mardi 26 janvier 2010
Formation du nouveau gouvernement : Un premier test pour Doré
Jean Marie Doré

Le décret de nomination au poste de Premier ministre, chef de gouvernement du Secrétaire général de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), M. Jean Marie Doré a été rendu public le jeudi dernier. Une décision qui lui donne les pleins pouvoirs de composer une équipe gouvernementale à sa guise.

Le général Sékouba Konaté a promis de nommer un Premier ministre issu des rangs de l’opposition. Et il l’a fait. Il revient dorénavant à l’heureux élu de presser le pas, pour mettre en place une équipe gouvernementale capable de mener à bien la feuille de route qui lui sera soumise, dans le cadre de cette dernière ligne droite de la transition prévue pour ne durer que six mois. Jean Marie Doré a déjà entamé les consultations pour la composition du futur gouvernement d’union nationale. Et tout porte à croire que dans les heures qui suivent, les Guinéens connaîtront ceux qui vont figurer sur cette liste. La passation de service entre le nouveau Premier ministre et Kabinet Komara étant elle prévue ce mardi.

De la composition du futur gouvernement dépendra en partie la réussite du Premier ministre entrant, dans l’exécution de son programme.

M. Doré a sans doute tiré les leçons des échecs de ses prédécesseurs dont les équipes étaient généralement faites de copains et de coquins. S’il se laisse tordre le bras par les groupes de pression qui gravitent autour du général Sékouba Konaté et dans certains milieux des Forces vives, pour accepter des personnages sulfureux dans son gouvernement, le Secrétaire général de l’UPG finira à la longue par ne servir que de faire valoir. Voire de Premier ministre réduit à inaugurer les chrysanthèmes. Comme Lamine Sidimé, Cellou Dalein Diallo, Kabinet Komara, Lansana Kouyaté, qui ont la fâcheuse réputation de n’avoir pas été à la hauteur de leur tâche, lors de leur passage à la Primature.

Aujourd’hui, avec l’espoir qui commence à renaître chez les populations, suite à l’engagement de la junte de rendre le pouvoir aux civils, il serait opportun de désigner les cadres en vertu de leurs seules compétences techniques et leur probité morale. Le temps où il fallait marchander pour prétendre à un poste ministériel semble révolu. Du moins c’est le souhait de bien des gens. Il reste à savoir si Jean Marie Doré sera à la hauteur des attentes dans ce sens. Et la formation de ce gouvernement sera un premier test pour Doré. Qui n’a non plus pas intérêt à ce que des hommes en treillis éclaboussés par les massacres du 28 septembre se retrouvent au sein du gouvernement. Cela risquerait de heurter la sensibilité des défenseurs des droits de l’Homme qui exigent que les présumés auteurs et commanditaires de ces « crimes contre l’humanité » soient traduits devant des juridictions compétentes.

En attendant, les tractations se poursuivent autour de la composition du futur gouvernement et aucune entité sociale ne voudrait être lésée dans le partage du gâteau. S’il est vrai que les accords de Ouaga que M. Doré a réfutés, avant de se raviser, stipulent qu’aucun membre du gouvernement de transition ne pourra se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, il n’en demeure pas moins que tous les partis politiques ont pris des dispositions pour soumettre une liste de « ministrables », qui ne comporterait pas les noms des principaux leaders de l’opposition. Des garde-fous destinés à éviter toute surprise au cas où ces accords venaient à être appliqués.

Un autre point qu’il faudra élucider est celui de ce triumvirat prévu selon les rumeurs pour diriger la Primature.

 Si jamais Konaté venait à nommer deux vices premiers ministres, comme annoncé, il va falloir en ce moment définir le domaine de compétence de chacun des trois, afin d’éviter une cacophonie au sommet de l’Etat. Sinon cette lourdeur va produire des effets négatifs sur le fonctionnement de tout le système administratif.

Quant au nombre de portefeuilles à attribuer, on entend parler d’une trentaine. Ce qui aux yeux de certains observateurs semble être un peu trop. L’expérience ayant prouvé que les « gouvernements bateaux » ne servent qu’à alimenter des prébendes.

Selon ces observateurs, une équipe restreinte d’une vingtaine de cadres compétents et intègres est capable de relever les défis du moment qui portent essentiellement sur l’organisation d’élections libres et crédibles et le combat contre l’inflation afin de permettre aux citoyens de vivre des revenus tirés de leurs emplois aussi précaires soient-ils.

Il appartient à monsieur le Premier ministre et au général Sékouba Konaté de savoir ce qui pourrait mieux aller pour le pays, dans cette phase de la transition où l’on n’a plus droit à l’erreur.


Mamadou Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Guinée, mercredi 27 janvier 2010
Les politiciens vont capoter cette transition àcause du pouvoir, notre probleme c`est lethnocentrisme, la corruption et l`injustice. Quelques uns sont irresponsables, j`ai peur. Les elections c`est bon mais pas la solution en Guinée, un pays difficile à gerer, ils vont fatigué JMD et Konate pour rien à cause des interet personnels. Que DIEU benisse la Guinée.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011