Avec Alpha Condé on nous avait annoncé rupture, changement, vérité, justice, réconciliation. Mais voilà qu’à l’arrivée - à sa prise de pouvoir - Alpha Condé forme un gouvernement qui laisse indifférent plus d’un et ne suscite pas d’enthousiasme même chez ses inconditionnels, malgré pourtant le lourd climat tendu et la situation chaotique du pays qui auraient dû nécessiter d’entrée de jeu une thérapie de choc afin de rassembler les Guinéens et redonner de l’espoir. On réalise maintenant que les marchands de rêve ont encore fait recette en vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Mais à qui donc faut-il s’en prendre ?
Manifestement avec le gouvernement Saïd Fofanah, Alpha Condé ne semble pas avoir pris toute la mesure du contexte particulier qui a prévalu à son accession au pouvoir et toute l’ampleur du défi guinéen à relever. S’il veut être le président de tous les Guinéens sans exception, il faut vite qu’Alpha Condé rectifie le tir, pendant qu’il est temps, en donnant des signes concrets de rupture définitive avec le passé.
En lieu et place d’un gouvernement béton, « de sortie de crise » et représentatif de toute la Guinée, le « professeur » - président, non sans violer la constitution au passage, nous propose un gouvernement banal - copie conforme de ceux auxquels les Guinéens étaient habitués par le passé sous les précédents régimes avec :
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Un Premier ministre moins médiatique et sans charisme : Pour certainement ne pas lui faire ombre.
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Une pléthore de ministres : 42 ministres au total ! Pour moins de 10 millions d’habitants sur 246.000 km2. Même Conté et Dadis n’en ont pas eu autant.
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Une équipe gouvernementale à forte connotation ethnique : Le terme d’ethnie étant sensible par les temps qui courent, je vous laisse le soin de faire le décompte, pour savoir qu’elle est l’ethnie la plus représentée dans ce gouvernement de M. Saïd Fofanah. Quid du « large gouvernement d’ouverture et d’union nationale » dont il nous parlait tantôt ?
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La continuation des anciens systèmes : Kassory Fofanah qui joue aux recruteurs du gouvernement, Kiridi Bangoura et Louncény Fall en bras droits, s’ils ne sont pas l’œil et l’oreille du président, Toto Camara en enfant gâté de la république, Facinet Touré en médiateur de la république, Fodé Bangoura et Alpha Ibrahima Keira en conseillers du prince, Kerfalla Yansané en grand argentier de l’Etat, Louncény Camara à la Ceni (pour avoir des législatives transparentes ?). Il est où le changement tant promis ? La rupture tant annoncée?
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Un bon paquet de diaspos inconnus venus principalement de France : Espérons que le « professeur » ne s’est pas trompé car il y a diaspos et diaspos…
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Des nominations de complaisance comme du temps de Conté et de Dadis : Distribution de postes à tous les fidèles. Pour plaire à tout le monde, à chacun sa part du gâteau. Alpha comprendra-t-il qu’un président est fait pour travailler et non pour plaire ?
A qui la faute si depuis 1958 nous ne sommes constamment gouvernés, en général, que par des incompétents, des ripoux, des budgétivores et autres qui n’ont rien fait pour améliorer nos conditions de vie ? Aux dirigeants ou aux citoyens guinéens ?
Changement ! « Que de crimes on commet en ton nom ». Ô ! Que je te désire …
Oury Baldé, France
Etudiant
www.guineeactu.com