vendredi 26 novembre 2010
Gbagbo - Ouattara : Vive la Côte d’Ivoire !
Saïdou Nour Bokoum

Match, pugilat, face à face, rien de tout cela. Ce fut beau, plaisant, enjoué, serein. PROFOND. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire. Ce n’était même pas un débat. Ce fut un échange fusionnel. Faut-il entrer dans les détails ? Dire que Gbagbo a mis deux à trois minutes pour trouver ses marques, après avoir ramé quelques longues secondes, cherchant cette introuvable Haute cour de justice pour juger si nécessaire même un président de la République ? Que Ouattara parut quelques rares fois un peu froid, un peu monsieur chiffres qui tenaient lieu de compassion quand il fallait parler de chômage, de pauvreté ? Très vite, l’un et l’autre ayant retrouvé ce je ne sais quoi de Moussa, sans utiliser forcément la langue de ce personnage ivoirien qui n’appartient qu’à lui, tous deux chacun dans son ton, son style, ont offert une véritable performance au sens théâtral du terme. Un art vivant, un art du vivant.

Tous les sujets, dont le plus grave, un pays coupé en deux depuis une longue décennie qui a commencé dans le sang, s’est poursuivi par une interminable crise de toutes les institutions, des affrontements ethno-politiques sanglants. Une fuite en avant dans un état d’exception où l’on ne savait plus qui était putschiste, parfois même qui était ivoirien et qui ne l’était pas, de haut en bas de l’ascenseur social bloqué, non pas seulement dans les sous-sols (Jamel Debbouze), mais simplement bloqué on ne sait où.

Et voilà que même celui qui n’avait plus suivi ce feuilleton depuis Marcoussis, se trouve illuminé par de petites allusions courtoises, de petites piques mi-figue mi-raisin. On comprend tout, on oublie tout, on est pris par le suspense. Un chef-d’œuvre du genre. Mais où donc ces deux-là ont appris cela ? Ils ont fini comme ils avaient commencé, sans nous ennuyer, sans se répéter. Ils ne sont pas venus pour se battre. Ils sont venus pour réconcilier la Côte d’Ivoire avec elle-même. D’ailleurs, tous les deux, on se demande s’ils se sont jamais fâchés. Ouattara arriva même à taquiner Gbagbo qui de temps en temps donnait du « M. le Premier ministre », alors qu’ils se sont toujours tutoyés. Gbagbo ne fut point défait et sa réponse fut sublime, il en « rougit » même.

C’est la solennité qui voulait ça !

Il aurait même pu ajouter comme Mitterrand,

« ..Monsieur le Premier ministre... »

Petite morsure de canine qui n’était pas pour rien pour la déconfiture d’un certain Ex.

« François, on peut se tutoyer »

Demanda un Français lambda, ex copain de zinc à Mitterrand devenu Président,

« Si vous voulez, Dupond.. »

On ne savait plus qui était le bon, qui était le méchant.

Tous deux ont incarné la Côte d’Ivoire pendant plus de deux heures.

J’ai pensé à ce chef-d’œuvre hollywoodien. Rien que de l’action. Volte face, avec John Travolta et Nicolas Cage. Ils étaient tantôt l’un le méchant, tantôt l’autre le bon, vice-versa. Je ne sais même pas comment dire ce changement époustouflant de rôles ! Il arrivait même que le brouillon Gbagbo soit l’économiste et le placide Ouattara l’historien. Parfois c’est Gbagbo qui semblait froid ou grave et Ouattara d’une légèreté aérienne !

Il y eut un vainqueur. Ce fut le Nègre. Grâce à la Côte d’Ivoire ce soir.

Wa Salam.


Saïdou Nour Bokoum


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Saïdou Nour Bokoum, dimanche 28 novembre 2010
Merci monsieur M. Diakité. J’ai eu tort d’avoir pris pour argent comptant cette « première » selon France 24 et je crois la RTI. Surtout France 24 où en plein JT, on nous dit que Cellou est un « candidat musulman » et Alpha candidat très tôt venu vivre en France, encadré par une famille de Chrétiens. La journaliste aurait dû continuer sur sa lancée : Cellou a été parachuté par Oussama Ben Laden à Ratoma (voir archives de www.aujourdhui-en-guinée : « Pièce à conviction »), et Alpha a changé de religion depuis qu’il a dit « j’ai honte d’être musulman ». Alors qu’Alpha voulait seulement dire qu’il avait honte d’avoir la même religion que certains imams.. France 24 veut tellement complaire à la reine Christine, et donc à Kouchner, et donc..Grâce à vous, à l’avenir, je ferai beaucoup plus attention aux infos des « journalistes » de France 24. Wa Salam.
Mory Diakité, samedi 27 novembre 2010
C`était bien entendu en mars 2007 en Mauritanie
Mory Diakité, samedi 27 novembre 2010
Doyen Bokoum, vous avez oublié le débat entte Sidi Ould Cheikh Abdellahi et Ahmed Daddah
Saïdou Nour Bokoum, samedi 27 novembre 2010
Mes chers, ne nous laissons pas monter la moutarde au nez. Je n’ai parlé que de « spectacle », parfois profond, pour ceux qui ont compris les allusions de Gbagbo et Ouattara. Cela dit, Ouattara, le cadre solennel, la mise en scène, ont poussé Gbagbo dans les cordes pour qu’il promette de respecter le verdict des urnes. Et qu’en est-il de ces décrets qu’il devait prendre dès le lendemain dont celui du couvre-feu, quand on sait qu’au premier tour, des bureaux de dépouillement ( ?) furent interdis à des observateurs ? Cela dit en Guinée on n’a pas eu droit à un face à face. On n’a même pas eu droit à une FARCE. C’était une première en Afrique de l’ouest. Wa Salam.
LaNouvelleRepublique, samedi 27 novembre 2010
MOI JE VOUS DIS D`ATTENDRE LES ELECTIONS DE DEMAIN EN COTE D`IVOIRE AVANT DE LES GLORIFIER CAR MOI JE NE VOIS QU`UNE POUDRIERE QUI S`ANNONCE POUR TOUTE LA SOUS REGION SI JAMAIS ILS ESSAYENT DE VOLER CES ELECTIONS POUR MR OUATTARA COMME ILS ONT FAIT EN GUINEE C`EST SERA LE CHAOS TOTAL POUR TOUTE LA SOUS REGION,CAR LES IVOIRIENS NE SONT PAS BETES COMME LES GUINEENNS POUR VOTER UN BURKINABE COMME LE PRESIDENT DE LEUR PAYS,ET SI PAR MALHEUR LES FRANCAIS ESSAYENT D`INFLUENCER LES RESULTATS LA-BAS COMME EN GUINEE C`EST SERA LA CATASTROPHE,MOI JE VOUS DIS DE NE PAS ETRE TROMPER PAR CE DEBAT DE FACADE QUI N`ETAIT QUE POUR AMUSER LA GALERIE.
Elie KAMANO, vendredi 26 novembre 2010
@A.O.T. Diallo,vous avez entièrement raison. Merveilleuses paroles que les va t-en guerre doivent comprendre.
A.O.T. Diallo, vendredi 26 novembre 2010
Doyen, j`ai suivi aussi hier soir ces accolades entre Gbagbo et ADO et la semaine derniere les bises entre Ado et Bedié - et j`ai tout de suite pensé à ma secretaire quand je vivais à Abidjan et qui a retouvé son fils unique qui pourrissait dans une morgue en raison de leurs "affrontements ethniques". Les seule perdants aujourd`hui dans toute cette affaire sont son fils, sa famille et surtout elle-meme !!! Se battre et mourrir pour des politiciens africains est la plus grande erreur possible - j`en sais personellement quelque chose. Demain vous verrez tous Alpha Condé, Cellou Dalein et tous les autres se faire la bise à la tribune officielle de notre fete nationale - et tant pis pour les pauvres victimes et leurs familles...
GilBlack, vendredi 26 novembre 2010
Que de civilité malgré la guerre qui a rongé ce pays!YES GRAND CHAPEAU CI...On a souhaité cela a vain.Mais un imferfectible comme Alpha ne pourrait rien face a Dalein.
TANIKO, vendredi 26 novembre 2010
En cote d`ivoir chacun connait sa place!En guinée chacun veut la place de l`autre.et personne ne sait ce qu`il est ou doit etre.Mamadou sylla ayant cotoyé conté,veut etre président.Bouna Keita aussi,Yaourt de siguiri l`intoxiqueur intoxiqué,keira le fils du tortionnaire,kassory le pilleur de l`Etat,kaba ousmane,l`arrogant voleur qui crie au voleur,Kouyaté le griot qui veut sa cour,Fall le dealer qui se veut leader,j`ai oublié qui ,personne il reste que des .....
mohamed sampil, vendredi 26 novembre 2010
Enfin des Africains civilisés..Bonne chance , la Côte d`Ivoire...Ce n`est pas en Guinée qu`on vera un tel débat...Pauvres de nous

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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