lundi 31 mai 2010
Flasher sur quelle candidataille?

Afakoudou! Ansoumane Doré de Dijon a la tête bien faite !  Votre ergoteur jusque devant l'Eternel est pratiquement sorti du cybercafé les poches trouées après avoir surfé sur les sites guinéens. Mais une fois de plus la lecture de "Comme en échos aux présidentielles" d’Ansoumane a beaucoup aidé votre ladre à avaler la pilule. Ça vaut vraiment le prix ! Une paperasse sur la bousculade des candidatailles au portillon de la magistrature suprême du 27 juin prochain au bled. Sans jeter des fleurs fanées à cette grande plume de Dijon après cette fleurissante fête des mères, on lui tire le chapeau pour la qualité et la pertinence de son article.

Il a raison de long en large.  Vingt quatre plaisantins politicards jouant à la théâtrocratie pour s'emparer du trône à la présidentielle du 27 juin, c'est trop pour un pays démonté, dévasté comme le bled l'est en ce moment. Mais c'est vrai: "Il s'agit de la surestimation de soi. N'importe qui se croit capable d'accomplir n'importe quelle tâche nationale." Evidemment. La succession d'incompétents à la magistrature suprême, de 1958 à ce jour précis, a surtout cultivé l'esprit de la débrouillardise, de la médiocrité chez bon nombre de nos compatriotes, des bricoleurs purs et durs, qui s'attribuent sans fard un destin national.

Sékou Touré, dans ses bavardages insipides, répétait sans cesse que "l'instruction est une infirmité pour le peuple." Et en novembre 1964, le Souteneur de la Révolution guinéenne d'avouer : "Nos cadres oublient que c'est au régime guinéen qu'ils doivent leur promotion; si ce n'était pas en Guinée, ils seraient loin d'accéder aux postes qu'ils occupent". Et depuis cette réalité du terrain et cet état d'esprit font ravage dans la bourgade.

Et depuis, comme l'écrit le Dijonnais, c'est "La médiocrité satisfaite d'elle-même, assise aux commandes." C'est aux Guinéennes et Guinéens, maintenant,  de botter à la touche, pendant le triage du 27 juin prochain, les infatués et les marchands d'illusions, les margoulins et les magouilleurs, les incapables et les nuls, les passéistes et surtout ce saligaud qui a glorifié, au stade du 28 septembre, Sékou Touré en qualifiant son régime de "meilleur" à celui de Lansana Conté. Une façon pour ce patriotard de s'assurer le soutien des ethnocentriques et des fans du Pervers de la Révolution. C'est aux électeurs et électrices de faire le ménage et de sortir des urnes au finish d'un deuxième round le futur roitelet de la bourgade. Ils sont 24 bateleurs pour le champagne présidentiel. Un, deux, trois, jusqu'à 24.

Que diantre voulez-vous? "Chacun trouve que son propre fumier sent bon" nous dit Augusto Roa Bastos. Alors les 24 baladins, comme les ont autorisés à coup de bakchich les corruptibles de la Cour Suprême, vont  monter sur la scène de la théâtrocratie. Cette Cour Suprême s'en tape le cul si l'argent versé par certains candidats provient de la drogue ou de crimes de sang ou autres crimes. C'est parti pour les promesses pompeuses et mensongères et les soutiens aux candidatailles.

Paraît que Bernard Kouchner dit Uncle Ben's, la bosse du mystère des Affaires Etrangères de la France, fricote pour l'arrivée à la première place du tocard qu'il soutient le jour "j". Il faut lire "mister Kouchner : Portrait d'un aventurier" de Corinne Laurent pour avoir une idée de la dangerosité et du manque de morale politique de l'homme en question. La main sur le palpitant, il faisait ce serment dans le Figaro Magazine en 2003: "Je ne trahirai pas. Je n'irai jamais dans un gouvernement de droite." Aujourd'hui, ce frustré de la gauche est dans la droite jusqu'aux chromosomes. Il respire droite, mange droite, fait jogging droite, tout et tout droite. "Avant, témoigne un de ses amis, il pensait que faire de la politique, c'était l'indignation; il est passé à l'idée que la politique, c'est l'art du pouvoir. Il a sacrifié sur l'autel de ses ambitions le cœur de ses convictions." C'est vrai qu'il a changé depuis belle lurette. Il est devenu immoral. Il s'en fout qu'on parachute le 27 juin un médiocre à la présidence guinéenne. "Je croyais que la politique était une passion et une morale. J'ai découvert que c'était un métier." Foutre! Un métier pour s'enrichir sur le dos des populations miteuses du tiers monde et se faire un nom. Aujourd'hui, Uncle Ben's est riche mais il a toujours la boulimie du pouvoir. Morale bottée en touche, il accepte de conduire une contre enquête les 25 et 29 mars 2003 en Birmanie et blanchit à sa guise Total poursuivi en justice en France par huit Birmans. "Les plaignants affirment qu'en 1995, ils ont été réquisitionnés de force par l'armée birmane pour travailler sur le chantier du gazoduc de Yadana. Le contexte politique est très chargé. La dictature est au pouvoir en Birmanie. Opérations contre la guérilla des Karen, massacres, tortures, disparitions, exécutions, travail forcé généralisé...la liste des violations des droits de l'homme est longue, sans compter les accusations de corruption et de trafic dans le Triangle d'or" écrit Corinne Laurent. Malgré tout ça Uncle Ben's blanchit Total. Uncle Ben's est un affairiste qui ne s'embarrasse pas de moral: "Les droits de l'homme ne peuvent pas résumer une politique. Du moins quand on est responsable du ministère des Affaires étrangères." C'est ça l'homme Kouchner.

A ce jour, dans son esprit rien ne peut être au dessus de ses intérêts et de ceux de la France. La politique pour lui maintenant c'est le trompe-l’œil. Dans l'affaire de Total en Birmanie, le trafiquant du mystère des Affaires Etrangères a été payé officiellement 25. 000 euros. Allez lui demander combien il a palpé officieusement et loin de tout regard aigri et indiscret pour le fricotage? Pour clore sur ce chapitre, il faut retenir qu'en 2006,  dit Corinne, "Total a bénéficié d'un non-lieu pour raison de procédure, mais la justice a reconnu le recours au travail forcé en Birmanie, Total s'était engagé à indemniser les huit victimes en échange du retrait de leurs plaintes."

L'on a sûrement fait entrevoir à Uncle Ben's que la Guinée est aussi une terre prometteuse pour s'enrichir. La Guinée est un "scandale géologique". Et dans sa fringale de rattraper le temps perdu et de s'enrichir vite, Uncle Ben's est même capable de vendre son âme au diable. Mais les électrices et électeurs guinéens ne sont pas dupes. Dans l'isoloir, ils jetteront au sol tous les mauvais bulletins pour ne retenir que celui susceptible à leurs yeux et en leur âme et conscience d'impulser au moins le bled dans le sillage des pays en voie de développement.


Benn Pepito
  


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ansoumane Doré, mercredi 2 juin 2010
Je n`hésite pas à retourner le compliment à Benn Pépito, tant pis pour ceux qui ne retiendront que cela. Il y a du temps de passé maintenant que les qualité d`analyse de Benn Pépito avaient retenu mon attention, et je l`avais dit quand j`avais écrit: « Qui est donc Benn Pépito? ». J`avais alors comparé ses écrits mais ,dans de bonnes intentions, à une rubrique , d`il y a quelques années, de mon journal local, Le Bien public-Les Dépêches et qui s`intitulait: « Les potins de Jacquemart ». Sur un ton badin, l`auteur racontait des choses sérieuses et importantes sur tout , dont le lecteur se délectait. C`est ce que fait le Jacquemart guinéen qu`est Benn Pépito.Nous sommes nombreux à apprécier ce qu`il écrit sur la Guinée tant c`est bien pensé et bien écrit.. Alors Benn quand tu fais silence sur le Net, crois-moi, tu manques à un certain nombre d`entre- nous. Ceux qui disent , en ce moment, que les élections ne se gagnent pas sur le Net ne semblent pas voir que des candidats se bousculent, avec articles et photos, aux portillons de ce formidable instrument d`information et de culture générale.Et puis il faut ajouter que tout ce qui s`écrit ne porte pas seulement sur des élections mais aussi sur l`évolution générale du pays . Tu as souvent poussé, Benn, nos jeunes compatriotes à la curiosité intellectuelle en citant à bon escient de grands écrivains comme le Paraguayen Augusto Roa Bastos (1917-2005) dont la radiographie de l`atroce dictatute de José Gaspar Rodriguez de Francia (1814-1844) relatée dans « Yo, el Supremo », 1974, Moi, le Suprême, fait penser implaquablement, mais loin de L`Amérique Latine, à l`expérience d`un autre Responsable Suprême, en Guinée (1958-1984). Ben, ce genre d`éveil auquel tu convies les jeunes génération de Guinéens est encore nécessaire par les temps qui courent. Continue et bravo! A.D.
A.O.T. Diallo, mardi 1 juin 2010
Welcome back, le San Antonio guineen, tu nous avais beaucoup manque...
kalil, mardi 1 juin 2010
d´abord BENN PEPITO tu nous a beaucoup manqué depuis le voyage du general chez nos amis de tous les temps. nous esperons comme tu le dis certains bulletins mauvais seront jettés dans la poubelle pourque nous soyons en paix maintenant.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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