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Après de nombreuses années passées dans l’arène politique nationale, le Secrétaire général de l’UPG et porte parole du Forum des Forces vives Jean Marie Doré a été nommé le 21 décembre 2009, au poste de Premier ministre, chef de gouvernement. Ce vieux briscard de l’opposition guinéenne devenu homme d’Etat depuis sa nomination, vient d’animer sa première conférence de presse. C’était le 2 février dernier, à la Primature. Jean Marie Doré, très connu pour son bagout sera presque méconnaissable et animera une conférence de presse plutôt lapidaire en esquivant la plupart des questions.
Cette conférence de presse aura été organisée pour faire l’évaluation de la situation générale du pays. Ceci avant la formation du futur gouvernement qui tarde toujours à voir le jour. La rencontre avec les journalistes a été précédée d’une réunion restreinte entre le nouveau PM et des experts dans le domaine économique. Certes, pour revoir le prix du carburant et l’indice salarial des fonctionnaires en Guinée.
Au-delà de ce fait, dont les conclusions de la réunion détermineront dans un bref délai, les décisions à prendre, le nouveau locataire de la Primature tentera de répondre aux questions de l’armada de journalistes présents. Qui ont voulu mettre cette rencontre à profit pour éclairer leur lanterne et celle du public par rapport à certaines questions qui défraient actuellement la chronique en Guinée. Mais, c’était sans compter sur le politique devenu homme d’Etat. Car Jean Marie Doré, peut-être par prudence, esquivera nombre des préoccupations des journalistes qui méritaient pourtant d’être éclairées.
D’entrée, le nouveau patron de la Primature a rappelé que sa mission principale consiste à organiser des élections légales, libres et crédibles et de poser les jalons pour une restructuration correcte de l’armée.
D’abord à la question de savoir à quand la formation de la nouvelle équipe gouvernementale, le PM a été très évasif et imprécis. « Quand un parti politique gagne les élections et qu’il forme le gouvernement ça va très vite. Parce que ça dépend de la volonté de ce parti. Les Forces vives m’ont proposé pour le poste de PM. En me nommant le Général Konaté m’a dit qu’il s’agit de former un gouvernement d’union nationale (...) Donc cela prend du temps. Pour consulter toutes les couches sociales afin de prendre un représentant dans le gouvernement, ça prend du temps », répond-il à un confrère. Avant d’indiquer que le temps est à la réception des CV qui seraient examinés par une commission d’évaluation commise à cette tâche. En tout cas, il estime que pour faire un gouvernement sérieux il faut du temps. Plus loin, Jean Marie Doré souligne que certains de ses prédécesseurs ont fait deux (2) mois pour former leur gouvernement. Toute chose qui pourrait porter à croire que la formation de son gouvernement n’est pas pour demain. Sauf changement de dernière minute.
S’agissant du nombre de ministres de son futur gouvernement, M. Doré explique que le nombre n’est prédéterminé. Selon lui, peu importe le nombre, il faut un gouvernement efficace composé d’hommes compétents. Et de préciser qu’il y a trois (3) critères exigés par le Général Konaté pour faire partie de l’équipe gouvernementale. Ces critères exigent qu’on soit compétent, qu’on ne soit pas sous sanctions onusiennes et qu’on tienne compte de l’équilibre régional ou ethnique. Mais le PM n’exclut pas de prendre certains anciens ministres du défunt régime. Parce que selon lui, seule la compétence compte. « Si un ancien ministre s’avère compétent je ne vois pas pourquoi ne pas le prendre », indique-t-il.
Parlant de la durée de la transition qui semble trop courte (6 mois), Jean Marie explique qu’il s’agit d’une projection. Surtout qu’on n’a pas pris un « décamètre » pour mesurer le temps que prendra cette transition. Selon lui, c’est le terrain qui commande.
En utilisant dès fois l’humour, Jean Marie Doré ne se gênera pas d’esquiver la question portant sur sa candidature pour les futures élections. Une question qu’il a toujours feintée. Qui, pourtant mérite d’être élucidée pour éclairer les Guinéens. Afin d’écarter tout risque d’imbroglio au cours de cette transition. Et éviter d’être en porte-à-faux avec les accords de Ouaga.
Jean Marie Doré qui a pris place à la Primature donne déjà l’image d’un homme qui excelle dans l’art d’entretenir le flou autour de ses réelles intentions. Il en est ainsi de la question de son éventuelle candidature aux futures élections présidentielles. A quand va-t-il rompre le doute sur ses intentions réelles ? Attendons de voir.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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