lundi 27 juillet 2009
Et si l’on exilait Dadis chez «papy» Wade ?
Ibrahima Kylé Diallo

 

Je me demande si nous ne commettons pas une erreur tactique en dénonçant précipitamment chacune des bêtises de Dadis. Notre chef de junte en dispose tellement qu’il apparaît comme l’incarnation même de la bêtise. C’est à croire qu’il les programme pour détourner l’attention de tous sur l’essentiel. Dadis ne fait pas de bêtises, il en est l’incarnation! Il faut s’en débarrasser tout de suite ! Mais comment ?

 

Je ne prétends pas donner la solution mais je propose une piste de réflexion.

 

En Guinée, on prend souvent l’apparence de la réalité pour la réalité de l’apparence. Contrairement à ce qu’on croit, les Guinéens ne sont pas divisés fondamentalement ; ils ont simplement des points de vue différents en matière de stratégie politique. Certains veulent des élections tout de suite, c’est-à-dire avant la fin de l’année 2009 ; d’autres réclament en priorité des audits : d’autres encore auraient souhaité une conférence nationale souveraine. Cependant presque tout le monde, y compris beaucoup de militaires, veut le départ de l’actuelle junte aussi stupide que stérile car elle ne produit rien de bon pour le pays.

 

La malédiction de la Guinée se traduit par le fait qu’étant dirigée par des tarés, elle a souvent raté ses rendez-vous avec l’histoire.

 

Prenons le cas de la conférence nationale. Après son coup du 23 décembre 2008, Dadis et Compagnie auraient dû, dans l’euphorie ambiante, organiser cette conférence exigée par beaucoup et souhaitée par tous. Si l’idée de conférence nationale continue de faire peur à certains, c’est qu’il n’en ont pas compris le sens ou qu’ils se sentent coupables. Nous aurions pu nous inspirer de ce qui s’est passé au Bénin. Elle ne consiste pas à faire le procès de qui que ce soit, aucune ethnie n’étant visée car il ne faut jamais confondre un leader aussi cruel ou pourri soit-il avec sa communauté. Le seul objectif est de dépasser les crispations identitaires pour savoir comment le pays a été géré (politiquement, économiquement, financièrement) depuis 1958, début de la confiscation de sa souveraineté nationale par des clans familiaux. Il s’agit d’une thérapie collective pour refonder l’Etat guinéen sur de nouvelles bases plus saines. Aujourd’hui, les conditions sont moins propices (je ne dis pas inexistantes) à cette conférence car les velléités manipulatrices risquent de prendre provisoirement le dessus sur la volonté de concorde. Pourtant, cette conférence est incontournable. N’en abandonnons pas l’idée car il y va de l’unité nationale, thème qui m’est plus cher que tout le reste.

 

Prenons le cas des audits que tout le monde souhaite à condition qu’ils ne concernent que le voisin. Le problème est que les dirigeants actuels en ont fait une arme politicienne. Il n’y a pas meilleur exemple que celui qui vient d’en haut ! Si Dadis voulait se montrer sérieux, il aurait dû commencer par lui-même en nous indiquant l’origine de ses biens, en comparaison avec son revenu officiel ! En nous éclairant sur sa gestion du dossier du carburant de l’armée. En nous expliquant son rôle dans les évènements de janvier et de février 2007. Peut-il être juge et partie ? Quand l’auditeur est aussi pourri, sinon plus, que l’audité on a peu de chance de respirer un air pur et tout s’étouffe!

 

Maintenant voyons le cas des élections. Ceux qui estiment être bien placés pour le remporter, les veulent tout de suite. En revanche, ceux qui ne sont pas prêts (partis peu implantés, en quête de ressources et de militants) pensent ou du moins préfèrent qu’elles soient organisées pour 2010 au plus tôt, au motif qu’il faut assainir le fichier des électeurs, faire le ménage, etc. Cet argument ne tient pas la route. Dadis avait promis de faire le ménage. Il a, bien sûr, le balai en main mais il ne balaie pas ! S’il n’avait pas ramassé le pouvoir, M. Somparé aurait succédé constitutionnellement au Général Conté et aurait organisé l’élection présidentielle, avec le fichier actuel, dans les délais prévus par la loi. On aurait eu en tout cas un civil (quel qu’il soit) à la tête de l’Etat. Je préfère pour la Guinée un président élu à tout chef de junte car l’armée guinéenne est l’ unique institution qui violente ce pays.

 

Compte tenu de ce qui précède, que faudrait-il faire pour débloquer la situation et  sortir la Guinée de la mouise ?

 

1) A mon sens, il faut organiser d’abord l’élection présidentielle avant la fin de l’année 2009 et concentrer les militaires dans les camps, leur habitat habituel. Bien entendu, en l’absence d’audits faute de temps et de moyens (compétences et financements) il y a un risque qu’un prédateur accède à la présidence. Je le sais. Les électeurs guinéens (ceux de l’intérieur et ceux à l’extérieur du territoire) ayant une idée sur chaque candidat, j’ose espérer qu’ils éliront le moins pourri de ceux qui briguent la magistrature suprême ! On fait toujours avec ce qu’on a sur place! Ainsi on aura l’avantage de porter à la tête de l’Etat un civil, plus représentatif du pays sur la scène internationale. Un dirigeant dont nous n’aurons pas honte lorsqu’il parle en notre nom même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec lui. Chacun sait que le kaki est passé de mode. Un treillis sonne toujours faux dans un groupe de chefs d’Etat en boubous amidonnés et celui qui le porte donne l’impression d’être de garde de corps d’un de ses pairs. Qu’on ne nous raconte pas d’histoire car nous avons largement le temps d’organiser des élections crédibles, la communauté internationale pouvant nous envoyer un nombre très important d’observateurs.

 

2) Le président nouvellement élu formera son équipe gouvernementale qui se mettra immédiatement au travail pour organiser les législatives. Un premier ministre peut être utile mais il n’est pas indispensable si chaque ministre donne le meilleur de lui-même. Un président compétent et bien entouré peut facilement coordonner l’action gouvernementale (Les USA, l’Afrique du Sud, le Libéria etc. n’ont pas de PM)

 

3) La nouvelle Législature créera, entre autre, des commissions pour :

 

a) examiner comment mener à bien les audits tant réclamés,

 

b) faire une petite toilette de la constitution : mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une seule fois car, même quand on réussit, il faut donner l’occasion aux autres de servir eu aussi leur pays, empêcher tout tripatouillage de cette constitution pendant au moins un quart de siècle, limiter les pouvoirs excessifs du président qui ne doit jamais nommer à tous les emplois civils et militaires mais à quelques-uns bien définis ( un con aux pouvoirs illimités ne peut faire que des conneries ), etc.,

 

c) initier la conférence nationale,

 

d) créer une nouvelle armée nationale, etc.

 

Une fois la Guinée aura été mise sur les rails, on s’occupera des autres dossiers comme, par exemple, celui des chemins de fer…

 

Dans ce scénario perfectible mais réaliste que faire de Dadis et de sa compagnie ? Le chef de la junte s’est déclaré fier d’être né dans une case. Il n’y a pas de raison d’en avoir honte! Cependant, en jouant avec démagogie dans le registre de la modestie, tout ce qu’il dit manque cruellement de crédibilité. Il distribue à sa guise le contenu des caisses de l’Etat. Pourtant cet argent ne lui appartient pas ! Autoproclamé président, Dadis s’est octroyé, au dos du contribuable guinéen, un train de vie qu’aucun «lakoudou», vivant de riz et de tubercules, ne peut obtenir. C’est illégal, injuste et immoral !

 

Pour sa sécurité, Dadis ne peut plus vivre dans une caserne, en qualité de simple officier. Dadis a peur de changer de statut et de finir mal dans l’horreur après avoir bénéficié de beaucoup d’honneurs. Aidons-le, le ciel nous aidera ! Comme ce n’est pas possible de lui construire un bunker personnalisé, il faut demander une aide au Sénégal voisin. Si Dadis a consigné des militaires à Kassa, ce n’est pas pour l’amour des îles mais pour des raisons de sécurité. On pourrait donc demander au président Wade de prêter une résidence à Dadis dans l’île de Gorée, au large de Dakar mais sans mettre à sa disposition la moindre pirogue. Dadis pourrait y demeurer avec ses fidèles et encombrants compagnons (Coplan et El Tigre, Toto espérant mieux à Wonkifon !) en attendant de déposer devant une future commission d’audits. Qu’il sache que cette faveur n’est pas un droit automatique mais relèverait d’une simple politique humanitaire.

 

Dadis, est né dans une case, nous a-t-il dit. Pourquoi ne sort-il pas de sa cage pendant qu’il le peut encore ! Il joue avec des allumettes dans un local où tout est inflammable. J’ai peur qu’il n’en craque une pour, soi-disant, faire la lumière sur un dossier brûlant.

 

Je vous salue.

 
 

Ibrahima Kylé Diallo
 

 
www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Farba Makka, mercredi 29 juillet 2009
Bonjour Kylé! Je vous ai bien lu, peut être autrement compris. L erreur de jugement reside dans votre "conviction" pour l ` organisation d` élection crédible d` ici la fin de l` année. Dites moi,svp, comment nous devons nous rendre à cette élection ou du moins definissez la régle de jeu. J` ai vu lors de mon séjour en guinée comment s` effectue le recensement à conakry: les agents disposent de materiel informatique et un groupe electrogène pour ce travail. Aprés avoir relévé vos données et fait une photo de vous, on vous delivre (si vous avez la chance une semaine) une carte de recensement jugée infalciable. Je suis allé après dans une sous prefecture de la haute de Guinée et là les agents n étaient pas encore (mi fevrier 2009) arrivés. Imaginer cette logistique hors des centres villes (ici il est facile de voir une station d` essence, même si ses cuves sont vides, et trouver de denrées alimentaires). Dans les soux prefectures les agents seront obligés de tous (carburant, denrées, matériel) transporté sur eux pour un recensement correcte. Et je vois en plus ce materiel informatitque (transporté dans une pick up) mal fonctioné pendant l` hivernage. J` ai appris aussi que certains agents à l` intérieur ne percevaient plus leur perdiem et souhaitaient bloquer les listes de recensement jusqu` à reception des perdiems. Il faut trouver aussi des soux pour les elections. Où les trouver..? J` ai deja émis ma solution à moi: revoir ce Chronogramme, definir les règle du jeu électoral, retoucher la constitution....Et boxer (vous et moi torses nues remotant main dans la main l` artère qui mène au portail du camp Alpha yaya en scandant " Dadis et CNDD dégagés! Vous avez suffisament eu de temps pour mener la transition à terme"...) le CNDD avec ou sans election dehors en dec 2010. Donc l` obliger à quitter.Merci!
I. Kylé, mercredi 29 juillet 2009
Farba Makka, m`avez-vous bien lu ? Où est l`erreur de jugement? Je ne fais que proposer une piste de réflexion et non donner LA solution ! Pouvez-vous préciser "les solutions réalistes" à proposer à la junte? Que voulez-vous dire par "boxer CNDD..." ? Continuons le débat. Farba, je vous dis "barka !".
Bangaly Traore, mardi 28 juillet 2009
Dadis,il faut avoir la lucidite de mettre en place la justice et la verité sur les évémenments sombres de l`histoire politique de notre pays ^la guinée^.Il est temps de pointer du doigt certains anciens pm,ministres,haut cadres civils et militaires pour crime contre le peuple,comment ces produits de drogue sont aujourd`hui en guinée!;comment ces produits ont été déplace au port!par qui un militaires ou des militaires et civils ou l`ex-ministre des transports!.Qu`est-ce qui gêne Dadis dans son fameux programme,et cela est l`un des principaux obstacles de la transition,pourquoi protéger une famille un clan quisont la cause d`un classement socio-économiques inacceptable pour un pays.Dadis à compris que la famille de tyran feu conté est implique dans les détournements et la corruption,alors il faut mettre fin aux audits publics,et cette famille à abusé notre pays,il y a tellement de documents à montrer au peuple sur la corruption et l`impunite,ilfautnécessairement une révolte qu`elle soit de la part des jeunes ou moins jeunes afin de finir les audits publics secteur par secteur.Dadis est conscients ce que son pére le tyran a fait au peuple de guinée pendant 24 années,le peuple de gunée demande la justice,rien que la justice.
Me.LAMAH, Dakar, mardi 28 juillet 2009
Le peuple de guinée veut maintenant des dirigeants capables de gérer et irréprochables de malversation. Par conséquent, il reclame des audits qui ne visent pas seulement les premiers ministres convertis politiques.
Mamadou Billo SY SAVANE, mardi 28 juillet 2009
A mon avis, M. Dadis devrait saisir l`opportunité d`être accueilli par Me. Abdoulaye WADE, comme me suggère KYLE. Son ton est ironique. Mais parfois, c`est dans des ironies qu`on trouve des pépites. Kylé, si jamais tu devais me donner un surnom, je te dis tout de suite, il faut que ce soit "Président de la République". J`aspire à cette fonction et je la mérite. Les Dr. Baldé, HABA Cécé Roger et Jacques KOUROUMA, m`ont dans un passé pas si lointain, surnommé PM( Premier Ministre) dans les circonstances suivantes: ayant formé un club de réflexion que HABA Cécé Roger avait appelé LILA (une notion Kpèlè dont j`ai oublié la signification), il m`avait demandé d`en être le Secrétaire scientifique ou politique, lui étant le Président. Ce que j`avais accepté. HABA Roger et moi nous connaissons depuis le lycée, quand nous avions 14 ou 15 ans. C`est donc un ami. Eux (Dr. Baldé, Jacques KOUROUMA et Roger) se réunissaient souvent chez l`un d`entre eux dans la région parisienne, pour travailler sur des questions relatives à notre pays. N`étant pas toujours physiquement présent, il me joignait régulièrement par téléphone ou par mail. C`était souvent pour me demander telle oun telle formilation, parfois le développement d`une idée ou d`une autre. Je leur répondais au téléphone ce que je pouvais et comme je savais le faire. Un jour, Roger ou Dr. Baldé (je ne sais plus tellement qui)m`a appelé au téléphone en me nommant PM. Dans la rigolade, ils m`ont dit à peu près ceci:" nous te nommons Premier Ministre, parce que tu as toujours tu réponds toujours à nos questions". Voilà d`où vient mon surnom de PM. Dire que je veux être seulement Premier Ministre, c`est me rabaisser. Je veux être Président de la République. Si des tueurs et pilleurs peuvent occuper cette fonction , je suis encore beaucoup plus qualifié qu`eux. Je n`ai ni tué, ni pillé. Alors KYLE, si tu veux me donner un surnom, c`est PRESIDENT de la REPUBLIQUE. Est-ce que tu as bien compris ? Si quelqu`un peut me démentir sur cette présentation des faits, qu`il le fasse. Mamadou Billo SY SAVANE futur PRESIDENT de la REPUBLIQUE de Guinée
M.FALL, mardi 28 juillet 2009
Mr Kylé recevez tou mes encouragements pour le combat que vou menez pour l`avénement de la démocratie en Guinée. 50 ans de malheurs ça suffit ne donnons aucune possibilité à l`installation d`une 3eme dictature en Guinée. Je pense par contre qu`il faut d`abord organiser les légistlatives afin de retifier les erreurs qui seraient commises et surtout exiger à ce qu`aucun parti ou coalition de partis qui n`atteindrait pas 5% des suffrages valablement exprimés ne puisse avoir avoir un candidait à la présidentielle.
Bangaly Traore, mardi 28 juillet 2009
Comment comprendre les prises de position mitigées,confuses et démagogiques de Dadis et le fameux cndd,nous avons tous vu et continuons de voir les violences commises par l`armée contre la population civile,nous sommes conscient les crimes de sang et économiques organiser par le regime défunt de tyran feu conté.Il y a crime de guerre dans notre pays,lorsque dans un conflit,le fait de s`attaquer volontairement a des objectifs non militaires,qu`il soient humains ou matériels,est un crime de guerre,les civils,les prisonniers,les belessés sont considérés comme des objectifs non militaires,assassiner,maltraiter les populations civils,exécutér,piller et détruire sans qu`il y ait d`impératif militaire sont des crimes de guerre.Quant le tyran feu conté s`est senti dépossédé du pouvoir par le mouvement de janvier 07,il à lâché sa garde prétorienne dans les rues en guinée pour assassiner,piller et détruire,voila pratiquement le rôle de certains membres de cndd pendant les évéments de janvier et fervier 07.Il faut la justice dans notre pays,afin de mettre fin a ces violences,et l`unique solution pour le moment,c`est d`organiser les élections le 13 décembre 07.
Farba Makka, mardi 28 juillet 2009
Erreur de jugement! Kylé il est plus facile d` évincer un président autoproclamé et de surcroit qui commet beaucoup de bétises, que d` évincer un président issu d` elections baclées. Nous avons les arguments à notre porté pour cette éviction, mais nous devons être conséquent envers nous même en proposant des solutions realistes à la junte. Dans les conditions actuelles il est difficile d` organiser des élections libres et transparentes d` ici la fin de l` année; cependant des élections baclées on peut les faire demain. A voir le nombre de partis (100 actuellement) sur la ligne de départ je me demande comment organiser toute cette armanda pour la couverture tele, radio et surtout les meetings sur les 33 prefectures de la guinée (démocratie oblige!). Voici ma solution à moi: definir les règle du jeu électoral (ne reconnaitre un parti que quand celui prouve l` existence de 7 militants, identiafiables à travers les cartes de recensement, par sous-prefecture...), revoir la constitution (+ autonomie pour les regions naturelle - source de nouveau dirigeants-, nombre de mandat, anti revision,...), commencer les audits, organiser les legislatives avant Mai 2010 et l` élection présidentielle plus tard en Dec. 2010. Boxer CNDD dehors avec ou sans election. Merci!
K. Diallio, mardi 28 juillet 2009
Ah Koto vraiment tu entrain de faire ton mieu. Critiquer sans parti pris et donner tes conseils. Merci vraiment. Malheureusement il est difficile que tes critiques et suggestions soient prises en compt parceque ceux dont on parle ne veulent entendre que cequi leur est favorable a eux seul.
Oumar Bah de Mâci, mardi 28 juillet 2009
Je suis d`accord avec l`ensemble de l`article, sauf pour l`envoi en exil de Dadis. Je pense, il sera nécessaire de négocier avec lui une sortie honorable qui ne doit pas nécessairement le conduire hors de Guinée.
Faya L. Millimouno, mardi 28 juillet 2009
Votre message avait bien commence en reconnaissant l`existence de plusieurs points de vue sur la transition en République de Guinée. Malheureusement, il a trop vite rejeté du revers de la main les arguments qui militent pour une meilleure préparation avant d`aller aux élections. Aujourd`hui, nous vivons un drame politique au Niger dont l`auteur est un président civil, de surcroit, élu. Le président civil du Niger cherche, par tous les moyens, a réviser la constitution de son pays pour se présenter aux élections, qu`il va truquer, autant de fois qu`il veut. On apprend que la même idée est en gestation au Burkina Faso. Or la constitution actuelle de notre pays n`a même plus une limite de mandats. Le mandat lui-même est trop long : sept ans. Le président n`en est pas un. Il est plutôt un roi qui a droit de vie et de mort sur toutes les autres institutions républicaines. L’assemblee prevue par la constitution actuelle ne represente pas les citoyens de facon egale. Certaines circonscriptions electroales sont deux voire quatre fois plus grandes que d’autres. La constitution actuelle n’est pas Claire sur les pouvoirs des structures decentralisees. Le fonctionnement normal de ces structures est rendu impossible par la presence des tutelles dites approchees (les prefets, les sous-prefets, les gouverneurs) qui sont a la fois juges et parties. Ces structures regionales, prefectorales ou sous-prefectorales, heritees du systeme colonial, sont maintenues par la constitution au nom de la preservation de l’unite nationale, quoique la vraie raison soit ailleurs. Ces structures appairaissent comme le principal frein au developpement local. Leur seul role semble etre de cuisiner les resultats des elections au profit du roi. Au regard de ce qui precede, quelle garantie offrez-vous que le prochain président civil , qui sera mal élu dans les circonstances actuelles, ne voudra pas simplement maintenir ce papier qu`on appelle aujourd’hui constitution pour des raisons de confiscation du pouvoir ? Le grand Malheur de la Guinee aujourd’hui reside dans la grandeur du nombre de ses enfants qui ont tout interet a ce qu’on ne questionne pas les 50 ans d’independance, au risqué de voir leur avenir politique compromis. Les membres les plus influents du CNDD et 90% des leaders politiques n’ont aucun interet a ce que la lumiere soit faite sur les 50 ans d’independance. Les deux camps finironts bien par s’entendre pour continuer a faire ce qu’ils ont toujours fait: voler, violer, tuer, mentir, etc. Ceux qui pensent reellement au Bonheur de la Guinee doivent resister a la tentation de ceder. Il faut exiger que la lumiere soit faite sur les 50 ans d’independance de la Guinee maintenant. Il faut exiger une autre constitution a adopter par referendum. Faya L. Millimouno
TANIKO, lundi 27 juillet 2009
KYLE,YO ALLAH WADHOU BARKI è MA! Franchement ce texte est buvable sans moderation
Ollaid, lundi 27 juillet 2009
D`accord sur l`ensemble sauf que je commencerais par les legislatives ou mal organisees, il serait moins grave que la presidentielle. Le president (1er magistrat et commandant en chef) doit etre elu sur des bases claires et consensuelles. Que le president conduise les reformes constitutionnelles sans les biaiser en sa faveur? J`en doute en Guinee! Nous ne pouvons faire confiance a aucun compatriote en ce sens: des cadres capables d`accepter toutes les humiliations et autres bassesses pour simplement garder un ``titre`` de ministre ou PM, Je ne leur ferais pas confiance pour s`auto-reguler et limiter. Avec les deputes, au moins, contrairement au president, nous ne mettons pas tous les oeufs dans le meme panier!
Touré, lundi 27 juillet 2009
Formidable, je sousscris entièrement et merci pour votre intervention.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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