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Le nouveau Premier ministre, chef de gouvernement a pris fonction ce mardi au cours d’une cérémonie de passation de service qui s’est déroulée en grande pompe au Palais du peuple. Sous d’autres cieux, le départ de Komara aurait donné lieu à la démission de toute son équipe. Mais chez nous, les ministres sortants restent cramponnés à leur portefeuille, espérant être repêchés jusqu’à la dernière minute.
Jean Marie Doré le nouveau locataire de la Primature dévoilera la liste des membres de son gouvernement sans doute avant la fin de la semaine. A propos de la composition de la nouvelle équipe gouvernementale les conjectures vont bon train. Devenu objet de toutes les convoitises, Doré doit savoir cependant qu’il marche sur des œufs. Et que le moindre faux pas lui sera imputé. D’où la nécessité pour le Premier ministre de miser sur des cadres susceptibles de lui faciliter la tâche dans l’exécution de la feuille de route de cette transition. Et non des individus qui ne seront là que pour torpiller le processus et dont la seule motivation sera de puiser dans les maigres ressources de l’Etat.
De nombreux citoyens souhaitent d’ailleurs que Jean Marie Doré ait la latitude de choisir lui-même les membres du futur gouvernement, pour éviter dans l’avenir des querelles de compétences avec certains « supers ministres », qui se sentiront redevables au seul président intérimaire qui les aurait mis là. Comme on en a vécu avec l’équipe sortante, où des ministres comme Boubacar Barry, ministre d’Etat chargé de la Construction et de l’habitat, Mamadouba Toto Camara, ministre de la Sécurité et de la protection civile, pour ne citer que ceux-là, avaient été nommés, par anticipation à la mise en place du premier gouvernement du CNDD.
Des sources concordantes indiquent que certains membres influents de l’équipe sortante, que nous nous gardons de citer ici, auraient tenté de faire accepter des décrets de nominations de 5 ministres à Jean Marie Doré.
Avant même que les clés de la Primature ne soient remises à ce dernier. Mais, M. Doré aurait eu la présence d’esprit de résister à cette manipulation. Tout en renvoyant poliment ces adeptes de la continuité d’un système basé sur la corruption, le clientélisme et le népotisme.
Ce coup de poker qui n’a pas réussi devrait de facto éliminer ces cadres de tout repêchage au cas où le besoin se posait.
Pour autant, le gouvernement Komara n’a pas laissé que de mauvais souvenirs durant les 12 mois passés aux affaires. En effet, depuis que la formation d’un nouveau gouvernement a été annoncée, de nombreux observateurs essaient tant bien que mal de dresser le bilan de l’équipe sortante.
Tout en distribuant de bons et de mauvais points aux ministres. Parmi ceux qui se distinguent par leurs actions jugées positives par ces observateurs, il y a le ministre des Affaires Etrangères, Alexandre Cécé Loua, qui de l’aveu de Dadis est le seul membre du CNDD qui lui aurait vanté les mérites qui entouraient la signature de l’accord avec le général Sékouba Konaté, en vue d’une délégation du pouvoir présidentiel à ce dernier, en attendant que le chef de la junte se rétablisse.
Cette attitude a valu à Cécé Loua de se racheter une bonne conduite aux yeux de l’opinion qui l’avait rangé à tort dans le lot des extrémistes de la junte.
Le colonel Mathurin Bangoura, ministre des Télécommunications aussi fait partie des membres de l’équipe sortante qui forcent l’estime de la plupart des citoyens, qui trouvent que ce commis de l’Etat s’est battu pour récupérer le patrimoine de son département.
Qu’il essaie de mettre en valeur au profit des employés du secteur des Télécommunications. C’est le cas de la cité en construction au quartier Sans fil, par exemple.
Le Secrétaire général des Affaires religieuses, M. Koutoubou Sano n’est pas en reste dans ce club très restreint de « bons » ministres du CNDD.
A son actif, il faut surtout retenir la réussite de l’organisation du Hadj 2009 après plusieurs années de scandale à la chaîne autour de la gestion de l’argent des pèlerins. Même si ses détracteurs eux, relativisent ce succès. Tout en cherchant des poux sur la tête de Koutoubou qui s’est vu accuser de détournement de l’argent des guides des pèlerins. Moussa Tiégboro Camara aurait bien pu figurer dans ce palmarès. Malheureusement pour lui, qu’il y a eu le 28 septembre 2009.
Il a beau nier ne rien avoir à faire avec les massacres, la Commission d’enquête internationale de l’ONU estime le contraire. Pour elle, Tiegboro est parmi les présumés responsables de cette répression.
Les prouesses accomplies par ses services en matière de lutte contre le narcotrafic ne serviront pas à dédouaner l’officier. Qui a perdu son aura au près de ses compatriotes.
C’est dire que le Premier ministre n’aura pas assez de soucis à se faire, si jamais il était tenté par les besoins de reconduire certains membres de l’équipe sortante, l’éventail des choix à faire n’étant pas assez large, avec les impairs commis par la plupart d’entre eux.
Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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