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Après le séjour du DG de l’Institut de Gorée, M. Breyten BACH, suite aux multiples déclarations dans la presse des leaders ayant participé à cette randonnée politico-touristique, il nous est donné de revenir sur bien des points qui, somme toute, ne laissent personne indifférent vu l’intérêt de la question et la démarche cavalière de ces « Goréeistes ». Le Sénégal est un pays frère mais avant d’être ce pays frère à la Guinée l’histoire et la géographie ont façonné des liens sacrés, tissés dans le sang et la sueur pour une cohabitation heureuse. Hélas, des malins ont toujours pensé réussir à séparer ces deux peuples d’une même nation. Pour exemple je vais citer les incidents de Thiaroye au sortir de la deuxième guerre mondiale quand des Tirailleurs sénégalais ont revendiqué leurs droits élémentaires près des colons blancs. Quel massacre ! Ce sang des ouest-africains dénommés Tirailleurs sénégalais nous invite à être solidaires et toujours plus sérieux. Mais dans le cas de figure de cette « Gorée mania », il y a une odeur de choses louches, pas du tout claires, en tout cas pour moi. En effet, à écouter les propos des uns et des autres il semble clair que les objectifs ont été préétablis à l’insu des Guinéens, et que l’excursion sur l’Ile aux esclaves, est juste pour épater sinon coopter les leaders politiques et ceux de la société civile pour une nouvelle aventure à but non élucidé. Rien qu’à imposer le « Ndaje », un terme non guinéen, est en soi une réelle méconnaissance des réalités culturelles qui illuminent nos deux espaces. On est amicalement traité tant que ça permet de sortir des fonds, mais après, les retombées sont encore loin des préoccupations fondamentales. Cette publicité gratuite sur le dos des Guinéens n’est plus de mise. Alors une première correction s’impose pour commencer. Revenons à nos réalités sociologiques, pour dire que les quatre coordinations régionales sont l’expression d’une remise en cause des blocages institutionnels qui empêchent de parler et agir en fonction de nos réalités culturelles. Sans détour, le « Ndaje » devait alors se transférer en Guinée, mais avant, se saisir des opinions de l’ensemble des forces vives du pays pour se voir inviter à nos débats. Mais s’inviter et nous imposer des démarches à contresens c’est mal connaître le Guinéen. Le colonisateur va longtemps jouer sur cette fibre de division, mais si nous restons nous-mêmes, jamais l’on ne reviendra dans son giron. Pour mémoire, Linas Marcoussis a vécu pour ses promoteurs le temps d’une mi-temps. Au final la Côte d’Ivoire s’est tirée des griffes des maîtres français pour se prendre en charge. Laurent Gbagbo y a gagné en brandissant la suprématie de la constitution sur tout autre accord ou protocole. Que doit-on penser quand on nous dit que le protocole de sortie de crise doit être institutionnalisé pour voir Lansana Kouyaté signer les décrets que seul le chef de l’Etat gère actuellement ? C’est le changement du type de régime qu’on nous propose. Entre le parlementaire et le présidentiel, les Guinéens avaient largement voté pour un régime présidentiel. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne changera pas un jour ou l’autre, sauf que pour cela il faut passer par les voies de recours précisées dans notre texte fondamental, notre constitution. Et si tel n’est pas le cas, il y a fort à parier qu’on va plonger dans l’anarchie et ses déboires. Il faut éviter cela aux enfants de Guinée pour nous permettre d’entrer dans une phase de progrès économique garant de la paix et de la justice sociale. Présentement, en Guinée, nous sommes préoccupés par la question portant sur le bilan réel du gouvernement Kouyaté. Car les points d’espoir soulevés en février 2007, ces points, dis-je, sont plus noircis qu’avant. Que s’est il passé pour que Lansana Kouyaté passe à côté de son sujet. Les audits annoncés sont juste le signal d’un déballage mal approprié qui risque de plonger le peuple dans une attente langoureuse sans fin. Alors à la loi sa puissance et son aura pour mater les dérapages et abus des biens sociaux. Gorée aussi a vécu avec ses impairs. La Guinée, faut-il le rappeler, est un pays à destin particulier que les meilleurs fils cherchent à sauver mais pas au prix de n’importe quel marchandage. C’est un signal pour amateurs de sensations politiques. Aboubacar Sampil L’indépendant, partenaire de www.guineeatu.com
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