lundi 27 octobre 2008
Guinée : à propos de « rôle de l'élite guinéenne dans la situation actuelle de la Guinée » (par Kadiatou Diallo, économiste du développement)
Ansoumane Doré

J'avais déjà adressé à Kadiatou Diallo, quelques remarques rapides. Mais l'intérêt du sujet me suggère qu'il est opportun de porter à la connaissance d'un plus grand nombre de nos compatriotes, les observations qui vont suivre.

Le thème que présente Kadiatou est important à plus d'un titre dans le développement d'un pays, comme la Guinée. J'ajoute que mes observations ne doivent pas être prises pour des critiques mais des compléments au texte de Kadiatou.

La question posée aurait dû être de première préoccupation pour les dirigeants guinéens dans la construction de la jeune nation. Mais depuis que, ce que l'on aurait pu appeler l'élite ou les élites naissantes de la Guinée du début de l'indépendance, a été étouffée puis partiellement assassinée par la dictature féroce et sauvage de Sékou Touré, puis encore domestiquée à son tour par Lansana Conté; depuis ce temps donc, il n'y a plus eu d'élite au sens courant du terme, géographiquement localisée dans le pays.

A la délectation d'ailleurs de ceux qui avaient été nourris au nectar de la philosophie du PDG. L'idée centrale de celle-ci était que « Le révolutionnaire est apte à toutes les tâches que la Révolution lui assigne », quel que soit son niveau de formation. Ce principe de base de la Révolution du PDG va, de façon indélébile, marquer bien des Guinéens au cours de ces cinquante dernières années. Et c'est l'une des explications qui motivent l'attitude mentale de ceux qui se croient capables de diriger des ministères et des grands services techniques de l'Etat et qui y accèdent avec les interventions de toutes natures : parentales, maraboutiques, fétichistes etc. Il faut donc être naïf pour répéter que rien ne marche dans l'Etat guinéen.

Sans aller chercher de savantes définitions de l'élite ou des élites (les deux formulations existent), on peut dire que dans toutes les sociétés modernes, « l'élite est la fleur d'une société; de même que la fleur se dresse sur la tige, l'élite entend dépasser le niveau du sol ».

Il semblerait que l'utilisation du pluriel « les élites » revêt une connotation négative, car la qualité de l'élite qui entend dépasser le niveau du sol, pour plus de qualité pour tous, se transforme en domination de catégories sociales sur  d'autres.

Dans toute société moderne où elle existe, l'élite est vue comme le modèle de l'humain à suivre et a fini par désigner l'occupation de statut enviable. C'est la sociologie contemporaine qui a élaboré le syntagme « élites » (au pluriel) pour désigner les divers groupes dirigeants ou dominants, exerçant des pouvoirs sur la société. C'est en cela que l'analyse marxiste postulait que l'Etat ne peut pas être un arbitre, mais qu'il est un moyen de domination politique entre les mains des détenteurs du pouvoir économique.

L'analyse sociologique qui a introduit la notion d'élites (au pluriel) est arrivée à élaborer une typologie des élites dans les sociétés contemporaines. Je ne ferai que les citer sans plus de  détails : les élites entrepreneuriales sont les décideurs dans l'entreprise; les élites administratives qui entretiennent la continuité d'une organisation administrative dans un pays ;les élites intellectuelles constituées d'écrivains , d'enseignants du secondaire et du supérieur, de médecins, d'ingénieurs, d'architectes etc., les élites traditionnelles : notables de référence, religieux qui servent de « codes » dans des situations de la société.

Dans l'article de Kadiatou, il s'agit sans nul doute de l'élite du pouvoir, c'est-à-dire l'élite perçue au niveau de la construction et du développement d'un jeune Etat. Cette approche me semble correcte dans l'exemple guinéen. A ce niveau, je crois que l'élite que présente  Kadiatou est constituée par l'ensemble des meilleurs éléments de la communauté guinéenne. Meilleurs voulant signifier dans ce contexte précis, d'éléments susceptibles de constituer des vecteurs de progrès économiques et sociaux pour toute la société guinéenne. Comme il est indiqué ci-dessus, cet ensemble de meilleurs éléments existe dans toutes les sociétés.

Malgré l'évolution « déviationniste »de certaines élites qui a conduit à une appréciation négative du qualificatif « élitiste », les vraies élites, surtout dans les pays en construction, doivent avoir une conscience de leur rôle de moteurs dans la société.

Kadiatou, le dit d'ailleurs dans la taxinomie de l'élite guinéenne qu'elle dresse. Mais je sens que des trois catégories qu'elle retient (Elites 1, 2, 3), aucune ne joue vraiment un rôle d'élite ayant eu un quelconque impact positif sur la société guinéenne.

A.    le type I, composé du plus grand nombre, indifférent et passif ? A voir les choses de près, la schématisation n'est pas bonne. Dans cette catégorie, toutes sortes d'individus se côtoient. Plus nombreux, sont ceux qui ont fait de bonnes études mais dont les espérances dans le domaine professionnel sont demeurées parfois dérisoires. Combien se sont contentés de « petits boulots » pour survivre? Combien d'autres ont côtoyé à près de 40 ans, les restaurants universitaires et les foyers SONACOTRA ?
Ibrahima Kylé Diallo parle dans son dernier article de ceux qui traînent de chômage en RMI (revenu minimum d'insertion). Se posent donc à ce niveau, pour certains, un problème existentiel. Pour d'autres, toujours dans cette catégorie, qui ont également fait des études  de haut niveau, leur travail et une part de chance leur ont permis de devenir professeurs des collèges, lycées, universités, médecins d'établissements sanitaires publics ou privés, ingénieurs, cadres administratifs, contremaîtres etc. C'est au sujet de ceux-ci que les rumeurs les plus folles ont couru sur la Guinée, surtout sous la Première République, affirmant que les « anti-guinéens » doivent leurs situations dans l'Administration et les entreprises françaises parce qu'ils étaient anti-guinéens. On sait aujourd'hui qu'il s'agissait d'une fausse propagande. Les Guinéens qui vivent en France et qui remplissent des conditions de droit peuvent se présenter à tous les concours publics, dans un contexte de compétition rude et où la fraude est inimaginable. C'est cela l'Etat de droit.
Bref pour la catégorie 1 de l'élite guinéenne, je ne crois pas qu'il y' ait eu indifférence vis-à-vis de la Guinée. Elle est aussi victime de la paralysie  que subit l'ensemble des Guinéens. Ce que Kadiatou considère comme passivité, est mal supporté par nombre d'entre eux. Enfin, il ne faut pas oublier que parmi cette catégorie se trouvent des éclopés de l'aventure guinéenne et même d'anciens ministres et hauts fonctionnaires guinéens à l'extérieur.

B.    le type II. C'est celui, écrit Kadiatou, qui « contribue à sa façon au développement : expertises, conseils, avis  etc. etc. ». On peine à voir l'impact de cette participation au niveau du Gouvernement. Et pourtant, je suis membre de l'ACTOG (Association des Cadres et Techniciens d'Origine Guinéenne) en France, depuis sa création en 1986. L'ACTOG sous la présidence de Maligui Soumah, puis aujourd'hui sous celle d'Abou Katty, a déployé des efforts variés et dans des secteurs vitaux : enseignement, santé et d'autres. Abou Katty était encore à la réunion des Etats Généraux sur l'Enseignement, ce mot d'octobre. Qu'est-ce qui va  sortir de la participation de l'ACTOG ? Je ne me fais pas beaucoup d'illusion en sachant tout ce que l'Association a entrepris depuis 1986, sans la moindre prise en compte par les gouvernements successifs. A part les apparences, ils ont toujours préféré la médiocrité à l'efficacité. On a même constaté que s'ils se servent de certains travaux de Guinéens qui en fournissent, pour construire des dossiers pour des organismes extérieurs, jamais les dirigeants guinéens ne mentionnent quelque part les noms des vrais auteurs (surtout s'ils sont à l'extérieur). Combien de Guinéens ne se sont-ils pas reconnus dans des documents, parfois mal recopiés d'ailleurs, sans indication de sources ?
Dans ce contexte, je ne vois pas beaucoup de différence entre le type 1 et 2 d'élite. Les uns sont dits passifs, les autres pourraient paraître comme des activistes dont on ne voit pas de résultats sur le terrain.

C.   le type III : C'est l'élite qui s'est mise au service du pouvoir et lui a donné confiance en sa capacité de gouverner le pays, en lui confectionnant une  armature de lois (dont La Loi fondamentale), laissant voir ainsi qu'on se trouvait bel et bien dans un Etat de droit. Des juristes (mais il n'y a pas que des juristes dans ce type III) qui ont accompli un énorme travail et qui assistent journellement, muets comme des carpes, au foulage aux pieds de ces beaux textes juridiques et humanistes

On peut être tenté à distance, de se laisser porter par la critique. J'ai eu cette tentation mais c'est une fausse piste, si l'on manque de retenue et de réflexion. A une minorité que j'imagine petite, toute cette catégorie  d'élite ne me paraît pas corrompue. J'ai indiqué que dans les  deux catégories précédentes, il y avait de nos frères et sœurs qui vivaient chichement à l'étranger. Parmi ceux-là, je pense  que si certains avaient eu des opportunités d'emploi au pays, ils y seraient retournés. Mais d'autres n'ont pas envisagé une telle éventualité par éthique personnelle et ont préféré tirer le diable par la queue à l'extérieur, que de rentrer pour se soumettre à un régime dont ils ne partagent rien. C'est tout à leur honneur.

Sur cet aspect, il faut tout de même  admettre qu'il n'y a pas de pays où toute l'élite a foutu le camp dehors, même dans des situations de guerre. Dans ces cas, certaines élites sont demeurées sur le territoire national, soit pour organiser une résistance à l'envahisseur, soit pour se mettre à son service.

Dans la taxinomie de Kadiatou, je retiens que c'est la petite minorité de l'élite du type III, qui s'est enrichie sur le dos de l'Etat, sans état d'âme, qui doit répondre un jour de sa forfaiture. Dans le contexte d'aujourd'hui, cette minorité d'élite corrompue et méprisable, a abdiqué toute éthique, pour se comporter en mercenaires qui se sont mis au service de dirigeants ignares et sans vision d'avenir, et qui exploitent notre peuple comme des colons exploitaient des colonies d'exploitation. Cette minorité corrompue correspond tout à fait à ce qu'une certaine analyse marxiste appelait en son temps « la bourgeoisie compradore ». Il s'agissait d'autochtones qui s'alliaient au capitalisme étranger pour exploiter le peuple.

En résumé, de l'analyse de Kadiatou, je tire la conclusion que les trois catégories d'élites énumérées ne constituent pas encore des élites, eussent-elles les titres académiques les plus élevés. Les Guinéens désignés comme élites, sont dans l'ensemble des ressources humaines non allouées aux besoins de  développement de notre pays. Ils seront des élites de la Guinée, quand ils seront en prise directe avec la problématique guinéenne et la prise de décision qui s'y rapporte.

Cela suppose l'union des Guinéens pour un changement politique dans notre pays. Et alors,  ceux qu'on peut appeler aujourd'hui des cadres guinéens dispersées à travers le monde, deviendront l'élite guinéenne.

Ansoumane Doré
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
tutankhamon, jeudi 30 octobre 2008
Merci MR le doyen,grace a votre analyse approfondie du probleme guineen. nous pouvons en fin tirer conclusion du mal guineen, tout en reconnaissant les vrais acteurs de ce fiasco.
Ansoumane Doré, mercredi 29 octobre 2008
Merci,mon cher Lamarana d`avoir rappelé la rencontre de Conté et de Maligui Soumah.Maligui m`en avait parlé de vive voix à l`époque.Cette approche du pouvoir politique a été celle des des deux Présidents que la Guinée a connus au cours de ces cinquante ans:le pouvoir personnel qu`au fond on pense transmettre à sa famille.Voici deux présidents qui sont sortis de familles lambda,qui ont mené une enfance et une adolescence semblables à la plupart des jeunes Guinéens de leurs générations, qui n`avaient jamais imaginé devenir un jour des personalités particulières et qui se retrouvent sans grands moyens intellectuels et culturels à la tête d`un Etat.Les conséquences ne pouvaient être que ce que les Guinéens ont vues.C`est pourquoi pour en revenir à ce que disait Souleymane avant vous, j`ajouterai que la tentation dictatoriale a plus de chance de survenir chez ceux qui ont manqué d`éducation humaniste que ceux qui ont eu la chance d`en avoir.
Thierno A DIALLO, mercredi 29 octobre 2008
Cet article du Pr Doré nous enseigne, comme de coutume, deux choses : -Le respect de la forme, qui permet de développer une idée de façon claire et méthodique, aspect qui manque souvent à certaines contributions publiées sur le net. -La densité du fond, le sujet étant traité avec pédagogie et sans exagération, mais avec une vraie pertinence des arguments. Le tout sur un ton très mesuré, sans aucune trace d`invective. C`est pourquoi je suis absolument d`accord avec le frère qui souligne que c`est ce genre de personnalité, très au dessus des petites mesquineries, qui nous a manqué au début de notre indépendance. Il n`est pas étonnant que les guinéens de tous bords soient unanimes à son sujet, sauf certains, bien connus, dont l`opposition à cet ainé est tout à fait compréhensible : on ne peut pas plaire à tout le monde. Nous devons ainsi apprendre à respecter le droit en nous-mêmes, avant de réussir à faire de notre pays un Etat qui s`en réclame. J`invite en ce sens tous nos frères à bien lire (et relire) la production de nos différents juristes, dont l`excellent article du frère Nabbie Soumah, sur la présomption d`innocence.
Lamarana Diallo, Londres, mardi 28 octobre 2008
Bonsoir Doyen, une fois encore merci de prendre votre temps pour partager avec nous vos experiences et votre culture. Je me rappelle avoir lu dans le lynx, il y a plusieurs annees de cela, des temoignages de Mr Maligui Soumah qui ont trait a l`aspect que vous avez traite dans le type II de votre article. Dans ses temoignages, Mr Soumah a relate une rencontre qu`il avait eu avec le president Conte qui lui dit qu`il(Conte) aurait ete informe que Mr Maligui Soumah a ete prepare par la france pour venir le remplacer. Il ajoute que Conte ne s`amusait pas du tout. Dans un autre, il explique qu`on lui avait propose un poste dans l`administration Guineenne(je me rappelle plus le nom du poste)pour certainement se moquer de lui car le poste pouvait bien se contenter d`un cadre de la hierchie B alors que lui avait deja un doctorat(je crois meme plus). J`ai pense partager ces petits temoignages pour dire que nos dirigeants, en plus des difficultes que vous avez evoquees, dans certains cas, vont jusqu`a faire peser des menaces reelles sur la vie de cette elite de type II. Bien a vous.
Ansoumane Doré, mardi 28 octobre 2008
C`est tout à fait juste Souleymane et votre réaction prouve que vous êtes au stade d`un Guinéen qui ne se laissera plus manipuler.C`est vrai aussi que le pouvoir corrompt bien des homme.Est-ce que moi, j`aurais pu échapper à cette évolution si je m`étais trouvé dans les conditions d`exercice du pouvoir? Vous donner une réponse dans la condition qui est la mienne, serait facile.Je ne le fais donc pas.Mais je vous dis que pouvoir ou pas les natures profondes des hommes conditionnent parfois la suite de leur comportement humain depuis l`enfance.Puisque, je ne suis et ne souhaite plus être dans la position de ceux cherchent un pouvoir,quel qu`il soit (je suis né en 1936),je vais vous parler fraternellement et à coeur ouvert.A mon âge on peut faire ce genre de confidence sans manquer de modestie.Depuis mon temps de Lycée à Conakry(1949-1956), j`ai toujours été quelqu`un de humble, de modeste.On me l`a toujours dit et j`ai constaté que ce n`était pas faux.Au temps de Sékou Touré, j`ai eu des émissaires de famille, d`amis ou de Fria pour retourner en Guinée.Une idée m`a retenu, c`est celle de ne pas être contraint de participer à un comité de quartier pour condamner quelqu`un et bien sûr d`être moi-même victime.De ces quelques mots je sais qu`aucune flatterie n`aurait fait de moi un homme qui en aurait piétiné d`autres.De cela je suis sûr.Mais votre interrogation reste bonne pour moi.
Souleymane Diallo, mardi 28 octobre 2008
Je partage la réaction de Drahmane. Mais, en même temps, je me pose une question: si un homme équilibré et éclairé à l`image du doyen A. Doré arrivait à la tête de la Guinée, est-ce que notre tendance à déifier nos dirigeants et à leur faire croire qu`ils sont infaillibles ne le transformerait pas. Je ne sais pas si c`est le fait d`avoir été embastillés depuis 50 ans qui fait que nous sommes incapables d`être vigilants et critiques vis-à-vis de nos dirigeants. Mais continuons quand même de rêver qu`un homme comme A. Doré viendra peut-être un jour nous sauver et qu`il saura résister à la tentation de se croire infaillible. Merci.
Ansoumane Doré, mardi 28 octobre 2008
NB:Merci à tous pour les encouragements. Dans le texte, il faut lire, "On peut être tenté à ditance, de ... A part une minorité que j`imagine petite" au lieu de " A une minorité que j`imagine petite". le lecteur a dû faire de lui-même cette rectification. C`est d`ailleurs une réalité que chacun de nous peut laisser, par inattention ou autres, des coquilles ou autres imperfections que le lecteur bienveillant rectifie de lui-même avec indulgence.
Gadizy, mardi 28 octobre 2008
Doyen vous êtes une source d`inspiration intarissable.Merci pour cette nouvelle intervention.Le cas guinéen est tellement compliqué que nous avons de vos interventions instructives pour revenir sur terre.Encore merci et salutations fraternelles.
Drahmane, lundi 27 octobre 2008
Un ami m`a dit qu`au lendemain de l`indépendance,il a voulu se rendre en Guinée.Et il s`en est ouvert à un de ses amis qui venait de rentrer de conakry et qui a dit à Senghor qu`il était charmé par sékou touré.Senghor lui a dit attention:"En guinée,on eteint tout cequi brille.N`y remets plus les pieds sinon sekou va t`eteindre".Doyen Doré,c`est Dieu qui vous a protegé sinon nous n`aurions pas profité de votre sagesse.Tant que dans notre pays nous n`aurons pas des personnes equilibrés comme vous au sommet de l`Etat,nous resteront dans l`obscurité et à nous battre dans ce noir comme des aveugles.
Torodo Bah, lundi 27 octobre 2008
Merci doyen Doré, Par vos textes, les plus jeunes Guinéens apprennent tous les jours, en économie, sagesse et tant d’autres matières. Que dieu vous préserve pour qu’on puisse voir ensemble une Guinée prospère. Torodo Bah

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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