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Folly Bah Thibault, la belle et charismatique Guinéenne qui présente le journal sur France 24 ainsi que le magazine The Week in Africa, a accepté avec plaisir notre entrevue malgré son emploi du temps archi chargé. Pour vous, nous avons interviewé cette femme qui incarne la réussite et symbolise la diversité ethnique au sein de la sphère médiatique.
Folly, vous retournez souvent en Guinée ?
Oui, j’y retourne. En revanche, je n’ai pas vécu en Guinée. J’ai passé 9 ans au Kenya puis 8 ans à Washington pour faire des études de communication et de journalisme. J’y ai même rencontré mon mari, un Franco-Sénégalais.
Quelle est la journée type de Folly ?
J’ai des horaires décalés. Le matin, j’ai la chance de passer du temps avec mon fils, Noa. Je l’emmène à l’école puis à midi, je lui fais à manger. Ensuite, j’allume la télé pour voir un peu ce qu’il se passe, tout cela avant de rejoindre France 24 vers les 17h00 pour reprendre l’antenne à minuit. Le week-end, c’est détente chez ma coiffeuse, «Be Happy coiffure » au 5 rue Blanche, dans le 9e.
Folly Bah Tibault, vous êtes une des rares présentatrices noires en France à contribuer à la diversité médiatique. C’est quoi votre secret ?
Il n’y a pas de secret. Aux Etats-Unis, j’étais déjà présentatrice radio pour « Voice of América ». Tous mes amis me disaient : «Tu es complètement folle de laisser tomber ton boulot pour tenter ta chance en France. Tu es noire, tu n’y arriveras jamais !» Finalement, le fait d’être bilingue m’a énormément aidée. J’ai travaillé 2 ans chez RFI avant d’intégrer France 24. Ils m’ont choisie pour mes qualités professionnelles et non pas pour ma couleur de peau.
Y a-t-il une personne, dans la vie politique, sociale ou culturelle que vous admirez particulièrement ?
Non, j’admire mes parents qui ont travaillé dur pour que leurs 5 filles aient une éducation solide. Ma mère, chimiste, a abandonné son travail pour suivre mon père diplomate au Kenya et nous permettre d’intégrer une école française. En Guinée, la tension politique ne nous permettait pas de rester, surtout en tant que Peuls.
Aujourd’hui, l’Amérique, c’est le changement incarné par le président Barack Obama. Qu’en pensez-vous ?
La ségrégation communautaire est encore tellement présente. J’ai peur qu’il soit critiqué injustement comme c’est le cas avec sa réforme santé mais franchement, c’est génial. A quand la France ?
Et que vous inspire la continuité Bongo ?
C’est la France-Afrique qui continue. Ce n’est pas demain la veille qu’il y aura du changement au Gabon.
Le fait de parler du continent africain me renvoie au cas de votre homologue soudanaise, Loubna Hussein, qui a échappé à 40 coups de fouet et à la prison. Que pensez-vous des restrictions imposées aux femmes soudanaises?
Chapeau pour cette femme qui a passé un jour en prison! Elle voulait donner l’exemple. Je me dis que si elle n’avait pas été une journaliste qui travaille pour l’ONU ça n’aurait jamais été autant médiatisé. La charia ne peut pas être établie parallèlement à un système laïc.
Vous cultivez peut-être d’autres passions, comme la lecture…. ?
Oui, le dernier livre que j’ai lu: «Les matins de Jénine » de Susan Abulhawa parle de l’histoire touchante d’une famille palestinienne au moment de l’intifada.
Avez-vous lu le livre de Rama Yade, «Noirs de France », écrit pour dénoncer les failles liées à l’intégration des citoyens d’origine africaine en France ?
Je ne l’ai pas lu mais j’admire beaucoup cette femme. C’est courageux d’avoir écrit ce livre. Ce qui lui est arrivé est une punition masquée.
D’après-vous, existe-t-il une difficulté pour les jeunes Noirs à se construire une identité positive et stable ?
Les lois républicaines liberté, égalité, fraternité -ne sont pas appliquées en France. C’est une force de connaître ses origines africaines mais un jeune noir qui est né ici est sans repères. Ils ne connaissent pas l’Afrique de leurs parents et la France ne les accueillent pas toujours à bras ouverts. L’éducation est la seule porte de sortie.
Et la discrimination positive ?
Je n’y crois pas.
Vous parliez dernièrement sur France 24 des produits utilisés par les femmes noires pour s’éclaircir la peau, qu’avez-vous envie de leur dire ?
Arrêtez. Il faut assumer sa couleur de peau. Les femmes noires sont belles ! Acceptez-vous comme telles !
Et le mot de la fin ?
Personne ne peut te mettre à terre si tu crois en toi !
Source: in Première Dame et l’Indépendant partenaire de www.guineeactu.com
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