samedi 26 juillet 2008
Guillaume DIALLO : réponse à votre réaction.
Mamadou Billo SY SAVANE

Un de nos frères, Malien dit-il, s’est substitué à M. Ismaël BAH pour réagir à mon intervention. N’ayant pas précisé à quel titre ou dans quel cadre, il intervient, je suis un peu embarrassé d’avoir à répondre à notre frère « Malien ». Est-il chargé de porter la parole de son « important » Ismaël BAH ? Est-il membre ou responsable de la F.A.G.A.F. ? Si oui, devrais-je considérer que c’est à ce titre qu’il intervient ?

Il me faut pourtant donner suite à son interpellation.

1°. Il n’y a aucune inexactitude sur le thème de la rencontre. Votre communiqué très confus, laisse bien entendre que le thème principal de votre réunion, c’est la prétendue réconciliation. Aucune trace d’une quelconque festivité. J’en déduis logiquement que l’objet de votre réunion, c’est la Conciliation, les festivités n’étant qu’un simple agrément de la rencontre. Par ailleurs, j’avais pris soin de signaler le caractère confus de votre information. J’invite les internautes à relire mon texte et à y déceler la moindre inexactitude. M. Ismaël BAH, subitement devenu « Guillaume DIALLO » reconnaît l’objet de sa réunion, sans jamais oser le revendiquer. Bizarre !

2°. J’ai bien noté le délitement progressif de votre « fraternité » à mon endroit. Vous commencez par me désigner par « mon frère Billo », et à la fin, je ne suis plus que « M. Billo ». Je vous précise quand même que Billo, c’est mon deuxième prénom, et que mon nom (de famille), c’est SY SAVANE. Petites parenthèses refermées.

L’intervention de mon « frère » Guillaume DIALLO m’intrigue et m’inquiète.

Mis à part le côté avocat de M. Ismaël BAH ou de la F.A.G.A.F., je ne perçois pas très bien l’objet essentiel de son intervention. Il signale que M. Ismaël BAH a été désigné comme Médiateur lors des problèmes des Sans papiers. Mais c’est bien, s’il a pu rendre ce service à certains Africains. Il me rappelle, presque furieux, que grâce à M. BAH, certains hommes politiques français (MM. COPE, GODFRAIN,…) seraient venus à la Maison des associations dans le 12è à Paris. Je suis étonné que M. « Guillaume DIALLO » considère que la visite rendue à des associations par des hommes politiques est évènement en soi. Pourtant, je pensais naïvement qu’il n’ignorait pas que l’un des rôles d’un homme politique, c’est de prendre contact avec des électeurs, futurs ou actuels. En démocratie, la France en est une, les associations constituent aussi une réserve d’électeurs non négligeable.

De toute façon, les élus politiques, ou candidats à une élection s’intéresseront toujours aux associations, avec ou sans M. Ismaël BAH. De ces visites normales, M. « Guillaume DIALLO » veut tirer une gloire pour lui ou pour son ami qui serait à l’origine de ces prises de contact habituelles d’hommes politiques. Il m’ordonne d’être fier de son ami. Je voudrais bien être obéissant, mais il se trouve que par tempérament, je suis plus exigeant. En effet, je pense qu’il y a ici et ailleurs, des Guinéens plus consistants, plus sérieux mais moins bruyants et plus efficaces dans l’action Il m’est donc impossible de m’aligner sur la fierté facile de M. « DIALLO ».

Encore une fois, avec toutes les bonnes volontés, je ne vois pas l’objet de sa réplique. Je suis sans doute moins intelligent. Je reste donc perplexe quant aux mobiles de M. DIALLO.

Je suis plus inquiet qu’intrigué. Mon « frère » malien ne répond à aucune de mes interrogations dans le texte que j’ai fait publier. Il présente comme des personnalités éminentes, côté guinéen, MM. Aboubacar SOMPARE, Lamine SIDIME, Lansinè KOUYATE et la famille de Sékou TOURE. Je constate que mon « frère malien » n’est pas exigeant. Je reviendrai sur « la probité intellectuelle et morale » des éminences de M. Ismaël BAH.

Je n’ai rien contre le clan Sékou TOURE. Sa femme et ses enfants sont des citoyens guinéens comme tous les autres. Encore que les autres pères n’ont pas massacré, ni bestialisé leurs compatriotes. Si cette famille veut assister à une réunion concernant son pays, chaque membre s’y présente en tant que citoyen individuel, tout comme s’y présenterait le fils du pêcheur de KAPORO, la femme de l’éleveur de YIMBERING ou de la fille du cultivateur de GBAÏA. Etc..Les présenter comme des Invités qui viendraient honorer de leur présence une réunion dont l’objectif supposé est de « réconcilier » ceux dont le père et époux a brisé pour toujours la vie, n’est pas une maladresse, mais une insulte. Or, le clan Sékou TOURE tire sa fortune d’aujourd’hui de la tyrannie sanguinaire exercée hier par leur père à leur profit et contre l’immense majorité des Guinéens. Est-ce cela la voie de la réconciliation ?

MM. Lamine SIDIME et Aboubacar SOMPARE seraient donc des « éminences ». Mais éminents en quoi ?

M.SIDIME est l’exemple même de ce que la jeunesse de notre pays doit éviter de devenir sur le plan de la probité intellectuelle et morale. Après la mort de Sékou TOURE, M. Lamine SIDIME débarque à Conakry et fait une cour assidue au nouveau maître du pays, Lansana CONTE, lui-même à la recherche de juristes accommodants. Ça tombe bien. M. SIDIME enseignait le droit à DAKAR. Il est chargé de rédiger les statuts du P.U.P., et prend une part importante dans la confection de la Nouvelle Loi Fondamentale. Sur le papier, le texte n’est pas mauvais, même s’il est perfectible. En guise de récompense, lui l’avocat, est nommé président de la Cour Suprême nouvellement créée.

Or, statutairement, la Présidence de cette institution ne peut être confiée qu’à un magistrat. M.SIDIME était un des concepteurs de ce statut. Il n’a jamais été magistrat, il est avocat. La règle de droit ne correspond pas à ses intérêts à lui. Il choisit de la mettre dans sa poche. Il devient donc Président de la Cour Suprême. C’est le premier exemple de probité morale des « éminences » de M. Ismaël BAH. Deuxième exemple : En 1993, une compétition électorale présidentielle oppose M. Alpha CONDE à Lansana CONTE. M. CONDE arrive en tête selon toute vraisemblance. Mais en Haute-Guinée, dans deux circonscriptions électorales, certains de ses militants avaient probablement fraudé. M. Lamine SIDIME, président de la cour suprême, saisit ce prétexte pour valider juridiquement l’inversion des résultats qu’il a ordonnée. Les voix obtenues par M. CONDE, sont attribuées à Lansana Conté. Nouveauté juridique : les électeurs de la Haute-Guinée se sont trouvés collectivement punis, alors qu’ils n’avaient pas tous fraudé. C’est le deuxième exemple de probité morale des éminences de M. Ismaël BAH.

En guise de récompense, M. SIDIME est nommé premier ministre par Lansana CONTE en 1998, contre toute légalité. M. SIDIME est paraît-il professeur de droit. Mais la forfaiture de 1993 méritait bien un « cadeau » à la hauteur du forfait. Il participe activement à la falsification référendaire qui instituera Lansana CONTE président à vie. Pourtant, lui comme moi, nous avons appris la probité et la rigueur intellectuelles dans les universités occidentales. Redevenu président de la Cour suprême par la grâce de son bienfaiteur, peut-on l’imaginer un seul instant en train d’invalider une quelconque manœuvre frauduleuse de son employeur ?

Le drame de notre pays, c’est la prévalence des « éminences » du genre de M. Lamine SIDIME et Aboubacar SOMPARE. Si la jeunesse de notre pays suivait leur exemple, alors on peut s’attendre à un Futur calamiteux.

Ma deuxième source d’inquiétude, c’est la nature de certains des invités. Les conglomérats BOUYGUES et BOLLORE feraient partie des conciliateurs. A ma connaissance, une entreprise, quelle qu’elle soit n’a pas vocation à régler les conflits de politique intérieure d’un pays, pas même ceux de la Guinée. Une entreprise cherche des opportunités de profits, soit par des opérations commerciales, soit par des investissements productifs. Lorsqu’elle cherche à s’impliquer dans la politique intérieure d’un pays, la déchéance de ce pays n’est plus qu’une affaire de temps. Elle estime qu’il tombera bientôt dans son escarcelle.

Et M. « Guillaume DIALLO » estime qu’il y a matière à être fier de M. Ismaël BAH. J’espère que nos compatriotes sont plus exigeants et qu’ils refuseront d’assister à cet exercice d’auto-humiliation proposé par M. Guillaume DIALLO.

NB : je connais bien tous les FOUTAS de l’Afrique de l’OUEST. Je suis heureux de « découvrir » un Guillaume DIALLO.

Mamadou Billo SY SAVANE
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Lamarana Bah Allemagne, mercredi 30 juillet 2008
Mr Sy savane avec notre culture et de notre l`education des nos parents entant guineen ne nous permet pas a des propos pareil a rencontre d`une personne qu on est connaisse pas malgre que je suis nee en basse guinee avec toute les sensiblite ethnique,moi je vous demande de garde votre temperement envers une personne etrangere,si non defendre quelqu un avec ces qualite je trouve sa riducule, c est cela le probleme de l`africain il reconnais jamais la valeurs de son prochain
Ibrahima Diallo, lundi 28 juillet 2008
Mr Sy savane, vous comprenez pourquoi je dis que le probleme de la Guinée n`est pas que Conté mais beaucoup d`entre nous, particulierement ceux que nous appelons "intellectuels" ou cadres. Conté n`est qu`un symptome. Son depart ne garantira rien de viable. Pensez a beaucoup d`autres exemples a cote de Mr Sidimé qui ont servi derriere la scene le systeme.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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