|
Le Premier ministre Jean-Marie Doré n’a pas été tendre avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), lors de son entrevue avec la Coordination des sages des quatre régions naturelles du pays, venus à leur tour présenter des « excuses » au nom de leurs communautés respectives au président de la Transition, pour les offenses subies, au lendemain de la publication des résultats. Pour Jean-Marie Doré, la CENI s’est illustrée par des insuffisances notoires dans l’organisation des élections du 27 juin, ce malgré les énormes moyens matériels mis à sa disposition.
Les sages des 4 coordinations régionales venues rencontrer le Premier ministre, le 9 juillet dernier, suite aux incidents qui ont émaillé l’après élection, ont sans doute été surpris d’apprendre que la CENI, maître d’oeuvre du processus électoral, avait failli à son devoir.
En ne mettant suffisamment pas de sérieux, dans son travail.
Une légèreté qui aurait porté un sérieux coup au déroulement normal du vote du 27 juin.
« Je vous avoue qu’au moment où l’on proclamait les résultats de l’élection, certaines urnes continuaient encore à parvenir à la CENI. Pourtant elle avait suffisamment reçu d’argent plus qu’elle n’en avait demandé. De 30 milliards réclamés pour un premier temps, il a été finalement mis à sa disposition 45 milliards de fg. Ce qui pouvait lui permettre d’acheter des véhicules pour pouvoir mener à bien les déplacements et de faciliter la centralisation rapide des résultats », a révélé Jean-Marie Doré, qui avait l’air très remonté devant les coordinations régionales, à propos de la CENI.
Partant de là, le Premier ministre a émis des regrets, du fait que son gouvernement à travers le ministère de l’Administration du territoire et des affaires politiques (MATAP), n’ait pas été associé à la gestion du scrutin du premier tour. Une telle démarche aurait permis certainement ‘’d’empêcher ou de limiter ce grand cafouillage enregistré lors du scrutin», a déclaré Doré.
Face au tollé suscité par les irrégularités enregistrées au premier tour du vote, la CENI ne sait plus où donner de la tête.
Et son président Ben Sékou Sylla a regagné Paris, au lendemain de la publication des résultats, pour des raisons de santé, argue-t-on du côté de son institution.
Certains observateurs suggèrent qu’on revienne à l’ancien schéma de la cogestion du processus électoral, qui impliquait la CENI et le ministère de l’Administration des affaires politiques (MATAP).
Vu que le pouvoir en place n’a pas de candidat déclaré, on ne pourrait craindre que les élus locaux et autres fonctionnaires de l’administration du territoire ne manipulent les résultats, en faveur de celui-ci. Comme c’était toujours le cas, sous le règne de Lansana Conté. Concernant toujours cette élection présidentielle, des sources proches de la Cour suprême indiquent que la proclamation des résultats définitifs pourrait avoir lieu le 19 juillet prochain.
Ce qui signifie que le second tour lui ne se tiendra qu’au mois d’août, à l’allure où vont les choses.
En attendant, les personnes interpellées pour "fraudes" lors du scrutin du 27 juin vont devoir répondre devant la justice.
Ce mardi, leur première comparution était prévue à la justice de paix de Mafanco.
Camara Moro Amara Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|