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L’Usine d’alumine de Friguia située à quelques 300 kilomètres de la capitale Conakry, est actuellement le théâtre d’un mouvement de grève. Le service minimum est observé depuis le 31 mars dernier.
L’usine de Friguia, la première en matière de production d’alumine en Afrique, est toujours paralysée par un mouvement de grève. Les raisons de cet autre débrayage sont liées à l’augmentation des salaires. En effet, le collège syndical a de nouveau adressé une plate-forme de revendications à la direction. D’après nos informations, celle-ci avait été débattue au ministère des mines. A ce niveau, les patrons de Rusal avaient suggéré aux travailleurs de leur laisser un petit temps de réflexion, en raison de la conjoncture financière qui frappe le monde. Mais à sa grande surprise, la direction de l’usine a constaté le 31 mars dernier, l’établissement des barricades au niveau de toutes les entrées de l’usine. Dès les premières heures du mouvement, nous avons pu joindre un membre syndical qui a requis l’anonymat et qui nous a confié ses sentiments : « il y a quelques temps, nous avons entamé des négociations avec Rusal dans le cadre de l’amélioration de nos conditions de vie. Il faut reconnaître que la direction de l’usine était de bonne foi. A notre grande surprise, ce sont les jeunes travailleurs qui sont venus barricader l’usine. Actuellement le salaire minimum d’un travailleur est de 1.340.000 Francs guinéens. Mais, les gens veulent toucher 1.800.000 Fg. C’est là le problème… ». Notre source a tout de même noté que le service minimum était obligatoire, car l’arrêt total de l’usine à des conséquences incalculables tant pour la ville de Fria mais pour l’économie nationale, car certaines substances chimiques utilisées dans la transformation de l’alumine ont horreur du temps mort. En plus, la ville serait ainsi privée d’eau et d’électricité. Pour la fourniture de ces deux denrées (eau et électricité), la Compagnie débourserait chaque année plus de 10 millions de dollars US. Vrai ou faux ? Pour revenir à la grève, notre syndicaliste précise que la grève était surtout animée par certains sous-traitants guinéens qui ont perdu leurs employés au profit d’une société appelé EMF qui, au lieu de rémunérer les travailleurs à 200.000 Fg comme d’habitude, paye le triple. Toute chose qui fâche les anciens patrons sous-traitants. Par rapport à la grève, la direction de Rusal que nous avons contacté a refusé de se prononcer sur la question, tout en nous disant qu’elle reste ouverte à toute négociation pour l’intérêt des travailleurs et de l’usine. Au moment où nous allions sous presse, une équipe mixte composée des cadres du ministère des mines, des syndicats et des délégués du gouvernorat de Boké étaient en négociations à Fria. Aux dernières nouvelles, Anatoly Pantchenko, ancien représentant de la Compagnie Rusal en Guinée, a été dépêché en Guinée pour essayer de trouver une solution à cette crise que traverse l’usine Friguia depuis une semaine. Affaire donc à suivre.
Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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