques qui ont verrouillé le pays à l’âge de la pierre taillée et qui a plongé les Guinéens dans un appauvrissement anthropophagique. Il faut arrêter cette dérive gouvernementale au risque de payer très cher plus tard.

Le plus grand outrage que l’on puisse faire à un gourmand, c’est de l’interrompre dans l’exercice de ses mâchoires. C’est la seule voie pour sauver le pays de ce naufrage fatal. Il faut mettre une fin à ce mode de gouvernance par népotisme, copinage et affinités, qui constituent des excellents engrais politiques pour la corruption et la dictature.

Pour un changement positif en Guinée, il faut une révolution de mentalités pour que les Guinéens commencent à exiger et à demander des comptes à leurs dirigeants et qu’ils cessent de juger le gouvernement aux simples slogans lancés pour la consommation nationale et internationale. Ces slogans ne sont que de la masturbation intellectuelle et du divertissement. Un point, un trait.

Le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré, offre l’image d’un gouvernement avec un bras long et un bras court :

v  Le long bras sert à prendre et arrive partout,

v  Le bras court sert à donner, mais il n’atteint que les plus proches.

Plus de 4 mois après la nomination Tidiane Souaré à la tête d’un gouvernement de « large pourriture », on a l'impression que les démons s'acharnent contre la Guinée. Malgré toutes les perfusions et toutes les transfusions (aides économiques, subventions, dons, etc.…) qui sont allouées au pays, l'état de l’économie n'a jamais été aussi médiocre et aussi moins rassurant, et la division du pays ne fait que s’agrandir au risque d’être une rupture éternelle.

Au lieu de progresser, la Guinée n'a fait que régresser, faisant planer l’incertitude, accentuant les craintes dans un pays déjà exsangue. Avec les ressources minières de premier plan en Afrique, un sol riche et fertile pour l’agriculture et l’élevage, la Guinée devrait être un pays de prouesses et non un pays de mendicité qui attend des promesses et de la charité.

Pourquoi la Guinée attend-elle toujours des promesses et le secours des autres ?

Comment comprendre qu’un pays aussi riche que la Guinée ne trouve pas les ressources nécessaires pour son développement au point d’avoir pour projet de développement qui repose sur la mendicité, la politique de la main toujours tendue demandant de l’aide ?

Honte à cette Guinée de « Mandjalladji » mendiante !

Les Guinéens, particulièrement les jeunes doivent comprendre que leur avenir se trouve entre leurs mains et non entre les mâchoires de cette racaille de brigands avec en tête le trio Lansana Conté - Ahmed Tidiane Souaré - Alpha Ibrahima Keira, qui volontairement asphyxient les Guinéens. Il est grand temps de continuer les efforts pour le changement et mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il (le changement) ne prenne les jeunes par la gorge.

Aujourd’hui, se mobiliser pour le bouter dehors par tous les moyens Lansana Conté et ses laquais, est une cause noble et juste pour l’intérêt supérieur de la nation guinéenne. Il faut mettre une croix définitive à ce théâtre de violence à répétition, de mensonge et de la roublardise, et mettre fin à ce despotisme aveugle et abscons en Guinée.

Le destin d’un individu n’est pas une question de chance, mais de choix. On ne doit pas l’attendre, mais plutôt l’accomplir. Cette jeunesse guinéenne, aujourd’hui abandonnée et humiliée, doit être artisane et non spectatrice de son destin : « Qui ne veut pas ou ne fait pas quand il peut, ne pourra pas quand il le voudra ».

Il faut s’attaquer à l’ignorance car elle est la mère nourricière de toute dictature. Englouti dans l’ignorance, l’homme est incapable de raisonnement et de bon choix alors que l’homme doit avoir le pouvoir et les facultés de choisir. C’est en cela que réside sa force : le pouvoir de ses décisions.

Donc les jeunes doivent choisir entre la résignation et la fatalité d’un côté et l’action et la prise en charge de son destin de l’autre.

Ne laissez pas les autres vous dicter ou choisir à votre place votre avenir. Il faut sortir de l’obscurantisme de cette vieille caustique et corrosive classe politique qui a déjà fait ses preuves d’incompétences.

On dit « qu’un enfant est excusable de craindre l’obscurité mais ce qui est inexcusable, c’es tpour un adulte de craindre la lumière ».

Il faut que les politiciens et tous ceux qui ont la charge de faire des bonnes décisions pour l’intérêt supérieur du pays, se ressaisissent car la vie n’est pas éternelle.

Tôt or tard chacun laissera un héritage, un bilan, un long chemin d’actes, d’accomplissements, de non-accomplissements et de comportement honorables ou déshonorants, que les survivants vont décortiquer et juger.

L’homme n’est utile que par son apport à l’épanouissement de son prochain : « Souviens-toi qu’au moment de ta naissance tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs (les cris de naissance, signe de vie). Il faut donc vivre de façon utile à son peuple, vivre de manière qu’au moment de la mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie (au regard du bilan accompli) ».

Faut-il le rappeler que l'histoire est souvent sévère avec cette race de voleurs des deniers publics. Pour l'heure, vous êtes à la mangeoire, partagez-vous le gâteau, régalez-vous, mangez encore bien les ressources du pays, mais un jour viendra, ce sera seulement piment que vous allez manger et vous allez vomir ce que avez par gourmandise ou boulimie avalé sans même mâcher.

Aux vrais patriotes du pays, c'est dans les moments d'incertitude, de désarroi, de troubles comme ceux dont vivent les Guinéens aujourd'hui, que les peuples ont besoin d'icônes, c'est-à-dire de leaders proactifs et actifs de la classe de Nelson Mandela (Afrique du Sud), Amadou Toumany Touré (Mali), Jerry Rawling (Ghana), Colonel Ely Ould Mohamed Vall (Mauritanie), Général Abdulsalami Abubakar (Nigeria), etc.… .

Il faut faire savoir à ces oligarchiques et prédateurs économiques que les choses doivent changer de gré ou de force. Rien n’arrêtera ce vent de changement.

Que Dieu bénisse et guide les Guinéens sur le chemin du changement.

Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum

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NB : Dans la guerre de l’information pour le réveil des consciences et la prise en charge du citoyen de son propre destin, prière de faire lire cet article à au moins dix (10) citoyens guinéens. Vous aurez participé de façon positive dans le combat du changement.

Que le bon Dieu vous récompense pour ce geste !

Amen !

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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