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Le choix de Mohamed Saïd Fofana, grand méconnu du public, le pour le poste de Premier ministre a été perçu avec beaucoup de réserve par les Guinéens. Et un mois après sa prise de fonction, sa mission sur le terrain reste floue et superflue pour les Guinéens.
Depuis sa nomination, le 24 décembre 2010, au poste de PM chef du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana ne parvient toujours pas à connaître ce que les Guinéens attendent de lui. C’est du moins, le constat fait par maintes personnes qui se demandent s’il connait réellement sa mission. Car dans les actes, l’ancien cadre du département du commerce semble confondre vitesse et précipitation ; ce qui l’empêcherait aujourd’hui de discerner les réalités du pays.
Les Guinéens, depuis 2007, ont exprimé leur volonté pour le changement. A cet effet, ils ont exprimé leur ras-le-bol contre les anciennes autorités. Desquelles, ils avaient exigé l’amélioration de leur condition de vie très précaire. Il aura donc fallu un sursaut national (30 sur 33 préfectures se sont soulevées) pour faire reculer le régime défunt qui était resté jusque là sourd aux multiples réclamations des populations. De nombreuses vies humaines succomberont suite aux bavures des forces de l’ordre. Malgré tout, les Guinéens tiendront le coup jusqu’au déclin du régime en 2008, suite à la mort de feu Général Lansana Conté. Cette volonté irréversible de changer a été exprimée par les mêmes Guinéens en 2009, quand la junte militaire a voulu confisquer le pouvoir sous le sceau du Capitaine Moussa Dadis. Qui réitéra ça, en ouvrant une hécatombe le 28 septembre au stade du même nom. Car là également, les Guinéens pour refuser que leur avenir soit hypothéqué avaient payé cher. Ce sont ces différents sacrifices qui ont permis l’aboutissement d’un régime démocratique qui devrait poser les jalons du développement économique de la Guinée.
Mais aujourd’hui le PM donne l’impression d’ignorer cette situation. Alors que comme la majorité des Guinéens, il a vécu ces différentes péripéties qui ont failli, à un moment donné, faire basculer l’histoire du pays. Mieux, étant cadre de l’administration guinéenne, il connait mieux les maux qui assaillent le pays. Donc même si sa nomination comme PM a surpris plus d’un observateur, sa connaissance des rouages de l’administration guinéenne devrait lui permettre de se faire découvrir en s’attaquant dès son arrivée aux problèmes réels du pays. Puisque son gouvernement doit forcément refléter le « changement » auquel aspirent les Guinéens. Ce qui pourrait éviter que les différents efforts consentis dans ce sens par les uns et les autres, accouchent d’une souris. Aussi, pour que le « changement » tant prôné par l’actuel président, le Pr Alpha Condé, ne soit pas un vain mot.
Or à l’allure où vont les choses, l’on pourrait se demander si l’actuel PM tient réellement à relever les défis du moment. Qui ont pour nom, l’eau, l’électricité et surtout l’amélioration des conditions de vie des Guinéens à travers la stabilité économique du pays. Surtout que depuis maintenant un mois la crise économique guinéenne ne fait que s’accentuer. La situation évolue de mal en pis, et les Guinéens végètent. Pis, aucune mesure ne semble encore prise par l’actuel gouvernement pour abréger la souffrance des populations. Ce qui amène certains observateurs à se demander la mission réelle assignée au PM. Mohamed Saïd Fofana qui, depuis son arrivée, s’est lancé dans une tournée de campagne électorale qui n’a absolument rien à voir avec sa feuille de route. Alors que la politique administrative et la politique politicienne sont deux choses différentes. Et mieux, l’heure n’est pas de faire des campagnes électorales pour des législatives dont on ignore encore la date. La Guinée a d’autres préoccupations, à savoir comment sortir du carcan de la pauvreté dans lequel croupit plus de la moitié de sa population. Mieux quand nous serons au seuil des législatives, l’alliance Arc-en-ciel n’aura certes pas besoin d’un PM pour battre sa campagne. Le RPG et ses alliés ne manquent pas, comme par le passé, d’hommes et femmes politiques pour le faire. Donc pour l’instant, à chacun sa mission. Surtout que le temps presse et les Guinéens ont faim. Alors au travail… .
Samory Kéïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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