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L'on ne chicane pas du tout, que les organisations internationales accourent au chevet de la Guinée pour s'enquérir de son actuelle situation sociale, économique et politique. Par contre la Francofolie d’Abdou Diouf a insupporté plus d'un observateur indépendant de la vie politique guinéenne, en députant le socialiste Albert Bourgi, le vendredi 9 janvier dernier à Cona-cris, en toute connaissance de ses relations amicales et politiques avec Alpha Condé, le PDGiste du RPG. Ce parti-pris de la part de ce machin qu'est la Francophonie, est inélégant.
Intellectuellement parlant, c'est malhonnête d'opérer une telle incursion politique partisane, en ce tournant historique de la page de l'histoire du bled. Abdou Diouf, le Secrétaire général de cette Francofolie et ancien secrétaire général du Parti Socialiste sénégalais, et en même temps, ancien président du Sénégal, connaît pertinemment les relations tendancielles qui lient Albert Bourgi à Alpha Condé.
Albert Bourgi est le sherpa politique d’Alpha Condé. Le PDGiste du RPG est incapable de peaufiner le plus petit paragraphe politique, sans se référer à Albert Bourgi. Albert Bourgi était le temporisateur de la conférence organisée à Dakar, après la houleuse sortie de prison d’Alpha Condé à Cona-cris. En présence de l'ancien condamné guinéen et de la classe politique sénégalaise, le sherpa avait bien su temporiser le brouhaha des intervenants sélectionnés.
Abdou, la girafe de la Francofolie connaît ça et plus que ça entre les deux camarades de parti. Malgré cela c'est cet Albert Bourgi tendanciel qu'il dépêche à Cona-cris, pour priser l'organisation et la gestion de la transition en Guinée. Ça ne peut pas laisser indifférent les observateurs indépendants et impartiaux de la politique guinéenne.
Pratiquement, Albert Bourgi a joué à Cona-cris, le même rôle que Guilaberti avait joué en Côte d'ivoire, en déstabilisant et en blousant les partis politiques en faveur de l'intronisation de Laurent Gbagbo au pouvoir.
Il faut justement dénoncer ce manque d'élégance et d'impartialité que dégage cette Francofolie, comme du miasme putride. Elle ne manque pas quand même de personnes ressources à déléguer à tout vent.
Albert Bourgi ne saurait être impartial en Guinée. Il va sûrement plaider dans les dédales de ce machin de Francofolie, la cause de la "plate-forme des partis sur l'organisation et la gestion de la transition" défendue, bec et ongles, par le "courtier" du RPG.
Comme vous l'avez relevé, cette plate-forme est une copie pas tout à fait conforme, de celle signée par l'UFR, l'UNPG, le MEAG, l'ANP, le PLD, le PLG, le PGUD et l'UDR. Dans le camp d’Alpha Condé ont paraphé le MDP, le PDA, l'UFD, la LCC, l'UFDG, le DJAMA, le PRN, le CPG, le MOSECO et l'UPG.
Portons maintenant réflexion sur ces deux plates-formes qui diffractent seulement sur le calendrier électoral de transition à adopter. Le clan d’Alpha Condé se prononce "en faveur de l'organisation des élections législatives en juin 2009 et la présidentielle en décembre 2009." Un point c'est fou. Aucune explication de ce choix bizarroïde. C'est à Albert Bourgi d'expliquer sûrement la dialectique du choix de son camarade. En tout cas, sur la même question, l'UFR et les autres signataires dans ce camp, proposent "d'organiser en priorité l'élection présidentielle".
Pourquoi ? Parce qu'au regard du régime de type présidentiel guinéen, ils estiment que "le plus important pour restaurer de l'autorité de l'Etat, est le choix du chef de l'Exécutif, par une élection présidentielle". N'est-ce pas prégnant ?
Et c'est vrai que « la Guinée a besoin de profondes réformes, qui ne seront possibles que si le président de la République dispose d'une majorité à l’Assemblée nationale », pour éviter que le malheureux scénario mauritanien ne se produise en scénario-Guinée, aux lendemains de la transition.
Quel intérêt y a-t-il maintenant à monter illico presto une Assemblée nationale en juin 2009 ?
Alors que les deux camps s'accordent sur la création d'un "Conseil National de Transition (CNT) chargé de mettre en œuvre les réformes indispensables au déroulement du processus de transition et de contrôler l'action gouvernementale". Dans ce Conseil, siégeront des représentants des partis politiques, de la société civile et des Forces de Défense et de Sécurité.
Avec précision en post-scriptum, que le mandat du CNT "prendra fin avec l'installation de la nouvelle Assemblée nationale élue". L'on ne pige pas vraiment la démarche du clan d’Alpha Condé dans cette intrigue politique.
Au secours Dominique de Villepin ! "C'est qu'il n'y a pas, dans la dure arène politique, de bons et positifs sentiments (sauf par erreur), juste des intérêts à défendre ou à préserver." Des intérêts qui ne cadrent nullement avec le souci de sortir enfin les populaces guinéennes des ténèbres et d'impulser le développement économique et social du pays. Tout est perso dans cette affaire. Un petit éclaircissement trace dans ce brouillard politique, telle une traînée de neige sur du sable. En fait dans l'affaire là, chaque leader porte en son fort intérieur, sa hantise.
La Constitution guinéenne de 1990 disqualifie de l'élection présidentielle, les jeunes candidats âgés seulement de 70 ans. Or, Alpha Condé a fini de griller ses 71 ans !
Vous imaginez dans quel état moral, il va se trouver si, par extraordinaire, on dépoussière cette Constitution pour la future présidentielle ? Quelle tête, il va encore faire aux Guinéens qui refuseront de se faire déchiqueter à la mitraillette, devant lui servir d'immolation, pour son intronisation au pouvoir en Guinée !
La crainte de Cellou Dalein Diallo tourne sur les audits. Dans ses calculs mentaux, il mise sur le montage d'une Assemblée nationale avant l'élection présidentielle, pour s'abriter peut-être sous le mandat de l'immunité parlementaire.
Hey Ko Onon, kawoo Cellou ! "marssoy taa !" Ce topo ne marchera pas. Les audits sont indispensables pour empêcher la Guinée de disparaître dans ses sables mouvants de détournements de deniers publics.
Il faut impérativement un audit de tous les premiers et derniers ministres du régime défunt de Lansana Conté. Un audit aussi, des anciens présidents et vice-présidents de la Banque Centrale de Guinée.
Et ces audits doivent se faire dans le respect de la loi. Aucune brimade. Aucune atteinte aux droits de l'être humain. Aucun excès. Mais il faut absolument ces audits. Sinon, l'on ne comprend pas, que des partis politiques se mettent à se battre pour s'empiffrer de charogne dans une Assemblée, alors que "un parti politique, cela doit vouloir gouverner", comme le dit Franz Müntefering, alors président du SPD d’Allemagne.
Les ramasseurs du pouvoir du 23 décembre à Cona-cris, ont promis de le rendre aux civiles par le truchement d'élections présidentielles libres, transparentes et démocratiques.
Et Me Abdoulaye Wade, le premier chef d'Etat africain à les soutenir sur tous les ondes de radio, a martelé à Moussa Dadis Camara, que "la place des militaires c'est dans les casernes".
C'est le vœu des Guinéennes et des Guinéens, d'élire dans les plus brefs délais, un chef d'Etat capable d'abréger leurs souffrances et de développer le pays. Et c'est le vœu de la communauté internationale, de voir cette présidentielle se dérouler avant fin 2009.
Maintenant, l'on a comme l'impression que ceux qui militent pour le premier montage de l'Assemblée, avant toute élection présidentielle, jouent implicitement pour la durée de la transition. Parce que manigancer pour la fabrique d'une telle Assemblée n'écourte pas, pour autant, la période de transition.
Moussa Dadis Camara et ses copains continueront "à assumer le rôle d'exécutif". Et la menace d'une déstabilisation par un coup d'Etat militaire "classique", comme l'entend Me Abdoulaye Wade, va continuer à planer sur le pays. C'est clair comme de l'eau de roche. Et puisqu’elle va être cette dialectique à développer pour surseoir aux sanctions de la communauté internationale, en montant une Assemblée qui sera, à coup sûr, un applaudimètre pour Moussa Dadis Camara et son clan.
Posez la question à Albert Bourgi, qui traficote pour Alpha Condé au sein de la Francofolie.
Internautes de tout bord ! Appropriez-vous ce débat et dites-nous tout, sans avoir peur des mots ! Il y va du devenir de notre Guinée. Il faut réagir dans cette bataille des idées. Sinon c'est la médiocrité, par ricochet une autre tyrannie avec l'appui de cette camaraderie, qui se réinstallera au pouvoir en Guinée.
Ça suffit ! Y en a assez ! L'on exige maintenant un capable au pouvoir. Un démocrate. Un républicain.
Par ailleurs, l'on apprend selon une dépêche de l'AFP, que la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a finalement suspendu, ce samedi 10 janvier, notre pays des activités de l'Organisation. La CEDEAO exige le retour à l'ordre constitutionnel dans le patelin. Ce qui signifie explicitement le retour des militaires dans les casernes.
C'est dire qu'il faut vraiment militer pour des élections présidentielles démocratiques, transparentes et plurielles, avant de passer aux législatives, pour qu'enfin, la Guinée puisse devenir un pays, tout simplement normal.
Benn Pepito pour www.guineeactu.com
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