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Elles viennent souvent des villages par l’entremise d’un ami, d’un parent ou d’une connaissance. Elles sont parfois mariées forcées qui fuient l’enfer conjugal. Elles sont, pour la plupart non scolarisées ou déscolarisées dont l’âge varie généralement entre 8 et 16 ans, (c’est selon). Elles sont presqu’innocentes et ne savent pas trop ce qui les attend. Si ce n’est les clichés d’avant le départ : «Tu dois aller aider ta sœur», «Je t’envoie travailler chez tel pour nous aider à vivre», etc. Elles ? Ce sont bien ces jeunes filles arrachées à leur cocon familial pour d’autres cieux, avec pour objectif de départ, « aller aider à entretenir le foyer ou à garder les enfants et plus tard, apprendre un métier de coiffure, de broderie, … ».
Pour certaines de ces jeunes filles, l’adaptation n’est jamais un problème. Elles ne sont pas du tout dépaysées. Elles sont correctes, inoffensives et réussissent vite à s’intégrer. Pour d’autres, c’est le chemin de croix. Elles sont réprimandées par-ci à cause d’une maladresse, casse d’un verre ou d’une assiette en porcelaine par exemple, grondées par-là à cause d’un indice de manque d’hygiène. Conséquence : honteuses, elles se mettent à pleurer mais surtout à regretter d’être venues chez des inconnus qui se dévoilent journellement en de «faux toubabs».
Ces briseuses de couples…
Le troisième cas de filles de ménage qu’on rencontre aussi dans les foyers, c’est «les briseuses de couples». Elles se révèlent ravissantes, au caractère bien trempé. Souvent très travailleuses, dégourdies et apparemment toniques et salubres, ces filles-là ont les yeux au front. Elles ne reculent devant rien, parce que déterminées à se forger un avenir différent. Pour appeler la patronne de la maison, elles évoquent des termes du genre : «Néné», «Maman», «N’na», etc., exactement comme les enfants le font dans la maison. Même chose avec le père de famille, généralement appelé «Papa», «Baaba», «Baaba ein»,… Elles sont très audacieuses mais parviennent à masquer cet autre côté qui disqualifie. Tout marche bien pour un départ : la maison est bien entretenue, les enfants toujours propres et l’estomac bien calé, les repas préparés appétissants. Mention «remarquable», en somme. Un réel atout pour ces bonnes subtiles de prendre la place de la patronne, usurpant du coup le cœur du patron et profitant de toutes les largesses et d’excès taillés sur mesures: finances, sentiments, voyages, etc.
Ainsi se cultive assidûment la politique de «rien n’est vu et rien n’est su». Le tout rendu facile par le comportement peu envieux de certaines épouses. Les rôles s’inversent inexorablement. « Tout sera mis en œuvre pour ne pas passer inaperçues. Au passage, elles (NDLR, filles de ménage) se montreront d’une gentillesse inégalée. Elles sont les premières à prendre le sac du patron quand il revient du travail, elles lui serviront à boire, l’aideront à se déchausser et l’inviteront à table. Normal tout cela, s’il n’y avait pas derrière cet activisme une mauvaise intention», explique un témoin de la mutation. Et d’ajouter : «De «papa» est gentil, on passera à «tonton» est gentil et on sait que la relation avec papa n’est pas la même qu’avec tonton. Une barrière vient d’être levée. La bonne va gagner et le foyer va s’écrouler. Cela lui donne des ailes. Elle se sent alors intégrée dans l’intimité du couple et elle va chercher à aller plus loin. »
Ces victimes d’infamie des tontons
Autant certaines filles sont «consentantes», autant d’autres sont en revanche poussées à commettre l’infamie avec le papa qui devient tous les jours tonton – grand alliés des sensations fortes – avant de se faire appeler par d’autres petits noms sensationnels. Celles-ci sont donc systématiquement abusées par le père de famille. Si ce n’est par la cohorte d’hommes qui peuple la maison. Le destin est vite déchiré. Mais elles n’ont pas de choix, puisqu’il leur faut trouver de quoi arrondir la fin des mois pour elles et pour leur famille restée au village. Conséquence : des grossesses suivies d’avortements, …puis c’est le départ pour d’autres cieux.
Comme quoi, de nombreuses autres «Nafissatou» pullulent dans les foyers, sans défense aucune. Elles ont des blessures secrètes dont elles ne guérissent peut être jamais. Et l’image que renvoie aujourd’hui cette situation abjecte interpelle tous les pères de famille volages et jeunes garçons tordus et curieux, sur la nécessité de cultiver la chasteté et le respect vis-à-vis de celles qui aident consciencieusement nos familles à tourner sans grandes difficultés. Haro donc sur les agressions ou violences sexuelles sur les filles de ménage qui ne demandent qu’à être protégées !
TFS
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