lundi 5 avril 2010
Fall devant ses militants de Kindia : «Ce sont les politiciens qui divisent les ethnies en Guinée»
François Louncény Fall

La préfecture de Kindia, située à 135 Km de Conakry, a vibré ce dimanche 28 mars au rythme et aux couleurs du FUDEC (Front Uni pour la Démocratie et le Changement). Le spectacle des rues de la « capitale des agrumes » alternait les posters et autres t-shirts à l’effigie du leader du parti, François Louncény Fall, ancien Premier ministre.

A 11 heures 50 mn, la délégation du Bureau Politique National du FUDEC pointe devant la Maison des Jeunes de Kindia, située au centre du « Kania », autre appellation de cette ville réputée attachante. C’est au cri de « Vive le futur président guinéen », que François Louncény Fall a été accueilli par un public hystérique de joie, majoritairement composé de jeunes. Autres présences à signaler, celles des représentants des partis politiques des Forces Vives, des syndicats, de la société civile, etc.

Alors que l’on s’apprêtait à entrer dans le vif du meeting, une femme entre dans la danse et s’empare du micro pour, dit-elle, apporter un témoignage au sujet de François Fall. «Il m’a reçue au lendemain de sa nomination au poste de Premier ministre. J’avoue que sa démission m’avait choquée. Mais quand j’ai vu sa lettre de démission, j’ai compris qu’il avait des ambitions pour son pays. C’est un homme digne», confie cette griotte. Aux louanges de laquelle, le groupe « Gongo star » de Kindia joindra une chanson populaire, qui envoûtera le public.

A 12 heures 20 mn, le modérateur du jour fit place aux discours. Le porte-parole du Bureau fédéral du FUDEC de Kindia a retracé un bout du chemin parcouru par le parti de François Fall en un trimestre. «L’élection de notre président au poste de porte parole des Forces Vives, la nomination au poste de ministre de l’Enseignement supérieur du Secrétaire général du FUDEC Georges Ghandi Tounkara et la présence d’un membre du FUDEC au Conseil National de Transition sont la preuve que notre parti ne cesse de prendre de l’ampleur», dit-il.

Pour sa part, le porte-voix de la jeunesse de Kindia et des étudiants du Centre Universitaire de Foulaya exprimera «Notre souscription aux idéaux de François Fall». Et de décliner le reste de son discours en termes de manque de «logements et de bus pour les 10.000 étudiants de Foulaya, et de moyens logistiques pour le Bureau fédéral du FUDEC de Kindia ».

Visiblement en verve, l’ancien Premier ministre paré d’un boubou immaculé, a d’entrée de jeu caressé la fibre sensible de Kindiakas en rappelant que «Kindia est la capitale de la danse « soli », la ville des grands souvenirs, des grands footballeurs, l’ancien lieu d’expérimentation des fruits tropicaux destinés à l’exportation», lance François Fall. «Mais aujourd’hui, Kindia a perdu de son éclat. Pas d’infrastructures, pas de salles de classe, pas de domaines agricoles», constate-t-il, estimant que cette préfecture peut-être un pôle de croissance économique. Pour cela, il affirme que l’agriculture doit être le socle du développement de Kindia. Car, interroge M. Fall «Qu’est-ce que la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) vous a rapporté depuis plusieurs décennies d’exploitation ?». Et la salle de répondre en chœur «zéro, zéro, zéro». Autre tare dont souffre Kindia, le manque d’électricité. «Les autres pays ont édifié des barrages hydroélectriques sur les fleuves qui ont pris leur source en Guinée, notamment à Kindia», souligne Fall. «Hé monè», s’écrie une voix perdue dans la foule, suscitant ainsi l’hilarité de la salle.

Le président du FUDEC, qui en est à sa première visite à Kindia, a cru bon de revenir sur les raisons de sa démission de son poste de Premier ministre en 2004. «Quand je me suis rendu compte qu’on ne voulait pas me laisser travailler, j’ai préféré partir du Gouvernement deux mois après ma nomination. Je n’ai pas voulu être complice de la destruction de mon pays», a expliqué M. Fall. Qui, par conséquent, conseillera aux jeunes «d’avoir le courage de quitter à l’avenir tout Gouvernement qui ne fait pas œuvre utile».

Parlant des prochaines élections présidentielles dont le 1er tour est prévu pour le 27 juin 2010, il exhortera les Guinéens à éviter « les querelles entre les ethnies  ». «Ce sont les politiciens qui divisent les ethnies en Guinée. Ne votez pas pour l’ethnie, encore moins pour l’argent. Le FUDEC n’est pas le parti d’une ethnie. Il regroupe toutes les régions du pays», martèle François Fall. Il affirme que les Guinéens ont la chance cette année de choisir des « hommes honnêtes et patriotes ». «Vous aurez à choisir des hommes et des femmes qui penseront à vos familles avant de penser à leurs familles, et qui penseront à vos poches avant de penser à leurs poches», a indiqué l’ancien Premier ministre démissionnaire.

Par ailleurs, il a mis à profit le souvenir de son enfance bercée par sa brave mère pour plaindre la situation des femmes de Guinée. «J’ai été orphelin de père très tôt. Ma mère faisait le petit commerce pour nous nourrir. Donc, je sais ce que c’est qu’une femme sans moyens», assure François Fall.

En fin, martelant que l’heure du changement est venue, le président du FUDEC dira que «Je suis fier de porter la blessure que j’ai au bras suite à la répression que nous avons subie au stade du 28 septembre. Des jeunes y ont été massacrés, et des filles et femmes violées, parce qu’ils ont demandé le changement». Suivra ensuite une minute de silence en la mémoire des victimes de cette répression barbare perpétrée le 28 septembre 2009 par la garde présidentielle.


Talibé Barry
Envoyé spécial
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Isaac, samedi 10 avril 2010
Fall est un demagoge il parle des politicien et lui? je lui est vus venire ici au USA pour enfoncer d`aventage la Guinee just acause de Dadis maintenant il se comporte en liberateur pauvre Guinee c`est un criminelle en Puissance!!! Personne d`entre vous ne sera blanchie sans les resultats sure les massacre du 28 septembre .
Ko min, mercredi 7 avril 2010
L`heure du changement a sonné. Celui qui est le porteur d`un grand espoir, d`un ambitieux projet pour la Guinée, n`est autre que Fall et avec lui le FUDEC. J`y crois.
kadija, lundi 5 avril 2010
Main il a raison,ceux sont les politiciens qui veulent détruire ce pays,mais sachez un chose un seul ethnie ne peux pas élire un président,ca c`est faux.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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