vendredi 26 juin 2009
Faisons connaissance mon cher Poullo Torodho

So tchoggou lâmou tippikè fâ hawri tchogoou mècèlal, djokkou lawol ma, djara ! Si le prix du Pouvoir descend jusqu’au prix d’une aiguille, passe ton chemin, c’est encore trop cher ! (Thierno Hammadi Kadjata Bokoum, (1)

Quel dommage pour la propreté de la Toile que tu ne fusses pas l’auteur de mon papier, mon frère Billo ! Ils l’ont échappé belle ! Ta plume, ton coup de cravache eût été plus convainquant que toute tentative mienne de réfuter la sourde rumeur rampante maintenant devenue soulagement d’aucuns, au sens somatique du terme, d’un Bokoum  larbin du Capitaine Moussa Dadis, chef de l’Etat, Président du C.N.D.D., Commandant en chef des forces armées. J’égrène sciemment tous ses titres, pour pointer celui qui manque et que je n’ai jamais utilisé pour ma part, sauf erreur : Président de la République. Cela devrait suffire pour les esprits sagaces, mais pas pour ceux qui souffrent de paresse intellectuelle.

Passe qu’ils n’aient vu ..passer la trentaine d’articles que j’ai « commis » sur la Toile. Qu’ils n’aient pas suivi les nombreuses rencontres pour organiser les Guinéens de l’Extérieur dans une structure fédérative, mieux, nationale, ce qui est quasiment acquis pour la zone Europe, du moins provisoirement jusqu’aux Assises des Guinéens de l’Extérieur. Cette dernière idée n’étant pas née avec la mort de Lansana Conté, ni avec l’avènement de chef de la junte militaire, ni même avec sa proposition d’organiser des Assises nationales. Le terme assises a bien été utilisé par le Capitaine dans son discours du 29 mars 2009. Idée qui est également une de mes obsessions depuis 2004, avec le Manifeste Guinée Odyssée 2010.

Pas grave qu’ils n’aient pas entendu le murmure confus du peuple de Guinée, soutenant Dadis et ses compagnons d’armes d’un élan d’abord débordant d’enthousiasme, mais se réduisant en peau de chagrin au fil des « Dadis show ».

Peu importe qu’ils ne comprennent pas la coïncidence de ma « girouette », avec  l’achèvement du « mandat » de Dictateur conféré à Dadis, qui ne devait durer que 6 mois :

Dictateur : « Sous la République (romaine), magistrat suprême investi (par le Sénat) en cas de crise grave de tous les pouvoirs politiques et militaires pour 6 mois au maximum. »

Celui de Dadis devrait  se terminer le 23 Juin à minuit.

Je ne suis ni académicien, ni politologue. Cependant le peu que je sais, je le sais avec précision. Ma première vocation est d’être artiste. Il m’arrive d’aller au charbon. Le charbon salit les mains. Ainsi, quitte, grenouille que je suis, à me prendre pour un bœuf, au risque de subir le sort « éclatant » qui fut le sien (je ne sais plus de qui est cette amabilité).

Je fais un aveu. Un aveu  gros d’immodestie. J’ai été le premier en juin 2006 à proposer à  M. Aboubacar Sakho, Directeur du site de l’Observateur-Guinée, et au Docteur Abdourahmane  Bah, d’organiser des manifestations, une marche notamment, à l’Ambassade de Guinée à Paris. J’ai dit à tous les deux de ne citer ni Odyssée 2010, encore moins SNB. J’avais demandé » à  M. Sakho,  de proposer la diffusion de cette proposition à ses confrères des médias et à Dr Bah d’en parler aux Doyens. Quelque temps après, Dr Bah me dit que le samedi 3 juin était une bonne date (cette précision reste à vérifier). En tout cas très vite, j’ai reçu une invitation de Madame Dominique Bangoura à participer à une manifestation ce jour-là. Je lui ai répondu en substance : «  madame je suis touché que vous pensiez à m’associer à cette action ». Sans commentaire. Sauf à préciser que c’est de là, à Paris, qui n’est pas le nombril du monde, qu’est parti cet élan planétaire.

Dans le même esprit, un jour debout devant mon ordinateur, m’apprêtant à aller à mon travail, j’ai vu un papier de Jacques Kourouma invitant à une solidarité financière. Il y avait déjà trois ou quatre signataires dont la sienne et celle de Billo Sy Savané, je crois. J’ai ajouté mon nom en suggérant un chapeau, un texte qui a été beaucoup lu (on peut le vérifier dans les archives de « guineenews » ou à « l’Obs. » D’où encore la solidarité financière planétaire partie de Paris. Savez-vous que Paris vient de l’ancien égyptien Per Isis, la maison d’Isis, cette déesse égyptienne nègre, qui recomposa le corps morcelé d’Osiris ? Pour dire qu’il est arrivé que Paris de temps en temps, recompose la nation guinéenne dispersée à travers la planète ! Fodéba, l’artiste l’a fait.

M. Sakho, Dr Bah, et Madame Bangoura sont vivants.

Un après-midi,  des Guinéens rassemblés à la Bourse du Travail à Saint-Denis, convoqués par d’autres compatriotes et moi, ont attendu en vain des membres du C.N.D.D.pendant près de quatre heures, alors qu’ils nous avaient donné leur parole qu’ils viendraient à cette réunion. L’assemblée ce soir-là a proposé d’aller protester auprès de ces messieurs, et ensuite auprès de son Excellence Madame l’ambassadeure. J’ai voté contre cette proposition pour des raisons que je ne dévoilerai pas ici. Malgré tout, j’ai accepté de me plier à la règle majoritaire et j’ai fait partie de la délégation. La présence des délégués venus d’Europe du nord m’avait rassuré. Ils se sont excusés, ont dit leur consternation et ont demandé comment rattraper cette « occasion manquée » (Commandant Biro Condé).

J’ai suggéré au Commandant Biro Condé comment, du moins partiellement. C’est alors que je leur ai dit que nous voulions organiser des Assises des Guinéens de l’Extérieur en Guinée et que nous aimerions avoir l’appui des autorités. J’ai précisé que je ne pensais pas spécialement à un appui financier. Cette demande verbale a été suivie d’une requête écrite. C’est à cette requête que Moussa Keïta, Ministre secrétaire permanent du C.N.D.D.,  a répondu par une lettre remise à  Madame Adjidja  Barry  Baud.  Lettre adressée à tous les Guinéens de l’Extérieur, nous demandant de désigner le 10 Mai, les 15 investitures de la Diaspora qui devraient représenter cette dernière au C.N.T.

J’ai dit qu’il serait absurde que nous en France on ait l’outrecuidance de procéder ainsi. En revanche j’ai proposé et fait accepter que la Zone Europe propose de constituer une Commission d’investitures,  en invitant les autres zones d’émigration d’en faire autant. Nous en sommes là. Etant bien entendu que tout cela n’est que provisoire jusqu’aux Assises qui démocratiquement feront tout ce qu’il faudra pour une structuration nationale de la diaspora. Avec Dadis ou sans, avec Samba NGari ou Pierre Tartempion,  qu’ils soient Dictateurs ou Démocrates.

Restez  peinards devant vos feuilles blanches. Que votre conscience soit d’une blancheur aussi pure que ces feuilles ! Que  votre clavier  chante les louanges de vos mains propres ! « Avez-vous seulement des mains » ! Encore E. Kant, n’en déplaise à tel  qui préfère Boileau..

Je n’ai jamais rencontré Dadis, ni Moussa Keïta. Je n’ai vu que M. Alexandre Cécé Loua « notre » ministre des Guinéens de l’Extérieur à qui j’ai remis notre requête. Et je n’étais pas allé spécialement à Conakry pour cela. J’étais à Dubréka dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut Supérieur des Arts de Guinée, (I.S.A.G.) et l’Université de Paris 8 Saint-Denis. C’est un partenariat de base, qui pourrait s’étendre à toute la sous-région, loin des flonflons de la lourde coopération inter-Etats. Et c’est parti sur de bonnes bases, sans tambours ni trompettes. Mes copains Sarkozy et Dadis ne le savent pas encore. A la fin de mon séjour, je suis allé discrètement rencontrer M. le Ministre. Il vous dira si j’ai pu rencontrer Dadis ou reçu de lui du pognon, comme l’a écrit un quarteron de la milice pédégé, le même ou un de ses frères au nom improbable, qui laissa traîner le vocable supposé être infamant de « farba », presque apposé à mon nom. Il n’y a pas plus infâme que l’intellectuel analphabète ! Si seulement il pouvait deviner où pourrait nous conduire une mutuelle auto-analyse en quête de nos origines,  à la lumière de ce vocable !

Pour mes rapports ancillaires avec Dadis, Madame Adjidja Barry Baud, M. Oumar Cissé, M. Moussa Keïta, le, commandant Biro Condé et..Moussa Dadis Camara sont vivants, qui pourraient témoigner. Ainsi que les 216 signataires d’Odyssée 2010, que vous n’avez pas lu (et pourtant « enfin je retrouve le Bokoum.. »), sans oublier les 203 signataires de l’Appel pour des Assies des Guinéens de l’Extérieur, qui se seraient  passivement laissé traîner dans mes frasques avec Dadis ! Sauf deux signataires, qui se sont désolidarisés, ils ne voulaient avoir aucun rapport avec le C.N.D.D. J’ai trouvé cela bien plus noble.

Mais à M. Step qui écrit « Mr Bokoum admet (courageusement) s’être trompé »  et à M. A.T. Diallo, toujours lui, qui ajoute « Enfin je retrouve le Bokoum.. », je dis non merci, je n’admets rien du tout et je ne suis pas preneur de ces compliments enrobés dans ce qu’on appelle le baiser de la mort.

 Je reviens à toi mon frère en idées et même en culture torodho, souffre qu’on me lapide pour fait d’« ethnisme ». Sy Savané, dit en substance le grand traditionaliste Youssouf Tata Cissé, vient de l’ « amour » intrépide  datant de plus de 5000 ans de ce segment torodho, avec le parangon universel de la noblesse qu’est ce « pur sang », j’ai nommé le Cheval. Ceci n’a aucun rapport avec les ci-dessus divagations sur mes hauts faits. Sauf à te dire qu’il  faut, une fois n’est pas coutume, ôter cette noble coiffe de tête brûlée de torodho, et prendre très au séreux ces menaces qui pèsent sur nous. Il ne s’agit pas de fuir, le cheval  ne fuit pas. Il faut menacer de Rouvrir le Camp Boiro pour y mettre ceux qui voudraient raviver les méthodes qui l’ont tristement immortalisé.

Le reste n’est que mal de tête.

Wa Salam Poullo Torodho !


Saïdou Nour Bokoum


Note (1) : Thierno Hammadi Kadjata Bokoum, mon grand-père paternel, fut Cadi (juge) pendant trente ans du temps d’El Hajj Oumar Tall Al Futtiyu ou d’un de ses fils. Al Futtiyu Tall, dont je suis descendant direct par ma mère, une  « Yèttè Tall,  Eskeï, Farba Bokoum! ». C’est comme ça, moi je n’ai pas honte de mes origines. Mais je n’en parle que quand on y touche, avec une main baladeuse. N’en déplaise à M. Abdoulaye  Daka, dont je comprends parfaitement le souci d’apaisement,  on ne fait pas la paix sur le mensonge, ce qui nous a valu ces cinquante ans de paix calamiteuse, grosse de tous les orages.

ADDENDA Voici ce que « farba » Bokoum  écrivait à son « maître » Dadis, dès leur  avènement lui et ses compagnons, après leur première dérive qui vient d’être bouclée par ce que j’appelle une vilaine cerise sur un gâteau pourri, bel ouvrage, serti  d’une rigoureuse circularité ! Tout en étant devant mon ordi, et non dedans, comme certains, moi je suis l’Histoire réelle, malgré ses sautes d’humeur. Je suis constant. Cherchez ailleurs les girouettes dignes de vos « compliments » parmi tous les acteurs de notre « sur-place », dans la farandole de la Transition,  les toupies qui tournent, sans oublier  ceux qui tiennent le rhombe qui les agite. Moi j’avais prévenu :

MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE : STOP !

 

 

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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