|
Animé de la bonne intention de corriger les tares que comporte notre administration et en vue de réussir la transition, le gouvernement de Jean-Marie Doré vient d’entreprendre des mesures importantes concernant plusieurs secteurs de la vie publique. C’est du moins les conclusions rendues publiques lors du dernier conseil des ministres, du jeudi 18 mars dernier.
Présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement M. Jean-Marie Doré, la session ordinaire du conseil des ministres a examiné plusieurs points les uns aussi importants que les autres, le jeudi dernier.
Dans son compte rendu, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, M. Aboubacar Sylla, a mis l’accent sur les points saillants ayant retenu l’attention du conseil au cours de cette réunion.
Au titre du premier sujet, le Premier ministre chef du gouvernement Jean-Marie Doré aurait signalé un dysfonctionnement au sein du gouvernement et le manque de cohésion de l’équipe.
M. Doré a dû s’apercevoir des tares de l’administration guinéenne qui sont entre autres : l’absentéisme, le faible rendement de l’administration publique, la prolifération des noms de fonctionnaires fictifs que l’Etat paie tous les mois.
Des pratiques qu’il faudra bannir si l’on veut obtenir des résultats.
Et c’est le combat que le gouvernement de transition entend désormais engager contre ceux qui émargent au compte du contribuable sans faire convenablement leur boulot.
Ensuite, le Premier ministre a jugé utile d’inviter les cadres à effectuer des déplacements à l’intérieur du pays pour être imprégnés des réalités souvent palpitantes que vit la majeure partie des populations pauvres de Guinée.
Cette décision est d’autant plus importante que la Guinée ne se limite pas seulement à Conakry. Et souvent d’ailleurs, l’intérieur du pays est oublié pour ne pas dire négligé dans le cadre du développement.
Le ministre d’Etat chargé de la réforme administrative assumant l’intérim du ministre des Affaires étrangères a fait cas du non paiement des cotisations de la Guinée pour le compte de la CEDEAO.
Cette contribution s’élèverait de nos jours à plusieurs millions de dollars. Dans le souci de faire bénéficier la Guinée des avantages liés aux postes de responsabilités dans les institutions sous-régionales, le conseil a décidé d’entreprendre des mesures pour le paiement effectif des montants dus.
Ensuite, le conseil n’a pas manqué de déplorer les montants exorbitants engloutis au titre des frais de missions à l’extérieur du pays.
Le projet d’organisation d’un séminaire gouvernemental a été présenté aussi au conseil par le ministre chargé des Sports et de la jeunesse, en sa qualité de président de la commission d’organisation.
Le financement de ce séminaire sera assuré par le PNUD et la Banque mondiale, qui comptent tous accompagner la transition guinéenne, d’après le porte-parole du gouvernement.
Et les dates retenues pour la tenue de cet atelier sont les 6 et 7 avril 2010.
Par ailleurs une question importante a été soulevée par le ministre de l’Alphabétisation et de la promotion de nos langues nationales au cours du conseil.
Il s’agit de bâtir un plan d’alphabétisation des forces de défense et de sécurité, ceci en plus de l’alphabétisation des autres couches de notre société. Car, selon un constat, le taux d’alphabétisation en Guinée serait le plus élevé dans la sous-région, soit 65%.
Le ministre de l’Economie et des finances a informé à son tour le conseil des motifs du séjour d’une mission conjointe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire en Guinée. Arrivée le 16 mars dernier, cette mission conjointe était venue faire une évaluation de la situation économique et financière de la Guinée, dans cette phase de transition. Avec les autorités politiques et économiques du pays, la mission n’a pas manqué d’explorer les pistes d’une possible reprise du Programme formel de coopération avec la République de Guinée.
Ce Programme avait été interrompu depuis le temps du régime défunt, à cause de plusieurs facteurs de mal gouvernance observés ça et là dans le fonctionnement de l’administration publique. En guise d’exemple, le PACV était un important projet que finançait la Banque mondiale, de par le passé. Ce Programme avait permis la construction des écoles dans plusieurs villages, des centres de santé, des routes et autres infrastructures qui entraient dans le cadre du développement local. Mais la BM a décidé d’arrêter ce projet lorsque l’Etat guinéen se mit à ne plus respecter ses engagements en termes de respect des droits de l’homme et de la promotion de la bonne gouvernance.
Lansana Camara Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|