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En Afrique, de nombreux hommes politiques fréquentent des voies sinueuses les plus sordides pour accéder au pouvoir. Une fois qu’ils y parviennent, ils se livrent à des pratiques aussi abominables qu’inhumaines qui deviennent des rituels accompagnant le temps de leur règne. C’est ainsi que dans l’histoire contemporaine de notre continent, des chefs d’Etat s’étaient illustrés dans l’horreur, même si d’autres continuent d’arpenter encore ces sentiers de la criminalité. L’on peut citer quelques exemples : Mobutu au Zaïre, Idi Amine Dada en Ouganda, Bokassa en Centrafrique et, bien sûr, Sékou Touré en Guinée. Ces monstres à visage humain n’ont pas fait que des victimes, ils ont malheureusement réussi à enfanter des espèces qui leur ressemblent si elles ne peuvent être que leur clone sur le chemin du mal. Parmi ces dernières se trouverait Lansinè Kouyaté qui, depuis sa nomination, ferait, de plus en plus, appel aux méthodes et pratiques de son père politique, bien que jusqu’à présent aucune corde ne soit encore passée au cou de ses adversaires. Ce n’est pas qu’il ne le veuille pas, c’est parce qu’il ne le peut pas, car la Guinée a changé avec le monde globalisant. Dans ce registre, cinq statues (qui ne sont pas que de simples sculptures) ont été érigées en des points symboliques de la capitale guinéenne. Et puisqu’il faut user de tous les moyens pour s’accaparer du fauteuil présidentiel, Lansinè Kouyaté aurait sollicité la capacité de nuisance de son « ami » libyen. C’est dans la logique que dans la nuit du vendredi 2 mai 2008, un avion de la Jamahiriya a atterri à l’aéroport international de Gbessia avec à son bord d’étranges passagers : des chameaux. C’était le cadeau du Président libyen à Lansana Conté. Peu de temps après, l’un des accompagnateurs du présent a confié à une personnalité qui a voulu garder l’anonymat qu’il s’agit d’un sacrifice du PM et non un simple cadeau de son « ami ». Ledit cadeau devait être nécessairement réceptionné par le bénéficiaire à l’arrivée. Ce qui a été fait. Lansana Conté, amoureux, dit-on, des animaux, était à l’aéroport et a escorté ces bêtes jusqu’à Wawa. Si la révélation est avérée, l’on pourrait s’interroger sur le but recherché par Lansinè Kouyaté. Pour qui ou contre qui est effectué ce sacrifice ? L’on peut replonger dans le souvenir des rumeurs qui accusèrent Kadhafi aux lendemains de la mort du premier potentat guinéen, Sékou Touré, le 26 mars 1984 à Cleveland (USA). Alors quelle pourrait être la symbolique de cet étrange cadeau ? Puisqu’il y a eu l’indiscrétion de l’un des convoyeurs libyens, un coup fourré contre Lansana Conté ne serait pas à exclure. Lansinè Kouyaté voudrait-il que le Président devienne son chameau ? Si dans le passé, on raconte que Sékou Touré réussissait à faire revenir ses prétendus « ennemis » en Guinée par la magie de l’occultisme et les exécuter par la suite, il n’est pas exagéré de s’interroger sur le don de ces chameaux au moment où les relations entre la Présidence et la Primature, semble-t-il, seraient couvertes par un climat inconfortable. Guinéens, mes sœurs et frères, Notre beau pays est tombé si bas parce que nous ne le percevons plus du même regard patriotique que nos devanciers. Il est plongé dans les profondeurs de la misère parce que le virus de l’ethnicisme s’est attaqué aux rapports sociaux tissés par des milliers de générations d’hommes et de femmes désireux de vivre, en permanence, ensemble. Ce faisant, tout ce que dit le Guinéen de l’autre Guinéen qui n’appartient pas à la même source sociale et régionale, est interprété comme un acte, un geste ou des paroles dressés contre l’ethnie de celui-ci. Cette perception des choses aveugle les uns et les autres et nous dévie du véritable combat qui est l’intérêt de tous les Guinéens. Celui-là est pourtant le bonheur et le bien-être de tous les fils et filles de notre pays. Pourquoi parler de ces chameaux s’ils n’étaient que de simples animaux ? Le dessein du PM est désormais connu. Or, nous savons maintenant, ses carences, ses limites et surtout son incapacité à mener le bateau Guinée. Dans ce contexte, pourquoi taire ses velléités dont la nature et l’objectif visent l’usurpation du fauteuil présidentiel ? En un an le désastre à son actif comme à son passif n’est-il pas encore assez édifiant pour nous laisser accommoder à sa supercherie ? Guinéens, il est temps de réagir pour sauver notre pays. Et le sauver ; c’est désormais exiger le départ de Lansinè Kouyaté. Demain, personne ne pourra dire qu’elle n’a pas été prévenue à temps. Jacques KOUROUMA Paris 5 mai 2008
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