 |
Notre capitale a replongé subitement dans l’insécurité, ces derniers temps. Les attaques à main armée, viols et assassinats sont devenus le quotidien des populations. Les autres régions du pays ne sont malheureusement pas épargnées par le fléau. Il y a comme un effet de contagion qui sévit. Dans la nuit de vendredi dernier, dans la commune de Dixinn, des bandits ont rendu visite à un agent des forces de l’ordre. Ils en ont eu pour leur compte, car le militaire a fait usage de son arme, étant donné qu’il se trouvait en état de légitime défense. L’un des assaillants fut grièvement blessé et conduit aussitôt au CHU d’Ignace Deen pour des soins. De telles scènes sont devenues presque banales dans la cité, où les populations sont en proie à une recrudescence du grand banditisme. Avec des découvertes macabres qui se font au quotidien dans les différents quartiers de la ville. Sans oublier les enlèvements de mineurs qui seraient envoyés à destination de certains pays voisins comme le Liberia, le Mali ou la Sierra Leone, à des fins lucratives. La question d’insécurité, le Gouvernement en parle souvent, au cours de ses conseils des ministres ordinaires, sans pour autant apporter la riposte qu’il faut contre ce phénomène qui affecte sérieusement notre société. Le département de la Sécurité avait même à un moment donné institué un système de gratification des commissariats qui s’illustraient le mieux dans la lutte contre les malfrats. Cette politique de motivation s’était avérée payante, pendant un bon bout de temps, avant que les flics ne baissent les bras, retombant du coup dans la léthargie et l’immobilisme. Notre capitale n’est pas la seule touchée par la terreur, les villes et autres bourgades intérieures aussi sont devenues la cible des bandits de grand chemin. Et l’opinion est encore sous le choc suite à l’assassinat d’un religieux français le 8 avril dernier à Katako, une localité de Boké. Le corps de la victime a été retrouvé dans la soirée du 8 avril, devant sa porte, ligoté et poignardé, avec la tête enfoncée dans un sac en plastique, alors qu’il lisait son bréviaire selon des sources policières. Le chien du paroissien a été également retrouvé, ligoté et dormant profondément, à quelques mètres du corps. Les agresseurs ont sans doute pris la précaution de lui faire ingurgiter des somnifères, à travers des morceaux de nourriture. Une bien vieille recette connue des malfaiteurs. A l’intérieur de la maison, tout avait été mis sens dessus dessous, indiquent les mêmes sources. La paroisse St Jean dont relève l’internat St Gabriel qui abrite 94 élèves, a été fondée en 1918 et les premiers missionnaires y ont été affectés en 1950. Depuis cette date, c’est la première fois qu’une telle horreur est vécue dans la zone. La communauté chrétienne de cette région est sérieusement affectée par ce crime crapuleux. Les autorités de la région de Boké se sont mobilisées afin de retrouver les auteurs de cet homicide. L’autre aspect de l’insécurité porte sur la recrudescence des attaques contre les véhicules de transport sur la route nationale Kissidougou - N’Zérékoré, en Guinée forestière. Après une accalmie de quelques semaines, les usagers de ce tronçon sont de nouveau redevenus la cible des coupeurs de route. Et la semaine dernière, un minibus qui se trouvait dans les environs de Macenta a essuyé des tirs de la part de deux éléments armés qui ont ouvert le feu sans hésiter sur les passagers, faisant 6 blessés, dont 2 grièvement. Ils ont ensuite pris la fuite après avoir dépouillé leurs victimes. Les autorités de Macenta entendent adopter des mesures face à cette violence qui est en train de s’abattre sur cette région, où les véhicules ne peuvent plus se déplacer nuitamment. Des mesures qui portent entre autres sur la constitution de brigades mixtes d’autodéfense, l’érection de barrages le long de la route nationale, malgré l’interdiction des check points par les accords de janvier 2007. Il y a lieu de déplorer le fait que ces coupeurs de route arborent pour la plupart des uniformes de notre armée, pour se livrer à ces ‘’razzias’’. Et pire, parmi le groupe des 25 coupeurs de route qui ont été capturés en février dernier dans les environs de Gueckedou, certains appartennaient à nos services de sécurité. Le Gouvernement doit prendre au sérieux la montée du phénomène du grand banditisme, au risque de laisser pousser des réseaux de tueurs qui ne reculeront devant rien pour assouvir leurs appétits voraces. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |