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On retient peu d’actes posés du Premier ministre Mohamed Saïd Fofana. Pas de grandes sorties internationales avec de gros contrats décrochés ou en cours. Il est confiné à des visites sporadiques dans l’arrière-pays avec ou sans la Première dame. La retraite du gouvernement organisée du 27 au 29 janvier 2011 au Mariador Palace, mettant ainsi en branle la machine du changement tant rêvé par Alpha Condé nous pousse en revanche à faire une sorte d’évaluation à mi-parcours des objectifs fixés par le gouvernement Saïd.
Verre à moitié vide, à moitié plein
Depuis un semestre, on assiste à l’exécution d’activités identifiées par Alpha Condé et de ses francs-tireurs. Des activités que chacun pourra d’ailleurs juger et jauger. Ce sont entre autres : stabilisation de la monnaie à travers l’accroissement des réserves de change (la Banque centrale se montre rassurante quant à la disponibilité suffisante de devises), relance de la diplomatie dans la perspective d’une mobilisation plus accrue des ressources pour le développement (rien de visible), amélioration de la gouvernance et de la lutte contre la corruption (les audits se font attendre), amélioration de l’accès à une éducation pour tous (encore au stade des vœux pieux), effectivité de la gratuité de la césarienne et de l’accouchement (grincements de dents dans les structures sanitaires, faute de mesures d’accompagnement), amélioration de la dotation en médicaments et en vaccins des centres de santé (vœux pieux), appui campagne agricole 2011-2012 (l'Etat a débloqué, nous dit-on, 250 milliards de GNF pour l'achat des engrais, des semences, …), sécurisation du bétail à travers l’identification des animaux par le tatouage (vœux pieux), amélioration des infrastructures de commercialisation du bétail et de la viande (vœux pieux), etc. La liste est loin d’être exhaustive même si on se félicite déjà du verre à moitié vide, moitié plein.
Un faire-valoir…
A la lecture partielle des objectifs visés depuis janvier, il sied de nous demander combien pourrait-on concéder au Premier ministre Mohamed Saïd Fofana, après une évaluation à mi-parcours d’environ six mois de gestion? Comment qualifierait-on le successeur de Jean-Marie Doré ? Des questions et d’autres qui susciteraient de nombreux débats dans certains milieux politiques. Mais en cherchant déjà à totaliser à l’actif du PM, notes et superlatifs, on risquerait certainement de nous emmêler les pinceaux tant et si bien qu’à force de chercher à tout prix une embellie sur le charisme chancelant du personnage, on commettrait un patent sacrilège.
Choisi par mesure mais surtout contre toute attente, Mohamed Saïd Fofana s’est révélé – cela n’étonne personne – comme l’homme qui ne représente point son président dans les instances internationales. Toutes ses tâches se résument alors à faire passer des stéréotypes comme "le message de paix et de réconciliation du Pr Alpha Condé". Si ce n’est de recevoir en audience les émissaires de tel ou de tel, ou présider à des cérémonies d’inauguration. Que d’amalgames désinvoltes et extrapolations déplacées !
Avec donc cette évaluation à mi-parcours, on conclura que Mohamed Saïd Fofana n’est qu’un faire-valoir, juste pour "récompenser" la Basse Côte qui semble avoir massivement voté Alpha Condé.
Exception dans le Moriah ?
Des proches affirment que ce sortant du CEDOR (Roumanie) a le même feeling que certains de ses devanciers toujours claustrés à applaudir. Souvent niaisement : "M. Considérant", Lamine Sidimé, nommé par Lansana Conté le 8 mars 1999, "le PM qui n’est pas culoté", Kabinet Komara, choisi par Dadis Camara le lundi 29 décembre 2008, Ahmed Tidiane Souaré, devenu premier ministre le 20 mai 2008, etc. Certains citeront Cellou Dalein Diallo, nommé PM le jeudi 9 décembre 2004. Soit ! Ce qui est surtout agaçant avec l’actuel PM, c’est sa docilité mal-à-propos. Un comportement qui fait manifestement exception chez les cousins Morianais de Forécariah. Plutôt reconnus par leur bruit et le m’as-tu-vu qui forcent l’admiration. D’aucuns diront – pour justifier le manque de "chaleur" – que mieux vaut pactiser avec le diable qu’avec Alpha Condé peu ou pas du tout porté sur la contradiction ou les avis contraires. Après tout, quelle mention pour Saïd Fofana ? Excellent, passable, bien, remarquable… Le jury se prononcera !
TFS
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