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La date du 16 août 2008, date de clôture du festival, a été consacrée aux ateliers, aux festivités et à la résolution finale. Au nombre de trois, les ateliers sont en rapport avec les thèmes des conférences. Chaque atelier a soumis en plénière, à travers son Rapporteur, ses analyses et indiqué ses objectifs, ses propositions et les moyens d’action pour y parvenir. Le premier atelier : « Réflexion sur langue, alphabétisation et culture » a fait des propositions sur l’apprentissage et/ou l’approfondissement de l’enseignement de la langue fulfulde. La création et la subvention de centres d’enseignement du fulfulde ont été vivement recommandées. Conscients que le fulfulde est répandu sur tout le continent africain comme le Swahili ou l’arabe, l’atelier a émis le souhait de développer cette langue pour qu’on lui reconnaisse un statut au sein d’organisations internationales. Cette reconnaissance devant commencer au niveau de l’Union Africaine, la Confédération Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et autres institutions sous-régionales. S’agissant du second atelier, « Réflexion sur organisation et méthode », il s’est penché sur les stratégies à mettre en place pour la participation active des femmes peules au développement économique de l’Afrique. L’atelier est parvenu à la conclusion selon laquelle sans l’abolition des barrières entre l’homme et la femme, laquelle permettrait à cette dernière de recouvrer pleinement ses droits, aucun progrès social et économique n’est possible. La question des discriminations en matière de genre a donc été au centre des réflexions qui seront reprises dans le document final. Le décalage entre la réalité quotidienne, sociale ou économique des femmes de la diaspora peule et celles d’Afrique n’a pas échappé à l’attention du groupe de travail. Le troisième atelier « Planification et stratégie financière » a axé ses réflexions sur les voies et moyens que la diaspora de Tabital devra mettre en œuvre, à court, moyen ou long terme pour mieux participer au développement de l’Afrique. L’entreprenariat est apparu comme la voie la mieux indiquée qui s’offre aux différents membres. Libérant les initiatives individuelles, privées ou collectives, l’entreprenariat met en valeur les capacités de chacun à exercer un métier à caractère commercial, financier, humanitaire et autres, a-t-on indiqué. La création de micro-projets et d’activités à caractère financier et d’épargne a été évoquée à ce niveau. L’atelier est parvenu à la conclusion selon laquelle sans l’instauration d’une confiance saine et durable au sein de Tabital-Pulaaku, aucun projet envisagé ne se réalisera. Une invitation a été lancée au Président d’œuvrer dans ce sens en responsabilisant davantage les autorités de l’association pour rassurer les membres sur l’utilisation et les retombées de leurs éventuels investissements Enfin, les différents groupes de travail ont formulé des recommandations qui ont été amendées et validées par l’ensemble des participants. Consignées dans un document final, La Résolution de Bruxelles, ces recommandations devront être éditées et diffusées. Elles serviront de base de travail dans le futur. Du moins, c’est le vœu émet par l’ensemble des participants. Des principales recommandations, l’on retiendra le projet de banque de développement ; L’harmonisation de la langue fulfulde ; l’amélioration des conditions de la femme et la prise en compte de son rôle et de sa place dans un espace en mondialisation ; la création de microprojets ; la prise en compte des technologies nouvelles dans les projets de développement ; la création de radios rurales et de télévisions ; la tenue d’un colloque pour aborder des questions d’ordre pratique ; la prise en compte des communautés non Haal- Pulaar dans les différents projets et réalisations de Tabital Pulaaku International. Il faut souligner que l’organisation et certaines questions liées aux conditions de séjour des invités sont à revoir. La prise en compte des efforts des intervenants, des membres des différentes commissions et des rapporteurs est indispensable. A défaut d’être rémunérée, la production intellectuelle des uns et des autres devrait tant soit peu bénéficier d’une forme de compensation. Une telle observation est d’autant plus fondée qu’une organisation comme le festival de Bruxelles est largement subventionnée ! Le caractère apolitique et indépendant de Tabital Pulaaku International a été rappelé. Ainsi, nul n’a été mandaté, comme voudraient le faire croire certains, auprès d’aucune autorité politique pour aborder des questions qui seraient exclusivement liées aux peuls. Cependant, les participants ont émis le souhait de voir le Président et les différentes représentations de Tabital coopérer davantage avec les autorités économiques, politiques (et autres) des pays dans lesquels ladite association est implantée. On n’aurait rien dit si on omettait de souligner que l’essentiel des débats s’est tenu en fulfulde ou pulaar. L’expression fulfulde étant désormais retenue pour toute référence à la langue peule. Une conférence de Presse a réuni les différentes personnalités de Tabital : les cadres, intellectuels, intervenants et membres de diverses sections et associations ont répondu aux questions de la presse locale écrite et télévisée. C’est en plein-air, au centre de Bruxelles, que les festivités ont pris fin dans la journée de samedi. Les milliers de personnes présentes se sont trémoussées au rythme de chants, de danses traditionnelles et modernes de Doura Barry de Guinée, Daouda Dieye du Sénégal, un groupe de Rapp peul de Belgique et bien d’autres artistes. L’animation artistique et culturelle s’est achevée vers minuit. Tous ceux qui ont répondu présents en Belgique ont manifesté leur ardent désir de se retrouver, en octobre prochain, au Portugal. A Bruxelles, chacun a voulu montrer, comme l’a dit un intervenant, que le pulaaku est une identité et non une race. J’ajouterai qu’il se caractérise par l’attachement aux racines, à leur valorisation et par l’ouverture aux autres cultures. Le pulaaku n’est ni enfermement ou repli sur soi, mais une prise de conscience de ce qu’on est, dans l’émulation, le dialogue et la coexistence de tous ! Lamarana Petty Diallo, Professeur de Lettres-Histoire, Orléans, France Rapporteur de Commission du Festival pour www.guineeactu.com
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