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Depuis le fiasco constaté dans l’organisation du 1er tour des élections présidentielles du 27 juin dernier, la CENI est devenue la cible de tous les tirs croisés. C’est dans ce cadre que l’ordre des avocats de Guinée a animé un point de presse pour donner son avis sur les perspectives du second tour. Par la voix du bâtonnier, les avocats ont demande l’audit financier de la CENI.
D’entrer de jeu, le bâtonnier de l’ordre des avocats Me Mohamed Sampil a déploré les conditions dans lesquelles s’est déroulé le premier tour du scrutin présidentiel. Le conférencier s’est félicité du climat de paix qui a caractérisé ce 1er tour et a salué la loyauté des candidats qui ont tous eu recours à la cour suprême pour la contestation les irrégularités constatées lors du scrutin. Il a souligné que si les uns sont pressés d’aller aux élections, les autres veulent retarder le processus pour des intérêts égoïstes et personnels. Le barreau guinéen dit non au blocage du processus à tous les niveaux : « Nous avons aujourd’hui une CENI qui a montré toutes ses limites. Puisque c’est un échec collectif de cette institution. Tous ses membres auraient du démissionner après le fiasco auquel on assisté lors du 1er tour. Au barreau, nous aurions du demander la dissolution de la CENI pour un manque de résultat, pour incompétence et pour manque de sérieux et de crédibilité à tous les niveaux… » a déclaré Me Mohamed Sampil.
Le bâtonnier demande à la CENI de faire amande honorable pour l’organisation du second tour pour ce faire. Il propose que la CENI soit assistée, d’une expertise technique et d’un appui indépendant. Il a soutenu que le barreau craint des troubles sociales qu’engendrerait un échec de l’organisation du second tour. Il reconnaît qu’il n y pas d’élections parfaites mais estime qu’elles peuvent tout de même être bien organisées en ce sens que le vaincu reconnaisse sa défaite dans l’esprit de fairplay. Il demande la fixation d’une date pour le second tour, la CENI a violé le principe de la constitution qui voudrait que le second tour soit organisé 14 jours après la proclamation des résultats définis par la cour suprême. Il est inquiétant que la CENI puisse déclarer qu’elle n’a pas d’argent pour le second tour. La loi prévoit un premier et un second tour en Guinée. La CENI, si elle était sérieuse aurait fait voter un budget global pour les deux tours. Si les élections s’arrêtaient à un tour, le budget alloué au second tour pourrait servir à l’organisation des législatives ou à une autre chose d’intérêt public. La CENI a joué à l’amateurisme, ce que le barreau condamne fermement. Cette CENI est une équipe qui ne gagne pas. Pour le 1er tour on a parlé de 45 milliards de francs guinéens. Pour le second tour on parle de 76 milliards. Nous ne comprenons pas en quoi le 1er tour soit plus faible que le 2e tour. Pour qui la CENI veut prendre les Guinéens ? Nous ne savons pas l’utilisation qui a été faite du montant remis à cette CENI. En tant que sentinelle de l’Etat de droit et de la démocratie, l’ordre des avocats guinéens demande l’audit de la CENI et ce, avant ou après le second tour. Nous l’exigeons au nom de l’Etat de droit et de la paix sociale. La CENI feint oublier que toute la logistique du 1er tour n’avait pas été utilisée et doit, en principe, servir au second tour » a alerté Me Sampil.
Il accuse certains membres de l’entourage du président et du premier ministre de vouloir torpiller le processus électoral. Ces personnes qu’il n’a pas nommées ne seraient pas prêtes à aller aux élections, contrairement au président de la république par intérim, qui veut en finir avec la période transitoire. Par rapport au replacement du conseiller juridique de la CENI Me Abas Bangoura qui a démissionné au lendemain de la proclamation des résultats provisoires, le bâtonnier dit n’être saisi par aucun acte de la Ceni. Même le démissionnaire n’aurait jusque-là pas déposé son rapport circonstancié de démission.
En dépit de tout cela, le bâtonnier estime que si le barreau doit envoyer quelqu’un à la CENI, il faudrait que ce soit dans termes du code électoral. Nous prendrons des dispositions pour que celui qui sera désigné ne tombe dans les mêmes difficultés que notre confrère Maître Abbâs ».
Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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