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A l’entrée de la commune de Tomba, la photo du capitaine Moussa Dadis Camara qui affichait un sourire agréable aux passants, a été décrochée. En lieu et place, on y voit maintenant celle immortalisant la poignée de main passée entre le chef de la junte et le général Sékouba Konaté, président de la Transition lors de la signature des accords de Ouagadougou. Le gouverneur de la ville de Conakry, Mohamed Diop qui serait l’initiateur de cet acte aurait essuyé les foudres de Konaté, qui n’aurait pas apprécié qu’on touche à la photo de Dadis.
L’idylle entre le général Sékouba Konaté, président de la Transition et le gouverneur de Conakry, Mohamed Diop, qui lui doit pourtant sa nomination à ce poste prestigieux au lendemain de la prise du pouvoir par la junte le 23 décembre 2008 aurait pris un grand coup. C’est le moins qu’on puisse relater. Motif du refroidissement des rapports entre les deux hommes : une histoire de photo. En effet, selon des sources proches de la junte, le général Sékouba Konaté était dans tous ses états mercredi dernier contre Mohamed Diop. D’après nos sources, la colère du président de la Transition était perceptible durant cette journée du mercredi, qu’il a passé dans sa nouvelle résidence, la villa occupée jadis par l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, dans la cité des Nations. Il était d’ailleurs prévu qu’il y déménage durant le week-end dernier.
Pour revenir à la colère présidentielle, il faut dire que Sékouba Konaté en voudrait à Mohamed Diop qui pour des raisons que lui seul sait a osé descendre la photo du président de la république, Moussa Dadis Camara, pour la remplacer par une photo où Dadis se trouve en compagnie de Sékouba et du facilitateur de la crise guinéenne.
Une image prise le 15 mars, lors de la signature des accords de Ouagadougou où on apercevait un Moussa Dadis Camara vêtu d’un blouson, amaigri, avec un visage émacié, tenant à peine sur ses jambes, avec une cicatrice visible sur le crâne, arborant des lunettes aux larges bordures.
Cette photo contraste avec la première où le chef de la junte était dans ses beaux jours, dans un beau treillis de parachutiste, coiffé de son traditionnel béret rouge dont il ne se séparait quasiment jamais, avant l’incident du 3 décembre 2009 qui a failli lui coûter la vie, lorsque son ancien aide camp a ouvert le feu sur lui suite à une dispute, au camp « Koundara », rebaptisé depuis camp « Makambo », en hommage à l’officier Joseph Loua alias Makambo qui a payé de sa vie, en voulant sauver le chef de la junte, pris sous les feux de Aboubacar « Toumba » Diakité et de ses hommes.
« C’est comme si le gouverneur ignorait que Dadis bien qu’étant en convalescence, demeurait toujours le président de la république », déplore un observateur sous le sceau de l’anonymat.
Un autre de rebondir sur ce constat, en soulignant que ceux qui ont décroché cette photo ont voulu certainement « enterrer Dadis en effaçant toutes ses traces qui seraient visibles dans la cité ».
Ce que Sékouba n’aurait pas digéré. Celui-ci restant toujours derrière le serment de fidélité fait à Dadis, par l’armée, ce, quelles que soient les circonstances.
Le gouverneur Mohamed Diop aurait-il donc commis un crime de lèse majesté, sans l’avoir prémédité ? Une question qu’il faut se poser aujourd’hui vu la colère suscitée par son geste. Monsieur le gouverneur de Conakry qui n’a pas que des amis dans la cité, même du côté de Almamya, son quartier de résidence n’a pas non plus bonne presse. « Sous d’autres cieux, sa nomination à un tel poste aussi important aurait provoqué des grincements de dents, remarque un jeune cadre de Kaloum. Mais comme en Guinée le ridicule ne tue pas, aucune promotion ne surprend donc ».
Et dire que la ville de Conakry continue de ployer sous les tonnes d’ordures produites tous les jours par les populations, alors que l’assainissement est « le cheval de bataille du gouvernorat », il y a de quoi comprendre les lacunes de l’équipe dirigeante. Qui excellerait plutôt dans les cérémonies de lecture de coran et la « mamaya », selon ses détracteurs.
Malheureusement que les habitants de la capitale vont encore continuer à respirer les odeurs fétides dégagées par les tas d’immondices qui s’entassent çà et là, dans les rues.
En tout état de cause, la gestion des ordures a de tout temps posé problème dans cette cité. Ce n’est pas avec Mohamed Diop seulement que le phénomène ressurgit. Même au temps du gouvernement de consensus, le gouvernorat n’avait pas innové en la matière.
Pire, durant cette période, un fonds d’aide débloqué par un partenaire au développement, en prélude à la célébration du cinquantenaire, avait semble-t-il pris une autre direction, au lieu de servir à redonner une cure de jouvence à la ville. Un dossier sur lequel, nous comptons revenir très prochainement.
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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