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Le vice-président du parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques) a animé ce mercredi 9 février un point de presse à la Maison de presse, à Conakry. Lors de cette rencontre avec les médias de la place, Etienne Soropogui a eu un regard critique sur la gestion du pouvoir par les nouvelles autorités.
Pour le vice-président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), le nouveau régime, à peine installé, commence à présenter des signes inquiétants consistant à la violation systématique et délibérée des principes qu’il considère sacro-saints de notre Constitution. Etienne Soropogui déplore ainsi le fait que le CNT (Conseil National de Transition) soit marginalisé par le nouveau régime. Il explique qu’aucune volonté politique ne semble prise par l’actuel président pour utiliser l’institution qui fait actuellement office d’Assemblée nationale. Or rappelle-t-il, l’article 157 de la Constitution guinéenne stipule que : « le Conseil National de Transition assumera toutes les fonctions législatives définies par la présente constitution jusqu’à l’installation de l’Assemblée nationale ». Aux dires donc de M. Soropogui, les dispositions de cet article confèrent au CNT un « rôle législatif » qui doit lui permettre d’assumer pleinement le rôle d’Assemblée nationale. Donc pour le leader des NFD ce ‘’manquement’’ qui viole certaines dispositions de la constitution doit être corrigé par les nouvelles autorités. Ce qui, selon lui, devrait commencer par la déclaration de politique générale du Premier ministre chef du gouvernement. Cela conformément aux dispositions de l’article 57 de la constitution qui stipule ceci : « après sa nomination, le Premier ministre fait une déclaration de politique générale suivie de débats sans vote devant l’Assemblée nationale ».
Etienne Soropogui estime aussi que le nouveau président de la République a pris des décisions tendancieuses visant à bafouer la constitution. Pour lui, la suppression de l’impôt minimum de développement (IMDL) par le Pr Alpha Condé rime avec des discours populistes que le chef se donne souvent le plaisir de prononcer. Mais aussi qu’il s’agit d’une « immixtion dangereuse » de l’exécutif dans la sphère du législatif. Puisque, explique-t-il, seule la loi fixe les règles concernant l’assiette, le taux, les modalités de recouvrement de l’impôt de toute nature et des contributions obligatoires.
Par ailleurs, il s’inquiétera aussi de la volonté des nouvelles autorités de « bâillonner » la liberté de la presse en Guinée. « Sinon comment comprendre la volonté de la présidente du CNC de substituer la loi très répressive sur la liberté de la presse de 1991 à celle de 2010 ? », s’interroge-t-il. Et de conclure qu’il s’agit là d’une volonté manifeste de l’Etat de « faire taire toutes les voix dissonantes ».
Alors que, rappelle-t-il, « le président de la République lors de sa prise de fonction n’a juré ni sur la Bible ni sur le Coran, encore moins sur les textes établis dans le cadre du fonctionnement du RPG, il a juré la main sur la constitution dont il a promis de respecter scrupuleusement les dispositions (…) ». En tout cas pour M. Soropogui, il est inacceptable que ceux qui sont sensés respecter la loi soient les premiers à les transgresser.
Ainsi en tant que parti politique, il indique que l’opposition doit être associée à la gestion des questions d’intérêt national. Et en ce qui concerne les législatives en vue, il avertira que « tant que nous n’aurons pas de garanties claires et suffisantes pour la tenue d’élections législatives justes et équitables, avec les mêmes chances pour tous, nous n’irons à aucune élection ». Il enfoncera le clou en interpellant ceux qui pensent encore utiliser les mauvaises pratiques du passé pour orchestrer des fraudes massives pour gagner les élections, en mettant à contribution l’administration et l’armée. Pour M. Soropogui cette époque est révolue, les Guinéens ne sont plus dupes.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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