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Dans le souci d’une réorganisation du Forum des Forces Vives de Guinée, cinq (5) formations politiques dont entre autres l’Union des forces du changement (l’UFC), les Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) et le PEDN (Parti de l’espoir pour le développement national) ont animé un point de presse le mardi 22 décembre dernier, au siège de l’UFC à Ratoma centre.
Dans une déclaration faite devant un parterre de journalistes à son siège, M. Aboubacar Sylla, président de l’UFC et patron de la cellule de Communication du Forum des Forces vives, a prôné une refonte profonde et responsable des Forces vives de Guinée. Se félicitant de l’importance acquise ces derniers mois par le Forum, et de l’alternance crédible qu’il pourrait constituer par rapport au régime en place, les partis politiques présents à cette rencontre ont unanimement estimé que le retard dans la réorganisation du Forum des Forces vives pourrait être un facteur d’effritement de sa cohésion.
Ils ont été unanimes à constater avec regret : « l’érosion de ce capital de confiance et l’effritement progressif de la cohésion des Forces vives, du fait de l’absence de transparence et du caractère de plus en plus informel du fonctionnement du Forum ; déplorant la désorganisation qui caractérise les activités actuelles du Forum des Forces Vives de Guinée dont les structures et le mode de fonctionnement sont devenus complètement obsolètes en raison du blocage entretenu par certaines personnes qui trouvent leur compte dans le statu quo et qui s’opposent insidieusement à toute forme d’organisation ».
Ces partis estiment aussi que le Forum des Forces vives est entrain de devenir victime de son propre succès. Selon eux, les dérives constatées çà et là font que l’efficacité du Forum peut être compromise.
« Nous avons attiré l’attention des uns et des autres à l’interne depuis quelques mois, sur l’importance qu’il y a du fait que les Forces vives sont devenues plus imposantes du point de vue du nombre de ses membres et du point de vue de sa mission. Nous avons donc demandé qu’il y ait une restructuration pour qu’elle soit à la hauteur de ses nouvelles tâches, mais fort malheureusement nous n’avons pas été entendus. Depuis de long mois, nous nous investissons à l’interne pour que cette réorganisation ait lieu…», a souligné Aboubacar Sylla.
Pour étayer ses arguments, le patron de la cellule de Communication du Forum renchérit : « Cette réorganisation a été demandé par la quasi-totalité, pour ne pas dire l’écrasante majorité des membres des Forces vives. Lors de la plupart de nos réunions en séance plénière nous avons toujours demandé que cette réorganisation ait lieu. Le problème que nous avons aujourd’hui au sein du Forum, c’est une structure qui n’est plus adaptée à notre mission actuelle. Nous n’avons qu’un simple porte-parole, qui comme son nom l’indique n’est qu’un simple porte-parole, qui n’est pas censé être un décideur, qui n’est pas un coordinateur, et qui n’est même pas amené à représenter dans certaines réunions, dans certaines instances, les Forces vives, étant donné qu’il n’est pas habilité à prendre certains types de décisions sans consulter la base, ou sans se référer au comité de coordination. Le comité de coordination qui est créé ne fonctionne pas convenablement. Toutes ces structures sont complètement dépassées par l’évolution politique du pays. Nous avons des réunions de plénière qui se tiennent de plus en plus rarement, qui prennent des décisions qui ne sont pas toujours respectées. Donc, bref on est un peu dans une situation qui est entrain de friser l’informel ».
Et c’est ce qui selon lui, serait à la base des ‘’déchirements’’ constatés au sein des Forces Vives à Ouagadougou lors des différentes rencontres avec le Facilitateur.
Regrettant la façon ‘’ fantaisiste ’’ de choisir les représentants des Forces Vives pour participer aux différentes rencontres avec le chef de la junte ou le Facilitateur désigné par les organisations internationales (CEDEAO, UA, UE et ONU), Aboubacar Sylla précise : « Nous envoyons souvent des délégations, sans préparer systématiquement nos positions, c’est-à-dire nous ne donnons pas aux délégations une feuille de route, résultant d’un consensus générale. Donc très souvent ces délégués peuvent être amenés à extraire des positions qui ne sont pas auparavant inspirés à la base. Et, c’est ce qui a amené certains à ne pas se reconnaître dans les propositions ou dans les projets qui sont défendus par certains délégués des Forces Vives. Malheureusement le contenu des contres propositions faites au Facilitateur n’est pas connu encore par la plus part des membres des Forces Vives. »
Les arguments avancés par les autres responsables qui ont participé à ce point de presse, ont tous démontré la nécessité de changement qui s’impose au sein des Forces Vives, que certains observateurs estiment être la seule force alternative aux changements tant souhaité par le peuple de Guinée depuis son indépendance. Même si aux yeux des pessimistes, toutes ses démarches en cachent d’autres.
De l’avis de bon nombre d’observateurs, ce manque de cohésion et de concertation au sein des Forces Vives avait un peu influencé les propositions de sortie de crise faites par Blaise Compaoré, qui aurait remarqué le manque de cohésion au sein du Forum dans la prise de décision.
Voilà qui démontre à suffisance que le Forum a besoin d’une restructuration, afin de mieux résister aux sirènes de la division.
N’Diaré Amadou Diallo L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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