mercredi 11 juin 2008
Gestion des 100 bus : Un échec programmé ?

La mise en circulation de la flotte des 100 bus a commencé sur fond de rumeurs faisant état de l’envoi en Guinée Bissau de 30 bus, dans le lot. Le ministre des Transports a apporté  un démenti cinglant à cette information dénuée semble-t-il de tout fondement. Toutefois, il faut s’inquiéter de la façon dont ces véhicules de transport en commun, importés  pour soulager les populations seront gérés, les experts de la société de transport abidjanais (Sotra) ayant jeté l’éponge, dès le lendemain du limogeage de Lansana Kouyaté.

La semaine dernière, le ministre des Transports, M. Boubacar Sow est  monté au créneau pour éclairer la religion des Guinéens sur le sort des 100 bus, importés par le gouvernement de consensus, pour alléger le fardeau des populations en matière de transport urbain et interurbain. En effet, ces dernières semaines, de plus en plus de rumeurs faisant cas de l’envoi vers Bissau de 30 bus de la flotte des 100 bus parqués dans les anciens locaux de la Sogetrag, dans la commune de Matoto, ont circulé dans la cité. Certains habitants de la capitale ont juré de tous leurs grands dieux, en affirmant avoir vu les véhicules quitter notre territoire en direction du pays de Nino Vieira. Un pays qui dispose pourtant d’un parc automobile de transport en commun, bien fourni, composé essentiellement de Mercedes en bon état. Avec des taxis qui roulent dans les normes de sécurité établies en la matière,  sans aucune surcharge. N’empêche la rumeur a enflé. Et le département des Transports a jugé utile de situer l’opinion sur ce qui s’était réellement passé avec nos bus.

M. Boubacar Sow s’est inscrit en faux contre ceux qu’il qualifie de colporteurs de mauvaises nouvelles. Selon lui, des bus avaient été lancés en direction de Coyah et de Dubréka pour des vérifications techniques de routine, en prélude à leur mise en circulation qui a débuté il y a quelques jours. Et que ces bus n’avaient pas été au-delà de ces villes.

Maintenant que les 100 bus sont là, d’autres inquiétudes pointent cependant à l’horizon. Il s’agit de la gestion de toute cette flotte. Quand on sait que la Sotra (Société des Transports Abidjanais) s’est retirée sans grand bruit. Cette société cotée en bourse, qui a fait ses preuves en matière de transport urbain et interurbain, avait été sollicitée pour son expertise, dans la perspective de la création de la nouvelle entreprise de transport. Le départ des experts de la Sotra, qui serait liée au limogeage de Lansana Kouyaté, le 20 mai dernier, remet sérieusement en cause l’avenir de ces bus, acquis grâce à un appui de la Cedeao, qui s’est portée garante des conditions de prêt accordé à l’Etat guinéen, à hauteur de 8 millions de dollars US. L’échec de la Sogetrag dont le parc était plus étoffé avec des bus de grand standing, est encore dans les mémoires des Guinéens. C’est dire que ces nouveaux bus ne feront pas long feu. Même si l’Etat a décidé d’ouvrir le capital de la société en gestation aux opérateurs économiques du secteur privé, le manque de rigueur, le népotisme et le laxisme, qui sévissent dans le monde des affaires et au sein de l’administration guinéenne, ne pourront que contribuer à la faillite  de cette société. Ceux qui empruntent la vingtaine de bus en circulation sont déjà désabusés. Ayant à leur grande surprise,  rencontré des contrôleurs de bus qui empochent les prix des tickets, sans donner de sauf conduit au passager. Ce qui signifie qu’ils empocheraient purement et simplement l’argent de vente des tickets. Une  pratique bien connue de Guinéens qui cherchent un emploi juste pour se livrer à des vols et à des détournements. Et dire que les 100 bus n’échapperont pas à cette boulimie. Quelle indélicatesse!

Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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