dimanche 10 mai 2009
Frédéric Kolié, ministre de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques : « L’UE est prête à reprendre ses relations avec la Guinée »
Frédéric Kolié

Dans cette interview, Frédéric Kolié, ministre de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques, aborde la récente nomination de cadres dans les gouvernorats et les préfectures, le recensement des électeurs, le séjour de la mission gouvernementale à Bruxelles…

 

L’indépendant : Quelles sont les raisons profondes des décrets nommant les chefs de cabinet, les conseillers et les secrétaires généraux au niveau des gouvernorats et des préfectures?

Frédéric Kolié : Depuis notre prise de fonction, nous nous sommes mis en pleine phase de mutation au sein de notre département. Le chef de l’Etat, le capitaine Moussa Dadis Camara, a donné le ton pour dire qu’il faut rompre avec la léthargie, les anciennes habitudes et donner à notre administration un nouveau visage, celui de la transparence, de l’équité, et puis redonner à notre administration un nouveau souffle. A ce niveau, le choix des hommes reste orienté sur des critères objectifs et non subjectifs. Il nous faut donc ramener l’administration à un niveau beaucoup plus compétitif et plus efficace pour le bénéfice de nos citoyens. C’est cette raison donc qui nous a amené à proposer ces décrets à la signature du président de la République, le capitaine Moussa Dadis Camara. Ces décrets ont consacré la nomination des secrétaires généraux au niveau de nos préfectures, mais aussi des différents conseillers, directeurs de cabinet et chefs de cabinet au niveau de nos gouvernorats. Les critères sur le choix des hommes se sont fondés sur la compétence, l’expérience professionnelle. Nous nous sommes appesantis sur le fait que le choix des hommes devrait se fonder sur le fait que les agents à choisir doivent relever de la maison mère. Ce qui nous amène à dire qu’il fallait nécessairement nous défaire du parachutage dans l’administration, c’est-à-dire choisir des hommes au niveau des structures qui n’ont rien à voir avec notre département. Le chef de l’Etat a bien voulu honorer notre engagement en signant ces décrets.

La suspension des opérations d’enrôlement des électeurs fait débat. Quelles en sont les raisons ?

Les opérations d’enrôlement des électeurs, comme vous le savez, ont été lancées depuis octobre 2008 dans la perspective des législatives qui ont été projetées. Depuis donc cette date jusqu’à ce jour, il s’est écoulé quand même beaucoup de mois. C’est dans ce cadre que des opérateurs de saisie ont été recrutés et envoyés à l’intérieur du pays où le recensement des électeurs avait commencé pour les consultations à venir. Il faut quand même remarquer que ces opérations coûtent très chères à l’Etat. Le Budget national à lui seul ne peut supporter ce financement. L’Etat a besoin de nos partenaires étrangers, notamment les bailleurs de fonds, pour nous aider à supporter le coût de ces opérations. Jusqu’à ce jour, nous avons encore des arriérés de paiement en raison des difficultés de décaissement. Nos recettes fiscales sont tombées de nos jours à un très bas niveau. Et avec la situation des finances internationales, l’Etat a des problèmes de ressources internes. Je crois que c’est tout cet ensemble de problèmes qui a contribué à nous dire qu’il fallait donc suspendre l’enregistrement, puisque tout compte fait, aujourd’hui on a atteint un niveau très acceptable, un score honorable quant au taux de recensement. Nous sommes aujourd’hui aux environs de 70% d’une manière globale. Au niveau de certaines zones, nous avons quelques retards. Mais globalement pris, nous avons atteint un niveau respectable. On a fait la suspension en attendant de faire l’évaluation du niveau d’enregistrement avec des missions que nous avons envoyées dans tout le pays. Ces missions nous font parvenir chaque jour des statistiques des différentes CARLE. A l’issue donc de la vision globale que nous aurons de ces statistiques, nous pourrons décider éventuellement de donner encore peut- être un coup de pouce, en accordant quelques jours de rattrapage dans certaines zones.

Quel sera le sort réservé à ceux qui ne sont pas encore recensés ?

Lorsqu’on aura toutes les statistiques, le gouvernement va décider de l’opportunité d’accorder une rallonge pour les zones qui sont en retard. C’est par exemple au niveau de Conakry où il y a eu d’énormes difficultés. Il faut ajouter à cela qu’il y a nos compatriotes de l’étranger aussi. Nous voulons une démocratie participative et pour le faire, il faut nécessairement impliquer nos compatriotes qui vivent ailleurs. C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de faire participer tous les guinéens au processus. Dès qu’on aura le financement nous allons commencer le processus de recensement de ces compatriotes de l’étranger.

Quel bilan peut-on tirer des consultations de la délégation gouvernementale à Bruxelles avec l’Union Européenne ?
Il faut préciser que ces consultations ont eu lieu à la suite de la reprise des relations que l’Union européenne a acceptée avec la Guinée après la prise du pouvoir par les forces armées le 23 décembre 2008. La Guinée et les autres pays ACP sont liés par des accords à l’Union européenne. L’UE a donc estimé que nous étions en violation de l’article 96 de la convention de Cotonou. Article qui est donc relatif à la question des droits de l’Homme, à la question de la démocratie et à l’acceptation de l’Etat de droit. Avec les avancées que la Guinée a eu, l’Union européenne, elle-même a jugé utile qu’il était opportun de reprendre les négociations avec elle. Je crois que c’était le cadre de la négociation avec Bruxelles. La délégation était composée de plusieurs ministres mandatés par le président de la République le Capitaine Moussa Dadis Camara. Le dossier guinéen a été présenté dans son ensemble tant sur le plan du développement des institutions, tant sur le plan économique. La délégation a eu à répondre à un ensemble de questions qui avaient été posées de façon très précise à chacun des membres du gouvernement dont le MATAP, le ministère de la Justice, de l’Information, des Affaires étrangères et autres. Je crois que très sincèrement, chacun des ministres a répondu de façon correcte et directe aux questions de nos partenaires européens. Nous nous sommes retournés de ces consultations avec un bilan très positif. Vous avez dû suivre les témoignages des cadres de l’Union européenne. Désormais, l’UE est prête à reprendre ses relations avec la Guinée, à nous accompagner dans le processus de démocratisation, en tout cas dans la phase de la transition que nous avons enclenchée en Guinée.

Peut-on savoir les objectifs de l’Ecole nationale d’administration de Sérédou ?

C’est un centre qui forme des cadres de l’administration territoriale. Cette école a été créée il y a quelques années. Il est chargé d’assurer la formation et le perfectionnement des hommes territoriaux du pays. Je crois que c’est dans ce cadre là que nous avons cru, une fois à l’intérieur du pays et lors de notre passage à N’Zérékoré, nous avons visité ce centre et rendu visite aux élèves qui étaient là -bas depuis le début de l’année. Le centre a pour but d’assurer la qualification de nos agents à la fois centraux et déconcentrés. Sans la formation et la qualification, on ne peut avoir une administration productive. Nous allons mettre tous nos efforts pour que ce centre soit un vivier pour notre administration. Il n’y a que la qualification qui paye.

Propos recueillis par Aly Badara Condé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
I.B, jeudi 14 mai 2009
Bonjour, je viens de retrouver l`un des mes meilleurs profs à l`Uni de Ckry de 1988 à 1992, Mr Kolié m`a dispensé des cours de Droit civil en 1ere année (Economie) un excellent prof de par sa clarté dans les explications et jusqu`aujourd`hui je me rappel encore de mes leçons, Meilleures slts, I.Bangoura, VAUD - SUISSE
Amkoullel, dimanche 10 mai 2009
Accueil Vidéos Images Archives Livre d`or Forum Charte Contact Analyse Parole aux femmes Editorial Libre opinion Actualité Lettre fraternelle à Monsieur Jacques Kourouma C`est avec en grand intérêt que j`aie lu le compte rendu du voyage que vous aviez effectué en Guinée dans le courant du mois d`Avril. J`ai été surtout sidéré des arguments et des constats sur la vie en Guinée depuis l`avènement du CNDD. N`est-ce pas les mêmes habitudes de l`ère Conté? Donc, un statu quo! Bien que pour beaucoup d`observateurs l`espoir ait refait surface et que la vie la vie du citoyen lambda semble s`être améliorée par la baisse des prix et ne pas reconnaitre serait un sentiment de mauvaise foi. En effet, bien qu`étant partisan de ceux qui ne veulent pas une transition qui n`excéderait pas une année; j`aimerai être situé sur un certains nombre de points quant à la volonté du CNDD de remettre la Guinée sur les rails et dans sa lutte contre les vieilles habitudes qui ont faits de notre pays l`un des plus pauvres du monde. -Qu`est ce qui vous garantie que le CNDD à l`intention de ne pas s`éterniser au pouvoir? -Pourquoi le Capi-Prési Dadis s`offusque-t-il en justicier? -Quelles explications donnez-vous sur le sort des militaires proches du feu Conté arrêtés et dont le motif d`arrestation n`a ni été situé par Dadis ni par le ministère de la Justice ( qui selon beaucoup d`observateurs ne seraient que fictif). -Ces décrets et contre-décrets ne sont-ils pas un retour à la case-départ? -Que dites-vous de la promotion Ibrahima Diawara ou de Paul Moussa; est-ce début ou la fin de parrainage? -Pourquoi ces multitudes de nominations alors alors que les engagements pris par le CNDD serait d`organiser les élections en Décembre , c `est à dire dans 7 mois? Et je souhaite que votre soutien qu` CNDD serait purement et loin d`être une activité circonstancielle. Mes salutations les meilleures. Fraternellement. Mohamed Taran, Paris France concert@mafraternite.com | www.mafraternite.com http://www.youtube.com/user/dolonki

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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