 |
Le mardi 19 janvier dernier, on pouvait observer sur le petit écran de la Télévision guinéenne lors de la grande édition de 20 heures, le Président du CNDD, le Capitaine Moussa Dadis et le Président par intérim, le Général Sékouba Konaté, entourés entre autres par des responsables du Cndd et du Gouvernement. Les deux hommes d’Etat se sont entretenus à la ‘’Résidence 2000», à Ouagadougou, la capitale burkinabé.
Apparemment soucieux de l’avenir de cette transition désormais confiée à son ami le général Sékouba Konaté, le Capitaine Moussa Dadis Camara s’est entretenu avec ses proches parmi lesquels figuraient des membres du gouvernement et du Cndd : Colonel Moussa Keita, Colonel Abdoulaye Chérif Diaby, Idrissa Chérif, Colonel Korka Diallo, Alexandre Cécé Loua, etc. Une sorte de rappel à l’ordre afin de les amener contribuer à l’application des accords signés par lui et son compagnon d’arme et ami, le général Sékouba Konaté, sous l’œil vigilant du médiateur dans la crise guinéenne, Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. Dans un langage franc, le Capitaine Camara a donné des conseils utiles à ceux qu’il considère comme les artisans de son échec.
«Je sais que beaucoup ont profité de ce pouvoir pour faire du n’importe quoi, je ne vais pas citer de noms; mais ils se connaissent, il faut qu’ils cessent…J’ai peur pour mon ami (le général Sékouba, ndlr), il ne faut pas que les mêmes personnes qui m’ont trompé en se basant sur l’ethnie le trompe aussi. Je sais qu’il y a certains parmi vous qui se basent sur l’ethnie pour créer des problèmes en Guinée. Si c’était pour l’ethnie, je n’allais pas être au pouvoir. » Expliquait le Capitaine Dadis.
«Vous ne le savez pas, mais le jour du décès du général Conté, lui et moi on est parti directement au camp Alpha Yaya Diallo, et on connaît tous ce qui s’était passé là-bas ce jour là…Depuis la prise du pouvoir, beaucoup de choses se sont passées entre nous. Je voyais tout, seulement je n’ai rien dit. Ils m’ont trompé et je ne veux pas qu’ils trompent mon ami. Personne ne peut se mettre entre le Général et moi, vous savez tous que je vous ai nommé parce qu’il a accepté, sinon aucun de vous ne serait devenu ministre s’il s’y était opposé. Je n’ai jamais pris de décision sans le consulter d’abord, et lui aussi, il n’a jamais pris de décision sans me consulter. Donc, j’ai cette probité morale. Quand il m’a proposé de signer l’accord c’est seulement le ministre des Affaires Etrangères (Alexandre Cécé Loua, ndlr) qui m’a encouragé de signer…Donc à partir d’aujourd’hui, je ne veux plus que quelqu’un vienne me dire que El tigre veut te faire du mal…Je vous confie le pays…», rappelait avec amertume le convalescent président devant ses frères d’armes.
Et son compagnon d’arme, le Général Sékouba Konaté président par intérim de renchérir :
« J’ai toujours été honnête et calme avec vous. Ce n’est pas par faiblesse, ou bien parce j’avais peur, seulement je vous observais…Quand on a pris le pouvoir, pour la première fois un hélicoptère est parti dans mon village pour chercher mes grands parents qui sont venus me donner des sages conseils, en me demandant de ne pas vous trahir quelque soit le prix. C’est pourquoi je suis resté dans cette logique. Il faut le reconnaître, d’autres nous ont trahis, mais ils vont payer cher. Dieu va les punir tôt ou tard…C’est vrai que beaucoup d’entre vous sont des intellectuels, mais moi je suis un militaire, je suis un homme de terrain, je reçois des ordres et je les exécute. Vous me connaissez tous, quand j’ai quelque chose dans mon cœur, il faut que je dégage. Beaucoup d’entre vous ont gravi les échelons, mais il faut que je vous le dise, seuls les plus méritants resteront avec nous…
Il faut qu’on se donne les mains pour construire le bonheur chez nous…Je remercie le bon Dieu qui a sauvé notre président, le capitaine Moussa Dadis, et je lui réitère ma fidélité…Je viendrais toujours m’entretenir avec lui au sujet de la gestion du pays…Je lui souhaite prompt rétablissement...».
A noter que les déclarations incendiaires du Colonel Moussa Keita, ministre Secrétaire permanant du Cndd et de Idrissa Chérif ministre de la Communication à la Présidence et au ministère de la Défense, devraient disparaître du paysage des différents médias nationaux et internationaux.
Le premier, depuis sa fameuse phrase «Dadis ou la mort» lâchée lors d’un meeting à N’Zérékoré est vu comme l’un des artisans de l’échec du président du Cndd, qui s’est attiré les critiques tout azimuts de la population guinéenne et de la Communauté internationale qui avait placé en ce jeune officier une confiance aveugle grâce aux actions qu’il avait entreprises dès sa prise du pouvoir le 23 décembre 2008.
N’Diaré Amadou L'Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |