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RFI : Fodé Mohamed Soumah, Bonjour, Vous êtes analyste Financier et vous avez passé l’essentiel de votre vie professionnelle en France, pourquoi avez-vous décidé de rentrer en Guinée et de vous présenter à cette élection présidentielle ?
Fodé Mohamed Soumah : C’est par rapport à la situation désastreuse de mon pays, c’est par rapport à la déliquescence de l’Etat, que tout le monde constate et aussi au sort de la jeunesse qui est livrée à elle-même. Nous avons tous vu suite aux événements de 2006 -2007 et tout dernièrement le 28 septembre 2009 qu’il est temps maintenant que les guinéens aussi bien à l’extérieur ou à l’intérieur du pays, prennent la responsabilité de venir s’engager politiquement pour changer la donne. On ne peut pas laisser un pays aller à la déchéance et laisser surtout les médiocres s’installer au pouvoir.
Est-ce que ce n’est pas un handicap lorsqu’on a passé 30 ans à l’étranger de vouloir faire de la politique dans son pays, j’imagine qu’il y’a un déficit de popularité quand même ?
Absolument ! Le déficit il est là, palpable, on ne connaît pas le pays, les mentalités ne sont pas les mêmes, on a toujours présenté les Guinéens de l’extérieur comme des citoyens de seconde zone, ça c’est le premier handicap. Le second, c’est qu’on ne connaît pas tellement le terrain, je n’ai jamais habité la Guinée, mais la Guinée m’a toujours habité.
En quelques mots, expliquez nous pourquoi les électeurs devraient voter pour vous plutôt que pour les autres candidats ?
Nous voulons à ce que tout simplement qu’il y’ait non pas un projet de société comme tout le monde l’appelle. Nous venons avec un projet de réparation sociale, nous venons avec la compétence, nous venons avec une autre vision, nous venons avec le souci du devenir non seulement des populations actuelles mais surtout de la Génération à venir. Enfin nous venons avec les mains propres. Ce pays a été détruit par ceux qui l’ont gouverné par le passé, on ne peut aujourd’hui imaginer l’état de déliquescence de l’Etat. La Guinée peut être la locomotive de la sous Région. Elle l’était déjà. La Guinée était en avance sur tous les pays de la sous région avant l’indépendance, la Guinée était même en avance sur les pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil. Et aujourd’hui on est à la traîne. Il faudrait maintenant une nouvelle génération d’acteurs aux mains propres qui ne soit pas gangrenée par l’enrichissement illicite. Nous voulons du sang neuf, les Guinéens le veulent, les Guinéens l’attendent.
Propos transcrits par Keïta Mamady L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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