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Face à la grève des travailleurs de l’usine de Fria, toutes les voies semblent être explorées pour trouver un dénouement heureux, mais en vain. Aux dernières nouvelles, aucune solution concrète n’a encore été trouvée pour la satisfaction des revendications des travailleurs et sauver la vie de l’usine.
Dès le déclenchement de la grève, dans la première quinzaine du mois d’avril, le Premier ministre chef du gouvernement Jean Marie Doré avait menacé les travailleurs qu’il accusait de vouloir perturber les activités au sein de l’usine. Et c’est dans une déclaration que le PM avait indiqué les conséquences liées à l’arrêt de fonctionnement de l’usine pour ne serait-ce qu’une période d’un mois. Mais cette déclaration du Premier ministre n’avait pas permis de calmer les esprits échauffés de Fria. C’est ainsi qu’une délégation gouvernementale s’est rendue sur place pour une médiation entre les travailleurs et la direction de l’usine. Cette délégation était composée du Ministre d’Etat chargé de la Reforme Administrative et de la Fonction Publique Mme Mariama Penda Diallo et son homologue de l’Elevage Mouctar Diallo.
Après des pourparlers sur place avec les deux parties, certains points de revendication avaient été acquis, en tout cas théoriquement. Le point portant sur le relèvement du salaire du travailleur le moins payé à 1.500.000 GNF n’avait été réglé. Les responsables de Rusal ayant proposé un million de francs guinéens. D’ailleurs, selon une source proche des grévistes, la volonté de traduire en acte concret les accords obtenus n’a pas été observée du côté de la direction de Rusal, car celle-ci aurait tout simplement voulu privilégier la piste d’une éventuelle corruption des hauts cadres de Conakry, afin de faire traîner les choses.
Ensuite, le syndicaliste Dr Ibrahima Fofana de l’inter centrale CNTG avait lui aussi effectué un déplacement à Fria pour tenter sa médiation. Là également, les travailleurs ont eu du mal à croire à la détermination des uns et des autres pour les aider.
Le comble des médiations a été atteint avec le déplacement du Ministre à la présidence chargé de Sécurité présidentielle. Le Commandant Claude Pivi a lui aussi tenté de sauver la situation en se rendant dans la cité de l’alumine, pour dit-on, faire la médiation. Ce qui d’ailleurs ne relève nullement de sa compétence, entant que le ministre chargé de la Sécurité à la présidence de la République. Qu’à cela ne tienne, selon plusieurs témoignages, c’est avec un groupe de militaires que le ministre Claude Pivi arrive à Fria dans la journée du samedi 10 avril dernier, accompagné d’une délégation composée du Gouverneur de Mamou, le Préfet de Kérouané et le Préfet de Fria et des responsables religieux de la localité.
A l’arrivée de cette autre délégation, la question que les travailleurs se sont posée est celle de savoir s’il s’agit d’une médiation ou d’une intimidation, car selon notre source, l’on comprend mal comment le ministre Claude Pivi pourrait constituer une délégation avec des Gouverneurs et des préfets qui n’ont rien à voir avec la crise pour se porter médiateurs, alors qu’une délégation gouvernementale et syndicale avait déjà commencé à trouver un consensus dans la résolution du conflit qui oppose travailleurs et direction de l’usine. C’est pourquoi d’ailleurs, la médiation du ministre Pivi a été un échec total, nous confie un gréviste de l’usine.
Rappelons que les revendications des travailleurs de l’usine de Fria s’articulent autour des points suivants. Il s’agit du paiement de deux cent quarante mille francs guinées de complément de salaire des ouvriers d’une société sous traitante de Friguia. Ce qui avait été d’ailleurs à l’origine du déclenchement de la grève à Fria.
C’est ainsi que les travailleurs de ladite usine ont posé sur la table leurs points de revendication. L’application du SMIC (Salaire Minimum Inter Garantie), qui est fixé à un montant de un (1) million cinq cent mille francs guinéens pour tous les travailleurs de l’usine, le paiement de 60% des salaires de base comme mesure d’accompagnement suite à la hausse des prix des produits pétroliers et la cherté du marché guinéen, une prime correspondant à douze mois de salaire de base suite à l’occasion du cinquantenaire de l’usine de Fria.
Lansana Camara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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