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Au terme de la 1ère phase des pourparlers portant sur la crise guinéenne, à Ouaga, avec le médiateur désigné de la CEDEAO, Blaise Compaoré, les principaux leaders du Forum des Forces Vives de Guinée (FFVG) ont préféré se diriger vers d’autres cieux, plus cléments. Plutôt que de retourner au pays où la lassitude commence à gagner les populations, suite à cette crise née de la répression du 28 septembre.
Cellou Dalein, Sidya Touré, Alpha Condé, Jean Marie Doré, Lounsény Fall, Mouctar Diallo, ne se sont pas retournés au bercail depuis les pourparlers de Ouagadougou, qui se sont déroulés les 3 et 4 novembre 2009.
Tous invoquant des raisons sanitaires, pour justifier cette absence qui ressemble bien à un abandon de la lutte, destinée à faire plier la junte.
Certaines sources proches de l’opposition mentionnent que ces leaders en balade à l’étranger, ne songeraient pas à revenir de sitôt au pays.
Un observateur pense que cette absence ressemble bien à une abdication devant l’ennemi. Et pourrait permettre au CNDD et à son président, de mieux asseoir une nouvelle stratégie, pour se maintenir au pouvoir, aussi longtemps que possible.
« La communauté internationale est en train de faire ce qu’elle peut, en sanctionnant les individus qui s’opposent au changement en Guinée. Mais cela suffit-il à faire partir une junte au pouvoir ? », c’est la question que se posent aujourd’hui bien des gens.
Une question à laquelle on peut répondre par la négative.
Un dicton ne dit-il pas que « quand on te lave le dos, il faut te laver le ventre », alors les leaders politiques guinéens doivent savoir que rien n’est gagné d’avance.
Et qu’ils doivent rallier Conakry pour poursuivre le bras de fer engagé avec le CNDD.
Au lieu de lâcher leurs militants en pâture. Eux, ont les moyens de s’offrir des soins dans les grands hôpitaux parisiens ou américains. Ne connaissent pas de tracasseries pour leurs visas. Mais, leurs militants, n’ont pas eux, cette chance, vivant au jour le jour.
Il faut donc que le combat continue afin que les choses changent, pour permettre aux Guinéens de vivre des ressources de leur pays.
Au Zimbabwe, l’opposant charismatique, Morgan Tchvanguira n’a jamais désarmé face à la dictature de Robert Mugabé. Au Niger, l’opposition a formé un bloc contre Mamadou Tandja. En Côte d’Ivoire, il a fallu que Laurent Gbagbo tienne tête au général Robert Guéi, en 2001, pour que les militaires quittent le pouvoir.
S’il était à Paris, se contentant de déclarations sur les antennes des médias étrangers, Guéi serait encore aux affaires.
Aboubacar Sylla de l’UFC, Bah Oury de l’UFDG, Mamadou Baadikko Bah de l’UFD et Ahmed Tidjani Cissé, qui sont revenus, eux, ne pourront pas à eux seuls, mener la dragée haute au CNDD.
Il faut absolument que les ténors de l’opposition qui ont une capacité de mobilisation soient là, pour que cela se ressente dans le rapport de force avec la junte.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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