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Etre patron d'une entreprise, responsable d'un groupe ou président d'une république. Ceci relève d'une grande responsabilité dont la valeur se mesure à la personnalité non seulement du chef, mais aussi de ses sujets. Peu importe l'appellation que vous lui donnez, la fonction de chef est aujourd’hui avant tout considérée comme un prestige dont profiterait l'occupant. Commet cela? Et, qu'est-ce qu'un tel acte peut produire comme conséquence? De nos jours, quand vous êtes président de ceci ou de cela, vous avez souvent d'un côté des gens qui vous en veulent à mort, et de l'autre, d'autres qui vous lèchent les pieds avec des oui-oui à tout. Tous ces deux groupes sont en manque de caractère, dans la plupart des cas. Vous savez pourquoi? Les premiers ne constatent jamais ce que vous réalisez comme action franche. Ils en sont ingrats, ne voyant rien, n'entendant aucun mot et ne comprenant absolument pas que vous pouvez avoir, ne fut-ce qu’un seul résultat positif. Ils veulent tout simplement votre effacement. Ces gens ne seront jamais raisonnables. Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez jamais les convaincre. Ils sont convaincus d’avance et ils le disent souvent : "personne ne pourra me convaincre de ceci ou de cela !" Quelque soit la grandeur de votre œuvre, ils ne changeront pas d'avis. Dans ces cas, vous n'avez qu'« à faire et laisser l’autre dire ». Savoir qu'on ne réussira guère à ramener tout le monde à la même table. Il faut oublier les agissements publicitaires. On n'est à l'aise que quand on l'est avec sa conscience. Généralement, on retrouve ces gens-là dans les clans d'opposition extrémiste. Avec eux, il n y a pas de compromis. Ils sont guidés par la haine, la jalousie, l'intérêt individuel, une revanche ou d'autres raisons querelleuses. Qu'est-ce qui peut en découler comme résultat? Une bipolarisation de votre entité, construisant des querelles éternelles entre semblables. Ce sont des situations dans lesquelles le chef doit moralement être très fort, pour savoir gérer certaines piqûres agressives, afin d'éviter que l'entreprise ne tombe. En outre, de tels actes peuvent donner toutes les occasions à des mal intentionnés de profiter, pour réveiller une querelle personnelle endormie depuis des lustres. Généralement ils profitent du groupe pour faire une tape privée, parce qu'autrement, ils sont toujours supplantés dans leur faiblesse. Et, dans la plupart des cas, ce sont des gens qui vous souriaient et vous manifestaient une fausse amitié. Ne vous étonnez pas d'eux, ils n'ont pas la liberté de choix. Ce sont des compléments d'effectifs. Ne leur portez pas attention, vous perdrez votre temps ! Les incapables attendent toujours que les autres foncent les premiers afin qu'ils puissent se confondre au groupe. C'est leur façon d'exister; ainsi est faite la vie. C'est pourquoi, il est important de bien analyser son environnement pour savoir de quelles manières s'opposer au pouvoir décisionnel. Ceci afin d'éviter que des suivistes se transforment en militants de clans. Les seconds, ce sont ceux qui vous disent que vous avez raison, même quand vous voulez les opprimer. Ils sont à des places qui ne leur appartiennent pas en réalité. Il leur faut donc lécher pour exister. Ils veulent à tout prix vous épargner de toute objection afin de s'épargner toute contradiction avec vous, aussi petite soit-elle, et ainsi, éviter la moindre frustration de votre part. Il y va de leur intérêt. Qu'est-ce qui peut en être le résultat? D'abord, vous êtes élevé là où vous n'avez jamais rêvé. Le prestige vous précède toujours partout où passez. C'est ainsi que les membres du gouvernement guinéen se croient obligés de dire "Le Général Président Lansana Conté", à chaque fois qu'on parle du chef l'Etat. Pas de raccourcis, ni de pronoms. C'est donc le culte de personnalité qui se construit. Et comme cela, vous vous voyez, chaque jour, monter d'un ciel au-dessus des hommes. Ensuite, vient l'étape de l'attaque virale. Vous avez le virus qui vous embellie tout cela. Vous commencez à jouir pleinement de cette "baraka" fallacieuse. Dorénavant, ayant l'impression ou la conviction que vous êtes simplement assis sur vos bénédictions, et que les autres sont comme les membres de votre famille, en l'occurrence vos enfants, vous vous sentez avoir le plein droit de leur réjouissance et de leur peine. D'ici, vous délaissez vos responsabilités envers vos sujets, vous n'avez plus d'objectivité dans vos agissements. A quoi bon! Quand on a l'orgueil d'être absolument persuadé de la vertu de ses actions. Enfin, vous n'avez plus les pieds sur terre. Vos méthodes de travail sont le clientélisme, la corruption, le trafic d'influence, le favoritisme évident. Vous décidez qui a droit à ceci ou à cela et qui n'en a pas. Et bienvenue, la dictature ! Ceci étant, vous vous façonnez une armée d'ennemis, des venimeuses frustrations... qui ne vous laisseront pas indemnes. On est entrain de creuser sa propre tombe. « La fonction de président est une splendide misère», disait Nixon, le président américain. Le chef n'est logiquement que le serviteur de ses sujets. Il jouit des prérogatives dans l'unique objectif de disposer de pleins pouvoirs, lui permettant de servir efficacement et effectivement ses sujets. C'est dommage de constater que les gens se concentrent beaucoup plus sur le décor du pouvoir, que sur son devoir. Ibrahima Amadou pour www.guinéeactu.com
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