jeudi 17 décembre 2009
Force de protection : Quand Ibn Chambas empiète sur la mission du facilitateur

L’idée d’envoi d’une force internationale de protection en Guinée, qui sera chargée de sécuriser la population serait-elle devenue une obsession pour le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Mohamed Ibn Chambas ? Voilà à quoi pensent bien des gens pour qui M. Chambas serait en train d’empiéter sur les plates bandes du facilitateur de la crise guinéenne, à qui il devait revenir de juger oui ou non de l’opportunité d’une telle option.

La 9e Session du Groupe de contact sur la Guinée qui s’est déroulée dans la capitale burkinabé le dimanche dernier n’a pas permis d’enregistrer une avancée significative dans les pourparlers inter guinéens. C’est du moins l’avis de maints observateurs. Et comme à son habitude, le Groupe de contact s’est contenté de pondre un communiqué final dans lequel ont été consignées une série de recommandations. Dont l’une a engendré une vive polémique au sein de l’opinion. Il s’agit en effet du déploiement d’une mission internationale d’observation en Guinée. Une force qui serait ‘’ composée de personnels civils et militaires, qui devraient contribuer, grâce à leur expertise technique, à l’instauration d’un climat de sécurité pour la population et à la protection des institutions et des principaux acteurs de la transition ‘’. Cette proposition en soi n’est pas nouvelle, ayant été déjà soumise à la CEDEAO par le Groupe de contact le 12 octobre 2009.

Ainsi, Mohamed Ibn Chambas et ses pairs n’ont fait que remettre ça, lors de la rencontre de Ouaga. Et le président de la Commission de la CEDEAO, dans son discours prononcé lors de cette réunion, a eu un ton ‘’ discourtois ‘’ à l’endroit de la junte qu’il a rappelée à ses responsabilités.

En affirmant que « les violations répétées des droits de l’homme ne resteront pas impunies ». De quoi rassurer les Forces vives et leurs militants, devenus depuis un certain temps la cible d’éléments incontrôlés de l’armée. Qui se paient sur la bête, en procédant à des descentes musclées dans les zones qu’ils considèrent comme hostiles au pouvoir en place.

D’ailleurs la traque de Aboubacar Toumba Diakité ouvre la porte à toutes sortes d’exactions de la part des hommes en uniforme. Mais cela peut-il suffire à lui seul comme argument pour déployer un contingent de casques blancs en Guinée ? La question divise aujourd’hui les Guinéens. Et ceux qui trouvent qu’une telle démarche pourrait faire plus de mal que de bien sont sur le point de l’emporter dans la balance. Car, selon cette tendance qui réfute l’idée de voir arriver des soldats de la paix dans notre pays, cela pourrait affecter davantage l’équilibre fragile de la Guinée.

Sans oublier que les casques blancs s’illustrent parfois par des comportements qui jurent avec leur mission. Comme en Côte d’Ivoire où des Bangladais de l’ONUCI sont accusés d’avoir commis des viols sur des mineures dans la région de Bouaké, fief des Forces nouvelles. Dans ce même registre, les mémoires sont encore fraîches par rapport à ce que certains soldats guinéens et nigérians ont fait au Liberia et en Sierra Leone, lors de la guerre civile qui a déchiré ces pays de la sous région, dans les années 90.

 Ces militaires qui avaient été déployés sous la bannière de l’ECOMOG avaient fait main basse sur les biens des pauvres populations de Freetown et Monrovia. Et les bateaux qui faisaient à l’époque la navette entre Conakry et ces villes étaient toujours bondés de réfrigérateurs, de climatiseurs, de téléviseurs et autres biens durables. Ce butin de ‘’ guerre ‘’ servait ainsi à alimenter la tirelire de ces soldats peu enclins au respect des droits humains.

Encore que le Liberia et la Sierra Leone étaient vraiment des Etats en guerre, alors que la Guinée n’est qu’un pays qui souffre de son corps malade qui est son armée. Mohamed Ibn Chambas devrait donc laisser le soin au médiateur de la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré, de poursuivre sa mission.

 Celui-ci n’ayant encore pas évoqué l’opportunité d’envoyer une mission de paix en Guinée. Du moins publiquement.


Amara Moro Camara
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Bah Bailo, vendredi 18 décembre 2009
cher compatriotes soyons objectifs et realistes sur le jugement que nous devons porter sur la vie politque de notre pays. Je pense que aucun Guinéen Conscient ne peut nier les exactions et la barbarie commises par l`armée sur une partie de la population civile et ses dirigents politiques qu` on voulais même tuer. Nous voulons tous le changement pour une amelioration de notre vie et le futur de nos enfants, mais malheureusement en Guinée il y a des personnes qui ont des yeux mais ne vois pas ,ils ont des oreilles mais n`attendent rien et en fin ont une tête mais pas pour reflecir . Nous devons nous aussi avoir honte de soutenir l`insoutenable de dire non à la barbarie et à l`insecurité de dire non à l`ethnocentrisme d`Etre capable de s`unir pour la cause juste. Vous savez il y a 50 ans que nous soumis a un mensonge à la demagogie et a l`injustice et surtout au favoritisme et au clientellisme dans le choix de nos cadres incompetents et inconscients voilà pourquoi les membre de cette commission d`enquete ne peuvent et ne pourons reconnaitre les faits et les viols commis à nos soeurs et mamans le 28 sep 2009. Dieux a son tour à commencer son jugement . Pour un homme conscient il y a des actes qui doit lui signifier quelque dans sa vie et lui pousser a reconsiderer certaines situations qui lui arrive dans la vie . J`en appelle à la conscience de mes compatriotes de cesser de soutenir cette bandes de criminels qu`est le CNDD pour lutter pour une conference nationale qui doit debattre de toutes les questions de la vie nationale afin d`aboutir a des elections libres et transparentes. Prenons comme exemple le mali, le benin ,le ghana et l`afique du sud pour ne citer que pays là ce n`est pas une fatalité qui nous suit mais la faute nous incombe a nous tous pour n`avoir pas ensemble pu faire un choix juste pour le futur de notre pays . Que Dieux nous beni la Guinée et les guinéens. Vive la Guinée Unie et prospere
sam, vendredi 18 décembre 2009
Ceux qui d`empiétement ne se rappellent plus que c`est la CEDEAO qui a choisit Compaoré. Donc, Chambas est au dessus de lui dans ce dossier et il fait bien son rôle de surveillance de la médiation. En surveillant prévoyant, il se rend compte la situation guinéenne s`enlise à Ouaga et Blaise ne fait rien pour le règler. Au contraire, il laisse le temps au CNDD et l`armée pour supprimer les indésirables
Gerard, jeudi 17 décembre 2009
Vous avez vu claire Monsieur CAMARA. Tous ces guinéens qui reclament aujourd`hui la force d`interposition seront les premiers à se plaindre d`elle. Les guinéens n`aiment que l`anarchie alors qu`avec tand de manque de civilité nous ne pourront jamais construire notre nation. Moi je vis à Conakry mais je n`ai jamais vécu ces exactions des forces de l`ordre puisque je sors toujours muni de tous mes papiers et de ceux de ma voiture. Quand je suis interpelé, je donne tous les détails concernant ma personne, mes activités avec le plus de courtoisie. Je le faisait ailleurs, pourquoi pas chez moi. Que les guineéns sachent qu`ils ont beaucoup à apprendre avant de vivre avec une force étrangère; de la simple marche à la conduite. De surcoit, rassurons nous qu`aucune force ne viendra en Guinée sans l`autorisation des autorités guinéennes. je ne reprends pas les propos de Moussa KEITA mais ceux du droit international.
Kourouma Toyah, jeudi 17 décembre 2009
Nous avons besoin en Guinée d`une vraie armée. Mais aujourd`hui, il faut refonder l`armée et pour cela, il faut renvoyer ces voyous en Kaki qui sont aujourd`hui la source de l`insécurité. Il s`agit de barbares en kaki qui ne connaissent que le rapport de Force. Il faut que la communauté internationale nous envoie rapidement une force d`interposition pour renvoyer Konaté (après son coup d`état) et Dadis (l`ancien chef de la junte) et leurs complices devant le TPI.
diallo, jeudi 17 décembre 2009
C`est aux guinéens de savoir ce qu`ils veulent.Sans force de protection, les militaires guinéens ne feront aucun cadeau à toute opposition-La guinée n`est pas en guerre mais ces forces de defense sont des criminels-Tout le monde sait que dans l4ECOMOG au liberia et en sierra leone, les militaires guinéens étaient les plus indisciplinés-Vols, viols et vente de secrets militaires aux différentres parities en guerre y compris les positions ennemies-L`indiscipline dans l`armée a commencé depuis des decennies-Certains pensent qu`il faut supprimer cette armée et garder un corps de police et de gendarmes pour lutter contre le banditisme et le désordre social-Wa salaam
Boubacar bah, jeudi 17 décembre 2009
Mon frère, dites-moi si Compaoré mérite d’être appelé facilatateur ? Dépuis le début de sa médiation, nous n’avons eu que des prestations mi-figue mi-raisain. Compaoré ne fait que donner du temps à ces criminels, alors que le temps presse et que les Guinéens sont confrontés à toutes formes de barbaries ( vols, viols, disparitions, tortures, liquidations, etc…). Je trouve parfaitement refléchie l’idée d’Ibn Chambas qui dit que les Guinéens méritent une force de protection. Mettez-vous à la place de ses nombreux enfants qui sont toujours sans nouvelles de leurs papas ou de leurs mamans. Si vous dîtes que l’envoie d’une telle force divise les Guinéens, je vous dirai que tel n’est pas le cas pour la plupart des habitants de Conakry qui se terrent chez eux dès la tombée de la nuit.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011