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La communauté Guinéenne de l’étranger est aujourd’hui meurtrie par son exclusion du droit le plus fondamental de participer au choix de leur président et de leur parlement. Et pourtant, nul ne peut ignorer tout cet effort international que les Guinéens de l’étranger ont déployé dans les chancelleries occidentales pour amener l’opinion internationale à soutenir l’avènement d’une démocratie juste et équitable dans leur pays.
Aujourd’hui plus que jamais, il est temps pour tous les Guinéens vivant à l’étranger de dire non à cette forme de discrimination qui ne dit pas son nom. Tous les Guinéens, où qu’ils soient, ont le droit fondamental de participer au choix de leurs représentants. Aucune raison pécuniaire ne devrait être acceptée pour justifier leur exclusion du processus démocratique enclenché en Guinée. Ceux qui ont pris cette décision discriminatoire ont la mémoire courte. N’ont-ils pas vu que les Guinéens de la diaspora ne sont pas restés les bras croisés face à la barbarie de 28 septembre? Ils ont arboré toutes les avenues de la France, de l’Allemagne, des USA, de l’Angleterre et plusieurs autres pays pour réclamer un pouvoir civil qui respecterait la volonté du peuple. Ne savent-ils pas que les Guinéens de la diaspora ont un besoin aussi important d’exprimer leur appartenance à la Nation mère que les Guinéens de l’intérieur? Il est aussi important de souligner que le manque de mobilisation de la diaspora évoqué par le président de la CENI s’expliquait en son temps par le fait que Dadis laissait planer le flou sur sa candidature et aucune structure n’était mise en place pour assurer des élections libres et démocratiques. Cette mascarade de recensement explique le manque de mobilisation évoqué. Il faut bien reconnaître que le contexte a complètement changé. Le silence des politiciens sur cette question importante doit être aussi vu comme un facteur d’inquiétude pour des leaders qui aspirent à la magistrature suprême.
Le droit de vote n’est pas seulement un acte d’exprimer une voix, c’est aussi un symbole d’appartenance à un peuple dont on veut forger le destin. Au nom de ce besoin sociologique de participer à l’émergence d’une nation démocratique en Guinée, il n’est point besoin de démontrer que soustraire une partie du peuple au choix éclairé n’est pas une solution de sagesse. Que la nouvelle classe dirigeante se trouve les moyens de faire participer les Guinéens de l’extérieur au même titre que ceux de l’intérieur. Autrement, comment comprendre la création d’un ministère des Guinéens de l’extérieur si ce n’est le besoin de les faire participer à la marche du pays. Il est temps que cette politique d’une autre époque cesse en Guinée et que les gens se dirigent vers une démocratie intégrative. La diaspora regorge de talents et de compétences nécessaires à la construction du pays. Les exclusions en matière de démocratie n’ont jamais représenté une solution viable à long terme car l’équilibre démocratique est une émanation de la somme des diversités représentatives d’un pays.
Au-delà de cette volonté de la nouvelle classe dirigeante à exclure les Guinéens de la diaspora il faudrait voir le manque d’organisation de la diaspora elle-même. Beaucoup d’organisations de Guinéens existent à l’extérieur du pays mais n’ont jamais pu se fédérer pour représenter un contrepoids à des décisions aussi impertinentes que celle-ci. La démocratie est une lutte qui se gagne par l’organisation et la diaspora Guinéenne ne peut y échapper. On ne peut plus se payer le luxe de rester inorganisé. Il est grand temps que tous les démocrates se lèvent et disent non à la discrimination. De la même manière que ces Guinéens de l’extérieur ont battu le macadam pour exiger l’avènement de la démocratie en Guinée, de cette même manière ils devraient se lever pour exiger leur participation aux élections présidentielles et législatives. C’est à ce prix l’équilibre général de la démocratie devra s’installer en Guinée.
Mouctar Diaby, Montréal Canada Administrateur économique et social
www.guineeactu.com
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