mercredi 4 février 2009
Gouvernement guinéen : Entre révision des contrats miniers et crise financière

La Guinée est un scandale géologique, a-t-on coutume de dire. Vu la pauvreté des Guinéens, tous les gouvernements qui se sont succédé ces derniers temps ne trouvent comme argument pour la mise en œuvre de leur politique de développement que cette révision. Le CNDD aussi en fait cas, mais à une période où la crise financière frappe toutes les industries minières. Que faut-il faire ? La question reste posée.

Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), au vu des déclarations et de la composition du gouvernement de transition, compte énormément sur la révision des conventions et accords miniers. Selon un analyste économique, si l’on n’y prend garde, cette révision risque de fermer les portes des compagnies minières. Notre interlocuteur affirme qu’avec la crise financière mondiale, nombreuses sont les industries minières qui jugent nécessaire de réduire leur production, voire réduire leur personnel. D’une manière intelligente, la Guinée peut renégocier les contrats sans pour autant compromettre l’avenir des employés et des sociétés. Quand, aux premières heures de la prise du pouvoir par le CNDD, le président de la République le capitaine Moussa Dadis Camara a dénoncé la corruption qui accompagne l’attribution des contrats miniers, il avait déclaré : « On a bloqué le secteur minier. Il y aura une renégociation, une révision des contrats ». Mais, ce qui a le plus marqué les acteurs économiques, c’est que le président devrait laisser certains observateurs prendre connaissance desdits contrats.

Cette révision ne laisse pas indifférents les milieux financiers mondiaux qui ont exprimé leurs inquiétudes dans les bibles de la finance. Comme le Times de Londres qui titrait en première page : « La dépossession des concessions minières en Guinée ». Cet article affiché sur le net fait ralentir d’autres investisseurs qui ont choisi la destination Guinée. Déjà, le 24 décembre 2008, au lendemain du coup d’Etat, la firme de consultants en sécurité d’investissement « Eurasie Group » écrivait à ses clients parmi lesquels de puissantes entreprises gestionnaires de fonds de pension et de banques d’investissements, que les miniers Rio Tinto, Alcan ou encore Alcoa ont fermé certaines usines. Une des conséquences à long terme d’une renégociation non-conforme à la règle, est que les projets miniers dans le pays feront face à un retard et les exportations guinéennes pourront baisser pendant que les coûts d’opération et les risques légaux politiques, sécuritaires et de réputation pour les compagnies minières étrangères vont accroître de façon substantielle. Pas de quoi convaincre un banquier qui croule sous les pertes d’investissements dans des pays réputés sûrs, et qui comme Citibank, financier du projet de l’aluminerie de Boké, affiche des pertes record de 8 milliards de dollars en 2008. Et tend la main au trésor public américain, pour le financement de projets en Guinée.

Selon une déclaration récente du Fonds monétaire international (FMI), la majeure partie des compagnies qui évoluent en Guinée dans les domaines de la bauxite et du fer sont des multinationales dont les chiffres d’affaires dépassent de loin le produit national brut de la Guinée, qui est de 4,95 milliards de dollars. Que dire de la chute vertigineuse des coûts des matières premières ? Pour le fer, le cours de ce minerai qui avait augmenté de 67 pour cent au début de l’année 2007 à 80 dollars la tonne, a explosé dans la première moitié de 2008. La demande mondiale de ces dernières années a poussé le prix à un record de 197 dollars la tonne en mars 2008. Dans les secteurs de l’alumine et la bauxite, les principaux acteurs de l’aluminium opérant en Guinée sont eux aussi en pleine crise. Certains prévoient des licenciements massifs et ont même fermé des usines d’aluminium en Grande Bretagne. Il est tombé de plus de 50 pour cent en 2008 et les autres fonderies réduisent drastiquement la production. Mais le plus troublé est l’opérateur de Fria et Kindia. L’exploitation des mines d’or qui demande un coût d’investissement plus faible est opérée par des entreprises dont la plupart sont de taille moyenne, et qui seront beaucoup plus vulnérables à la pression des nouvelles autorités du pays. Et pourtant, en cas d’arrêt de la production, elles pourraient elles aussi invoquer une rupture de contrat pour pouvoir faire traîner les négociations en attendant de voir. Les renégociations ne doivent pas servir à diaboliser les investisseurs.

Synthèse de Aly Badara Condé    
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Kourouma, lundi 9 février 2009
Qui est le pire criminel économique? (Sondage sur Guineenet.org)visitez ce site ce sondage traduit effectivement la realité sur ceux qui ont mis le pays à genoux!Diffusez ce sondage sur tous les sites!BRAVO GUINEENET.ORG
Barry IV, vendredi 6 février 2009
Le mépris contre les intellectuels doit cesser dans notre pays pour qu’on puisse avancer. Les autorités Guinéennes sont allergiques aux Guinéens diplômés des grandes universités américaines et Européennes. Même quand on fait appel à ces diplômés occasionnellement, on leurs impose les méthodes de travail corrompues. Or, les ressources humaines sont les seules véritables ressources d’un pays. Nous devons investir dans la formation des cadres. Nous devons reformer notre système d’enseignement. Nous devons faire appel aux Guinéens de l’extérieur qui ont l’expérience de la bonne gestion. Nous devons confier les postes-clés aux plus méritants et non aux parents et amis. Après 50 ans d’exploitation, les Guinéens devraient être en mesure de faire fonctionner une usine comme la CBG sans la supervision des expatriés occidentaux. Dans le monde actuel, c’est celui qui détient la connaissance et le savoir-faire qui dicte le contenu des contrats. En Guinée, quand il s’agit de construire une usine extractive, les expatriés apportent le savoir-faire, la technologie et le financement du projet. Le côté Guinéen n’apporte que la matière première. Dans ce cas, qui doit gagner le plus ? En Guinée, on est même incapable d’utiliser convenablement le peu de recettes que nous récoltons de l’exportation de notre diamant, bauxite et de l’or… Pour creuser un puits à eau ou pour nettoyer un marché public, on va chercher un financement à la Banque Mondiale. Même avec une révision des tous les contrats de la Guinée, la misère va persister, car la source du mal est ailleurs.
Doumbouya Laye, jeudi 5 février 2009
Merci cher compatriote d`eclairer notre lanterne avec votre analyse breve,succinte et riche en infos...J`espere que votre appel sera entendu et compris par nos decideurs politique...Encore merci
Diallo Mansour, jeudi 5 février 2009
La révision des contrats est un argument qui a agité et agite toujours les dirigeants. Tous les contrats doivent être revisés pour le changement.Prendre les hommes et femmes intègres dans l`exécution travail.Cessons de nous berner nous mêmes par les mots et les titres sans résultat réel.
lamarana bah allemagne, jeudi 5 février 2009
Alors qu on arrete le fonctionnement de toute de toute les usines jusqu au moment que le marche international sera retablir car on est peu pas vendre nos richesse sans l interet du pays
Ansoumane Doré, jeudi 5 février 2009
Aly Badara Condé fait ici une excellente synthèse sur la question des révisions des contrats miniers qui agite le microcosme politique guinéen depuis un certain temps.Les commentaires de K.S. et surtout d`Ibrahima Diallo vont dans le même sens de réalisme que vise la synthèse de Condé. Les autorités guinéennes y prêter toute l`attention car quand on joue trop de ces révisions, parfois nécessaires, cela peut finir aussi par apparaître comme un épopuvantail.Etil arrive que les épouvantails se retournent contre leurs poseurs."Entre révisions des contrats miniers et crise financière", le Gouvernement guinéen doit,au delà des sempiternelles acclamations populaires,sérieusement réfléchir avant d`agir.
K.S, mercredi 4 février 2009
La Guinee en voulant tout gagner risque de tout perdre.
Ibrahima Diallo, mercredi 4 février 2009
En effet, ce sont des dossiers très sensibles engageant l’avenir minier de la Guinée vu leur implication internationale quand on sait que ces multinationales sont plus que de simples compagnies mais de puissants lobbies politico-financiers capables de nuire à la Guinée sur ses éventuels recherches d’argent frais avec les bailleurs de fonds. Sans être paranoïaque, la Guinée devrait s’entourer des meilleurs juristes et spécialistes dans le domaine avant d’entreprendre tout bras de fer. En 2006, j’ai eu une très courte expérience de travail avec ces compagnies minières qui me permet de dire qu’au-delà des contrats miniers, les directions de ces sociétés font perdre de l’argent au Pays à travers des sous-traitances et autres marchés complaisants comme dans le gouvernement qui rendent toutes les personnes impliquées financièrement heureuses. L’Etat devrait déjà commencer par introduire la transparence au niveau des appels d’offre ce qui est de son ressort. Des audits bien conduits devraient révéler que l’hémorragie financière n’est pas tant au niveau des contrats mais surtout dans la gestion quotidienne aussi par nous Guinéens.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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