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La ville de Fria située à une centaine de kilomètres de la capitale Conakry est en ébullition depuis le samedi 8 mars. Et pour cause de nombreux jeunes exigeaient la fourniture de courant électrique et ce 24 heures sur 24. Ces meutes qui ne sont pas restées sans conséquences ont été dispersées par les forces de l’ordre. La ville de Fria est celle qui a accueilli la toute première usine d’alumine en Afrique. Ainsi depuis un bon bout de temps, les habitants de la commune urbaine avaient pris le goût à consommer de l’électricité 24 heures sur 24. Aussi de l’eau au robinet en toute saison. Mais voilà que depuis quelques jours les coupures intempestives sont légion dans la Cité de l’alumine. D’après des témoignages recueillis auprès de certains citoyens, il y aurait au moins plus d’une semaine que l’électricité commençait à se faire rare. Notre interlocuteur de poursuivre : «Cette coupure débutait de 8 heures à 13 heures et cela tous les jours. De 9 heures à 13 heures, nous sommes retrouvés dans les sillages de 19 heures à 22 ou à 23 heures. Vu la situation qui se compliquait, les élèves ont alerté les autorités préfectorales et celles de l’usine Friguia. Avec tout cela, les coupures persistaient et les jeunes élèves ont décidé ce samedi 8 mars de mettre fin à la pagaille. C’est là que les routes furent barricadées et les activités perturbées». Le pire est que les ménages qui avaient allumé des groupes électrogènes pour parer à la crise n’auront fait qu’accentuer la colère des manifestants qui n’ont pas tardé à bombarder leurs maisons de cailloux et autres objets à portée des mains. D’ailleurs, c’est là que le véhicule du directeur de la sûreté urbaine de Fria a payé les frais car complètement endommagé. Pendant ce temps, la résidence du préfet était ceinturée par des forces de l’ordre et les expatriés russes n’ont trouvé de solution que d’évacuer leurs familles vers la capitale Conakry. A un moment donné de la manifestation, certains émeutiers auraient pris l’option de brûler des pneus sur le nouveau goudron, don de la compagnie Rusal à hauteur de cinq millions de dollars. C’est à ce niveau que d’autres se sont opposés en faisant croire aux ‘’destructeurs’’ que la solution n’est pas d’endommager le goudron offert par d’autres personnes pour le développement de Fria. Notre deuxième interlocuteur nous confie que les autorités veulent aggraver la situation en essayant de militariser leur cité. Pendant ce temps, certains sous-traitants à l’usine Friguia étaient prêts à manifester leur ras-le bol, profitant ainsi de la situation de crise qui paralyse la ville. Mais ils ont été stoppés dans leur élan par d’autres travailleurs de la même usine. Le représentant de Rusal en Guinée, dans une interview qu’il a accordée récemment à notre rédaction, a confié que la fourniture du courant, de façon gratuite, n’est pas dans le contrat qui lie sa société à l’Etat M. Anatoly Pantchenko pense que la facture ne fait que s’alourdir pour son entreprise. Il a ajouté que rien que pour l’année 2007, le mazout a coûté 11 millions de dollars pour Rusal. Des témoignages concordants affirment pourtant que l’agence communale de l’EDG fait des recouvrements, à l’exception des travailleurs de l’usine. A la direction de Rusal, principal fournisseur de l’électricité, l’on se demande où va la somme collectée auprès des pauvres citoyens. Force est de reconnaître que la ville de Fria va grandissant, occasionnant une forte demande en eau et électricité. Au même moment à Conakry les élèves du lycée Donka barraient à leur tour l’axe Dixinn-Donka en signe de protestation contre l’absence de certains de leurs enseignants qui ont boudé les salles de classes à cause du retard accusé dans le paiement de leur salaire. Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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