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Les Etats généraux de la justice sont donc lancés depuis ce lundi 28 mars pour finir, si tout va bien, le 30 mars, en grandes pompes, à l’éternel « Palais du peuple », ancien tribunal des hauts faits ayant conduit aux excès de tous les régimes sans exception. Notre « président démocratiquement élu » étrenne ses 100 premiers jours de pouvoir sans rien apporter de nouveau et sans aucune étincelle d’espoir. La Guinée s’enfonce un peu plus chaque jour et le « miracle RPG » n’aura donc pas lieu.
Facile de dire que tout n’était pas possible, si tôt. Sauf que ce qui gêne le plus, c’est le manque total de perspective. Un pilotage de la chose publique sans boussole à un niveau erratique qui ferait presque regretter l’administration de Dadis Camara et sa bible des Dadishows.
Précisément, nous sommes tombés de Charybde en Scylla, d’un danger à un autre autrement plus grave, grâce à la tortueuse éminence démocratique professorale. Aucun motif de nous réjouir, même à crédit.
La misère, nous sommes habitués. Pas d’eau, pas d’électricité, nourriture rare, ce n’est pas nouveau.
« Placée sous la présidence du Chef de l’Etat, Alpha Condé, la cérémonie d’ouverture a connu la présence d’un parterre de personnalités dont les présidents des institutions républicaines et certains leaders politiques comme Sidya Touré de l’Union des Forces Républicaines (UFR). la Cour suprême voit dans l’organisation de ces états généraux, trois objectifs principaux qui sont : la consolidation de l’Etat de droit, la garantie de la paix sociale et la promotion du développement durable. "Selon notre plan, il me paraît essentiel de faire remarquer que les capitaux ont horreur de l’insécurité juridique et judiciaire. Aucun développement économique ne peut se concevoir sans le respect de la loi garanti par une justice indépendante et impartiale", souligne Syma. »
Guineenews
Dans cet océan de malheur, les Guinéens réalisent aujourd’hui, abasourdis, que notre « meilleur président » aura été, tout compte fait, le Général Lansana Conté. Je ne suis pas son groupie, mais entre deux maux, si vous préférez entre deux serpents, on choisit logiquement le plus petit, si on a le choix… Personne pour le moment, à ma connaissance, n’a fait mieux, même si c’est définitivement largement en dessous de la moyenne acceptable.
Si c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures sauces, elles servent surtout à cuisiner. Ce mot peut faire briller des étoiles dans vos yeux et enchanter vos narines. Vous le savez. Mais être cuisiné, par exemple par nos vaillants « hommes habillés », c’est-à-dire en armes (par opposition aux autres qui seraient ainsi logiquement « nus »), n’a définitivement rien d’une sinécure. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre, même à un militant convaincu du RPG et de sa lumière professorale.
Ce n’est donc pas la cuisine au sens classique reconnu, mais celui de nos charmants et gentils flics et autres dits agents de sécurité, pour la protection des populations. Ne riez pas !
Lesquelles attendent ce miracle depuis 52 ans, depuis que l’autre avait fait ses grandiloquentes promesses dont on sait ce qu’elles sont devenues.
Pour le moment, et très activement, on « cuisine » dans nos geôles ceux qui ont la rare prétention de mettre en doute la démocratie de nos régime précédents et actuel. Bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à courber l’échine comme les autres, en encensant par exemple notre érudit « Professeur démocratiquement élu ».
Lequel s’est dépêché d’aller racler dans les fonds de tiroirs malodorants de ses prédécesseurs, tous les assassins et autres canailles détourneurs patentés des biens de la nation, devenus ses piliers actuels. Vous les connaissez.
Vous comprenez notre appréhension : ces états généraux risquent de finir comme tous ceux qui les ont précédés, en « états caporaux ». Ne dites pas que vous ne comprenez pas, beaucoup parmi nos illustres juges, hommes de loi et juristes ayant une moralité en dessous de tout soupçon.
Thierno A DIALLO www.guineelibre.com
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