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Le Docteur Faya Millimono de la NGR (Nouvelle Génération pour la République) s'est dit outré de voir qu'en dépit de la gravité des propos tenus par le Médiateur (fait prévu et puni par la constitution en son article 4), la réaction d’Alpha Condé tarde toujours. C'était le mercredi 15 juin devant la presse à Conakry.
Le directeur de campagne de la NGR qui animait une conférence sur le thème: « L’égalité en droits et en devoirs comme disposition constitutionnelle et son application en République de Guinée », a rappelé que les propos tenus le mois dernier par le Médiateur de la République, Facinet Touré, prive les peuls du droit constitutionnel de prétendre à la magistrature suprême en Guinée.
« La loi dit que tous les citoyens sont égaux en droit et en devoir. Elle dit aussi que tout candidat à la présidence de la République de Guinée doit être un citoyen guinéen qui jouit de tous ses droits civiques » a rappelé Faya Millimono. « Dans des conditions normales, le Procureur général devrait se saisir de la question et ouvrir une enquête » d'après le conférencier.
Pour contrer l'immobilité du Parquet général et comme la loi leur en donne la possibilité, Faya Millimono a annoncé que lui et certains de ses compatriotes, soucieux de veiller à l'application des textes de loi en vigueur en Guinée, ont décidé de porter plainte devant le tribunal de première instance de Dixinn. La plainte serait prête d'après les informations du Docteur Faya Millimono.
« Je ne suis pas professionnel du droit. Mais d'après les explications des avocats, les faits sont graves et pourraient conduire Facinet Touré à achever ses jours en prison » a affirmé le directeur de campagne de la NGR. « Les gens me diront que je ne suis pas peul, en quoi cela m'intéresse-t-il. Je leur réponds que la question est d'ordre national. C'est une question qui touche les fondements de la République » a déclaré aussi le conférencier.
Rappelant les violations des droits de l'homme sous Sékou Touré, les exécutions sommaires du 5 juillet 1985, le massacre des Forestiers en 2000 à Cosa, le Docteur Faya Millimono a demandé à tous les Guinéens de se lever. Sinon « c'est la vie qui va s'arrêter pour tout le monde ». « Aujourd'hui ce sont les peuls. Demain ou après-demain ce sera nous autres » a affirmé le Docteur Faya Millimono.
« Si nous ne nous levons pas pour dire la vérité à Facinet ce sera nous autres les prochaines victimes » a dit Millimono. Avant d'ajouter que l'objet de leur plainte est surtout de dire au procureur qu'il doit être debout. Son rôle est de défendre les lois. Que la constitution est prise d'assaut. Qu'il se lève. « Nous n'allons pas rester inactif parce que notre constitution est attaquée dans son fondement » a répété Faya Millimono.
Auparavant, Faya Milimono s'était dit au regret de constater que le Guinéen continue de faire l'amalgame entre l'appartenance ethnique et le projet de société. Il s'est demandé pour quelle raison les gens se sentent offusqué lorsqu'une critique est adressée à un cadre de leur communauté. « C'est une erreur » dira Millimono.
Facinet a présenté ses excuses à la communauté peule, victime de ses propos qu'il a qualifiés de boutade et de plaisanterie. Beaucoup de personnes pensent que le débat devrait être clos.
Cependant, Faya Millimono qui jure de ne pas pardonner à Facinet pour ce qu'il a fait contre le peuple de Guinée, même si c'est Alpha Condé qui décidait de lui pardonner, a expliqué que « dans une république, l'excuse n'empêche pas l'Etat de poursuivre et de punir une infraction commise ». « Il ne faudrait même pas que les Guinéens s'inscrivent dans le cadre de ces pardons à bon marché. C'est cultiver l'impunité » a ajouté le conférencier.
« Nous ne nous acharnons pas sur ce cas parce que c'est Facinet. Mais c'est pour éviter qu'il ne serve d'exemple à d'autres Guinéens » a précisé le conférencier. Avant de menacer de continuer à dénoncer au cas où le tribunal qu'il compte saisir, juge sa plainte irrecevable. En se disant simple citoyen, pas en tant que leader politique, le directeur de campagne de la NGR a affirmé « qu'il veut offrir à Facinet Touré la possibilité de se défendre devant les tribunaux ». Mais en attendant, estime-t-il, Facinet Touré devrait être relevé de ses fonctions.
En conclusion Faya Milimono a démontré que la dernière vague de dissolution des conseils communaux a été possible parce que les Guinéens n'ont pas usé des moyens que leur donne la loi pour s'opposer à de tels actes contraires à la constitution. D'où l'importance des actions qu'ils vont initier en justice contre le Médiateur de la République.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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