samedi 20 février 2010
Eviter d'acculer Sékouba Konaté
Sékouba Konaté

La mise en place du nouveau gouvernement guinéen provoque des grincements de dents à Conakry, allant parfois jusqu'à la démesure. Par exemple, certains critiques reprochent aux militaires d'avoir gardé pour eux une part appréciable du gâteau, notamment des postes stratégiques. Le général Sékouba Konaté n'est lui-même pas épargné. A Conakry, on accuse le chef de l'Etat par intérim, d'avoir entre autres, reconduit ou fait nommer des membres du Conseil national de Défense de la Démocratie, CNDD. Des personnalités qu'on accuse parfois de tout et de rien, la justice n'ayant pas encore tranché sur les dossiers sensibles. On accuse le chef intérimaire de la junte de tenter de monter un gouvernement bis. Celui-ci serait composé de membres du CNDD et faisant surtout la part belle aux éléments du groupe favorable à Dadis Camara. Les critiques font observer que certains de ces membres seraient compromis dans les événements funestes du 28 septembre dernier.

En tant que chef de l'Etat par intérim, le général Sékouba Konaté devra plus tard rendre compte de sa gestion au peuple guinéen et à ceux que ce dernier aura élus. Pourquoi alors ne pas continuer à lui accorder le bénéfice du doute et le laisser poursuivre son œuvre de réorganisation de l'armée ? Combien sont-ils comme lui, dans l'armée guinéenne, susceptibles de se porter garants des institutions républicaines à bâtir ? Il convient dès lors, de le laisser s'entourer des éléments dont il juge la contribution importante dans l'édification de la Guinée nouvelle. Ce pays a besoin de tous ses fils et filles, et il faut se garder de toute entreprise à visée politicienne. La justice poursuivant son cours, tôt ou tard, les individus coupables de méfaits seront arrêtés et châtiés. Pour l'heure, chacun peut se prévaloir du bénéfice du doute et vaquer à ses occupations.

Les Guinéens sont bien pressés et c'est légitime. Toutefois, on oublie qu'à ce jour, la justice n'a pas encore totalement abouti et qu'autant chez les civils que chez les militaires, les individus accusés bénéficient encore de la présomption d'innocence. Il faut laisser le temps au temps et éviter de tomber facilement dans le piège des querelles de clocher. Celles-ci ne prennent en compte ni les réalités du terrain, ni les subtilités diplomatiques en rapport avec l'applicabilité des Accords de Ouagadougou. L'on oublie un peu trop facilement le chemin parcouru jusqu'à l'accouchement d'un gouvernement qu'on a pourtant voulu consensuel.

Beaucoup de Guinéens ont donné de leur vie pour en arriver là. D'autres n'en continuent pas moins de souffrir le martyre, pour avoir voulu donner de la voix ou tout simplement défendre des principes de droit républicain. La Guinée revient de loin et les Guinéens, toutes tendances politiques confondues, ne doivent pas l'oublier. Pour avoir beaucoup pesé dans les errements des régimes précédents, les élites, mieux que quiconque, doivent savoir raison garder à cette étape de l'évolution du pays. Il faut éviter de plonger la Guinée dans un chaos indescriptible. Une nouvelle chance est en effet donnée à ce pays qui fait l'objet de trop de convoitises. C'est pourquoi, chacun, du mieux qu'il peut, doit œuvrer à consolider les acquis afin de permettre à ce pays de rebondir, tant le retard accumulé est considérable.

Certes, le CNDD est toujours en place. Mais il appartient à la société civile de demeurer vigilante pour l'empêcher de nuire. Cela ne veut point dire qu'il faut en harceler les membres pour rien, au risque de compromettre inutilement le fragile équilibre laborieusement mis en place. L'appartenance à la junte ne signifie pas automatiquement que l'on est couvert d'opprobre. De même, être de la société civile ou de l'opposition ne garantit point que l'on soit blanc comme neige. La Guinée, comme tous les pays africains, n'est pas à l'abri des forfaitures de délinquants à col blanc. On en retrouve facilement dans les périodes troubles, qui savent se parer du manteau de patriotes bon teint ou même de défenseurs de droits de l'homme. Juste le temps d'assouvir des desseins inavoués. Par la suite, ils n'hésitent pas à justifier l'injustifiable, allant jusqu'à abonder dans le sens de ceux qui pourfendent les droits les plus élémentaires du citoyen.

Les tâches auxquelles doit s'atteler l'équipe conduite par le général Sékouba Konaté sont immenses pour les délais impartis. La priorité revient au gouvernement dont le principe est accepté de tous. Il doit préparer le scrutin à venir. Il y a entre autres, la nécessité d'harmoniser le fonctionnement des différentes structures et faire en sorte que chacune des parties prenantes au débat démocratique s'implique sérieusement dans la gestion de la transition. Celle-ci ne doit pas excéder six mois. Elle doit se dérouler suivant la feuille de route remise à la partie guinéenne par le facilitateur, le chef de l'Etat burkinabè. C'est pourquoi il faut s'abstenir de distraire les dirigeants nouvellement promus. Tout ne peut se faire ici et maintenant.

En ce qui le concerne, le général Sékouba Konaté a un travail colossal à abattre. Il lui faut continuer son travail de renforcement de la cohésion au sein de la grande muette. Dans cette optique, chercher à consoler les éléments déçus du CNDD constitue un moindre mal. Etant donné la fragilité de la situation, il faut bien se préoccuper de calmer les hommes en uniforme.


17 février 2010

allAfrica.com


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Barry Abdoulaye, lundi 22 février 2010
Chers lecteurs qui écrivent contre cet article, Comment vous sentiez vous avant la lecture du discours de Sekouba Konate qui a décrisper la situation ? Qui pouvait faire quoi en ce moment ? Vous n’aimez réellement pas ce pays. Si la voie qui est en train d’être suivi par Konate n’est pas la bonne alors venez prouver la bonne voie de sortie de crise Aissatou Sylla, tu penses peu ou pas du tout. Tu peux faire quelque chose toi. Il ne faut pas écrire pour le plaisir d’écrire mais il faut voir la réalité en face. A OUAGA Konate a pris le risque de se démarquer des autres membres du CNDD, les coups bas qui ont échoués a Conakry grâce au Bon Dieu qui veut toujours de la Guinée un pays de paix, n’êtes vous pas au courant de cela ? Ce n’est pas possible, j’ai horreur de ceux qui s’ecarte toujours du bonheur.
camara, dimanche 21 février 2010
Pour l`amour de Dieu les guinéens doivent accepter qu`on procèdes les audits avant les éléctions juste pour donner un peu de temps au ministre TIEGBORO CAMARA de déloger les dealers et récuperer leurs biens EN COMMENCANT BIEN ENTENDU PAR LA FAMILLE NARCOTIQUE de LANSANA narco, oui c`est très important il faut savoir que les quelques villa de ex prémière dame HARIETOU CONTE et CELLES DE SON FRERE IMPLIQUE LES DEUX ENFANTS DU PRSIDENT NARCO ET LEURS BIENS.TOUT CELA C`EST POUR JUSTE EVITER LES IMPUNITES EN GUINEE.POUR LES POLITICIENS DELINQUENTS NOUS NE SOMMES PRET POUR LEUR FAIRE PROTEGER DERIERE UN QUELCONQUE PARTI POUR EFFACER LEUR DELITS.
Aïssatou SYLLA, dimanche 21 février 2010
Konaté n’aura l’indulgence d’aucun Guinéen ! Ça suffit. Konaté est membre du CNDD et Responsable comme Dadis , Pivi, Tiegboro, Toto … du massacre du 28 Septembre 2009 à Conakry au stade du même nom. S’il est INCAPABLE, qu’il DEMISSIONNE ! Malheureusement pour notre pays, actuellement il y a deux gouvernements : celui du milicien PDGiste J.M.Doré (qui a été choisi à partir de quels critères sachant que son parti politique est un Parti « cabine téléphonique » c’est-à-dire un Parti dont l’ensemble des militants ne remplissent pas une cabine téléphonique exactement comme le Parti de Kou-raté !)et celui du soulard Konaté. Il est temps de continuer la lutte pour exclure tous ces voyous recyclés.
Aïssatou SYLLA, dimanche 21 février 2010
Konaté n’aura l’indulgence d’aucun Guinéen ! Ça suffit. Konaté est membre du CNDD et Responsable comme Dadis , Pivi, Tiegboro, Toto … du massacre du 28 Septembre 2009 à Conakry au stade du même nom. S’il est INCAPABLE, qu’il DEMISSIONNE ! Malheureusement pour notre pays, actuellement il y a deux gouvernements : celui du milicien PDGiste J.M.Doré (qui a été choisi à partir de quels critères sachant que son parti politique est un Parti « cabine téléphonique » c’est-à-dire un Parti dont l’ensemble des militants ne remplissent pas une cabine téléphonique exactement comme le Parti de Kou-raté !)et celui du soulard Konaté. Il est temps de continuer la lutte pour exclure tous ces voyous recyclés.
Aïssatou SYLLA, dimanche 21 février 2010
Qui est l’auteur de cet article ? Il n’a pas le courage de ses opinions. Sékouba Konaté doit comprendre qu’il n’a aucune excuse ! Il est du CNDD et il fait partie des Responsables du massacre du 28 Septembre pour preuve, il viole les accords militaro-militaire de Ouaga et nomme les sanguinaires Pivi et Tiégboro Ministres ! Nous allons droit dans le mur : il y a deux gouvernements en Guinée. Il y a celui du milicien PDGiste J.M.Doré et celui de l’analphabète (produit de l’école koko-lala du sanguinaire Sékou Touré) qui est incapable de faire la différence entre une addition et une soustraction ! Si Konaté est incapable alors qu’il quitte personne ne va regretter son départ. Enfin, le Gouvernement pléthorique du milicien Doré n’a aucune mission si ce n’est préparé les élections. Nous pensons qu’un gouvernement de dix ministres maximum était suffisant pour la transition afin de préparer les élections.
Sékou Oumar Camara, samedi 20 février 2010
Quelque soit l`auteur de ce papier, je lui suggère d`adorer son dieu et de laisser les autres adorer le leur. Les gens n`ont donc pas le droit d`avoir un regard critique sur les actes de Sékouba? Ce n`est parce qu`il a mis le dangereux Dadis à l`écart qu`il faut fermer les yeux sur son action. Quant aux militaires à contenter, c`est dans les casernes qu`il faut les contenter! Et il ne faut surtout pas confondre toute l`Armée à une poignée de militaires politisés qui cherchent juste une mangeoire. لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ
Moumeizu Koly Onivogui, samedi 20 février 2010
Cet article est un article bien reflechi.En effet, il faut mettre une une excessive pression sur Sekouba ou au CNDD au risque de leur pousser a bout. A l`allure ou les choses vont, les organisations internationales et les forces domestiques ont un " leverage" qui est entrain de faire ses preuves quoi que insuffisant. A trop pousser ces acteurs politiques on risque de leur enfermer dans un entetement fatal a tout le peuple. Il faut apprendre a acquerir ce que c`est la vertue de la patience politique. Bien reflechi

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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