mardi 30 décembre 2008
Etat d’alerte ! Ils arrivent les Guinéens de l’extérieur !
Saïdou Nour Bokoum

En pagaille. Heureusement qu’ils comptent pour des prunes, pour rien quoi, depuis cinquante ans que durent les républiques de Guinée. Au fond ils sont peut-être pour quelque chose dans, sauf votre respect, le bordel institutionnel qui a précédé ce qui s’annonce comme une troisième république. Comme c’est étrange, nos ancêtres les Gaulois, il y a quelque deux siècles, ont connu une certaine république, la IVe du nom, bananière version soft, comme notre seconde, la bien nommée république, qui pondait un Premier ministre toutes les secondes, quand elle fut à l’article de la mort, qui curieusement sembla durer une éternité. Son modèle d’outre-mer appelée république des parlementaires, pondait les cabinets comme les cafards évacuent des œufs quand on les écrase ! Plus on en tue... Et vint le grand autre, auteur d’un autre Appel, celui du 18 juin, qui mit fin à cette chienlit (Ch. De Gaulle) en 1958.

 

Soyons sérieux en ces heures graves. Vous avez compté les « Appels », « Pétitions », et autres « Lettre ouverte à... », commis par ces « patriotes » expatriés, ces unicellulaires qui se multiplient, comment disent-ils déjà les savants de cette matière dont le nom m’échappe, ils croissent comme ils croassent, en se divisant ! Ils se ressemblent comme ils ne s’assemblent pas, contrairement à ce que dit l’adage. Ils se séparent pour se multiplier, comme les paramécies, par scissiparité. Peut-on faire le point de cette exponentielle diaspora du « moi-je » ?

 

Je n’aime pas compter. Ni blasphémer. Mais Conté, paix à son âme, avait dit :

 

« Ils sont venus nous mélanger ».

 

C’est seulement maintenant que je comprends ce génial africanisme qui veut dire : « Ils sont venus nous diviser ». Je viens d’apprendre que l’illustre disparu fut effaré de recevoir le même jour un nombre infini de Guinéens venus d’un même pays, en délégations séparées. Je crois que son désamour tyrannique des Guinéens de mon espèce vient de là. Parce qu’en ce temps- là, il disait vraiment ce qu’il pensait et pensait vraiment ce qu’il disait. Vingt-quatre ans plus tard, d’autres se sont chargés de dire et de faire n’importe quoi en son nom. Laissons-le reposer en paix.

 

Sincèrement.

 

Donc j’ignore le nombre d’appels disant ceci et son contraire. Ou le nombre d’appels qui disent la même chose. De grâce, arrêtons donc d’appeler séparément et essayons de dire « OUI » ou « NON » ou « OUI MAIS » ou « NON MAIS ». Disons donc n’importe quoi, mais ENSEMBLE pour une fois !

 

Il y a un certain pluralisme qui me fait penser à ces terribles pluies hors saison dont les eaux font des dégâts pires que ceux d’un Tsunami.

 

Wa salam

 

El Hajj Saïdou Nour Bokoum
pour www.guineeactu.com

Signataire de l’Appel ci-dessous :

 

Pour signer la pétition cliquez ici ou allez sur le lien URL suivant :

http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333

 

Pour voir les signataires cliquez ici ou allez sur lien URL suivant :

http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1

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Vos commentaires
Ousmane, mercredi 31 décembre 2008
Oh Elhaj, c`est juste un petit clin d`œil et une plaisanterie "déstressante" dans cette période de grand froid, "Nènè kâfiri", dira le chanteur A. Blondy, chez vous qui vivez de l`autre côté de l`eau salée. Allez-y Elhaj! Dieu a tellement de choses importantes à faire qu`il ne regardera certainement pas les déhanchées d`un Elhadj dans un concours de coupé/décalé. Il ne regardera pas vos pas tant qu`il n`aura pas fini de jeter dans l`enfer les responsables de notre dénuement économique et notre déchéance morale. Bonne année, Elhadj!
Ibrahima Diallo-"ollaid", mercredi 31 décembre 2008
Mr ou mieux El-Hadj Bokoum (j`en suis un aussi mais sans le voyage à la Mecque, juste par "héritage" du grand père), je suis rassuré et soulagé que nous semblons enfin nous comprendre et que je ne peux qu’adhérer à votre combat pour une Guinée meilleure même si je puis émettre des réserves bien intentionnées sur la méthodologie du rassemblement d’abord connaissant mes compatriotes. Mon oncle Dr T.A. Bah (Paris) s’y évertue depuis plusieurs décennies, en commençant en Côte d’Ivoire puis à Paris mais je n’ai pas encore vu de résultat en termes d’union. Mais c’est bien de persévérer. Quant à " GAP", c’est juste un anglicisme de ma part. GAP en anglais, c’est un trou, un espace, un vide. Voila ! Comme on dit : le langage est source de malentendu. Si vous comprenez ma bonne intention, je vous serai gré. Je suis bien dans la quarantaine avec 2 enfants qui ont du sang peul, malinké et soussou. La lutte continue ! Bonnes fêtes El-Hadj !
Saïdou Nour ¨Bokoum, mercredi 31 décembre 2008
Pardon aux patrons de guineaactu et à leurs lecteurs que je respecte. Les temps sont si incertains qu’il faut se détendre un peu et danser la pachanga, le rap ou la rumba. Mon cher Ousmane, il y a des millions de El Hajj qui reviennent bredouilles de leur hajj, rejeté par le Tout Puissant. Tout comme il y a des milliers de Mecquois vivant à cent pas de la sainte Kaaba, qui ne feront jamais le hajj, Il ( Le Très Haut) ne les appellera jamais ! Seulement ils ne le savent pas. Des millions de gens lisent le coran, que le Très Haut leur jette à la figure. Ce sont là en substance, des paroles authentiques attestées par la Tradition musulmane. Donc il faut me voir dans des concours de « coupé/décalé » avec ma petite dernière. Je fais semblant de lui laisser la victoire de temps en temps, pour qu’elle ne pleure pas.. Il y a des S.D.F. ( Sans Domicile Fixe, en France et en Europe), des « sadhu » en Inde, qui se baladent quasi-nus, martyrisant leurs parties intimes, des « Korèdiuga » au Mali-Manding qui jouent les fous du village mais qui tous sont de grands initiés, des saints, des figures de l’ »Homme universel », libéré des avatars et des limites de notre étroite condition humaine. Donc faites attention aux « mendiants » ( même en jeans ou en tenue de rappeurs ( gapeurs, hein M. Ollaïd !). Quant aux barbus enturbannés avec un long chapelet, faites-y également attention, pour des raisons inverses.. Bref Pablo, pourquoi pas d’autant que moi je ne prétends pas être un saint et que je ne suis même pas sûr que mon hajj a été agréé ? Un jour, Dame (alias Monsieur) Hadyatou me l’avait jeté au visage sur cette page même ! Pour la confusion gap/rap, M. Diallo (?)vous m’avez pris la main dans le sac, et vous m’en voyez confus. Mais le mot « décalé » devrait nous mettre d’accord. Le rap et plus généralement la nébuleuse du Hip-hop, ne sont-ils pas le parangon de cette culture décalée, faisant ce gap horizontal mais pas vertical comme vous semblez le suggérer, « décalage » générationnel très enrichissant du reste pour le progrès culturel ? Pour terminer, je vous confesse que je suis « soixante-huitard », et que nous étions les « gappeurs » de ces temps devenus antédiluviens pour vous jeunes. Mais rassurez-vous, vous ne resterez pas éternellement jeunes ! Mariez-vous et « wait and see ».. Wa salam.
Ousmane, mercredi 31 décembre 2008
Hé Elhaj! Un Elhaj ne doit pas être "Pablo" et n`a aucun droit de faire la pachanga. ANANI? IBARA-MEN?
Ibrahima Diallo-"Ollaid", mardi 30 décembre 2008
Juste pour rectifier que vous avez mal lu: Pas RAP mais GAP! Quant à la polémique, j`ai reçu le message! Je tâcherai, pour le plaisir de certains ou beaucoup, de me "discipliner". Je comprends que la contradiction par la même et seule voix soit barbant comme si il est le seul sur le Net ! J’ai réagi aussi comme vous envers un autre internaute avant de réaliser que j’ai été injuste car écrire sans que quelqu’un n’exprime des avis contraires est en contradiction avec votre et notre propre combat pour la Guinée. Néanmoins, je vais me raviser. Nous ne ferons plus "palabre" ! Apres tout, le vrai défi est ailleurs. Je suis assez humble pour comprendre quand j’en fais trop aussi. Mes respects !
Saïdou Nour ¨Bokoum, mardi 30 décembre 2008
M Toussaint, je n’ai tout simplement pas compris votre propos. Quant à M. Diallo qui me parle de génération rap, 1)J’aimerais bien qu’on fasse le compte des rappeurs guinéens, pas seulement de l’Extérieur. 2)J’ai suffisamment écrit de papiers( plus d’une vingtaine), qui ne font REPETER inlassablement : rassemblons-nous pour DEBATTRE de nos problèmes c’est-à-dire des problèmes guinéens. Cela permettra aux rappeurs de rapper, aux « Pablos » comme moi de faire la pachanga, et aux « doudouistes » de danser la rumba.. 3)Vous ne voulez pas polémiquer avec moi, mais vous ne faites que ça ! Bon sang, c’est sain la polémique et c’est cela que vous suggérez en me parlant de cette génération qui a une approche décalée de tout et c’est bien ainsi. C’est ce que je dis à mes étudiants avec qui je passe mon temps à polémiquer ! 4) A condition de lire. Ou savoir lire. Il y a quelque deux cents pages à lire ( mes articles entre 2004 et 2008), qui envisagent, expliquent la nécessité du rassemblement, mais pour des DEBATS. L’appel au débat exclut la pensée unique que vous me soupçonnez de distiller dans mon dernier texte. Wa salam
Marcy toussaint, mardi 30 décembre 2008
sieur bokoum, le terme guinéen de l`extérieur n`est nullement pas rassembleur.s`ils sont à l`extérieur, dans ce nomadisme international , c`est parce que le système a montré son incapacité à plannifier l`avenir de milliers de générations de guinée, se contente de gouverner dans le rejet des compétences: signe de complexe d`infériorité. ce système laissé entrevoir une éducation sabotée sur les bords. furent ils contraints de se refugier ailleurs. c`est vrai que d`autres etant dans les bonnes grâces du pouvoir( avec des parents bien introduits au palais), ont pu par des coups de pouce rejoindre le lot. mais qu`à cela ne tienne. le pays est à tous. pas d`exclusion. la guinee a besoin de tous ses fils, qu`ils vienne de n`importe quel point de la terre. c`est en excluant une partie que le pays est devenue comme il est aujourd`hui. la guineé est dans la compétition du dévéloppement avec les autre Etats. il faut simplement mobiliser les ressources humaines pour gagner. à vous lire de près j`ai l`impression que vous souhaiter qu`on vous laisse le pays à vous seul. souvenez vous que AMADOU HAMPATE BA qui a dit que" c`est la multiplicité des couleurs d`un tapis qui en fait sa beauté". à l`union comme à l`union" en avant pour le progrès sans exclusion.
Ibrahima Diallo, mardi 30 décembre 2008
Mr Bokoum, sans vouloir polémiquer ou vous offenser, je pense que vous avez le caractère apparemment à fleur de peau. Vous demandez une chose irréaliste : vouloir qu’une mosaïque soit faite d’une même et unique pièce. Comme en 1984, il n’y a pas un Guinéen mais des Guinéens différents en tous points de vue. Parler d’une seule voix est hautement utopique. Le simple fait de vivre actuellement hors de Guinée ne fait pas de nous une entité homogène mais plutôt éclectique et surtout, et encore surtout, n’ayant pas les même objectifs et préoccupations. Et cela n’est en rien une particularité guinéenne. Et si je ne m’abuse, il n’existe pas une coordination des Guinéens de l’extérieur mais différentes structures plus ou moins communautaires. Et il faut accepter qu’il y a maintenant, en plus, une "generation gap", fracture générationnelle et culturelle ; en court : une différence d’approche. Espérons que vous compreniez mon intention qui n’est nullement de vous contredire mais d’expliquer que je comprends et admets cette cacophonie qui est d’ailleurs saine pour la dialectique et la liberté de pensée.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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